29 juin 2007
Tchou! Tchou!
Saviez-vous qu'aujourd'hui marque le 121ème anniversaire de la traversée du Canada par le premier train transcontinental. Cela ne vous impressionne pas? Si l'on vous disait que ce train avait traversé le Plateau Mont-Royal; seriez-vous plus impressionné? Eh! bien moi, oui.
En effet, le premier train transcontinental a quitté la station Dalhousie (angle Berri et Notre-Dame) le 28 juin 1886. Il a traversé le quartier et passé à la gare du Mile-End (Bernard et Saint-Laurent) dans son périple vers l'ouest, via Sainte-Thérèse, Lachute, Montebello, Hull et Ottawa. Ce trajet existait depuis quelques temps car déjà en 1885 le train se rendait à Winnipeg. Mais il y a 121 ans, c'est la première fois qu'il se rendait jusqu'à la côte ouest. Par la suite, la gare Windsor fut inaugurée, le 4 février 1889; ce qui eut pour effet de forcer l'abandon du service à partir de la gare Dalhousie. Cette dernière fut également remplacée par la toute nouvelle gare Viger, sa voisine, en 1898.
En juin 1902, la portion Montréal-Ottawa de la ligne transcontinentale fut réaménagée à partir de la station Windsor (Lagauchetière et Peel); au travers du West-Island, Vaudreuil, Rigaud, Pointe Fortune et Vankleek Hill. Elle sera abndonnée en 1990. Quant à la station Mile-End, elle sera fermée en 1931, lorsque le service passager sera déplacé à la toute nouvelle «Park Avenue station» (Jean-Talon et avenue duParc). Le trajet parcourant le Mile-End demeurera en usage jusqu'à la fermeture de la gare Viger le 31 mai 1951.
Ces notes m'ont été transmises par Kevin Cohalan; qui les avait obtenues de Justin Bur de l'organisme «Transport 2000», qui lui même les tenait de Derek Boles, du Toronto Railway Heritage. C'est un peu comme l'histoire de «l'homme qui a vu l'homme, qui a vu l'homme, qui a vu l'ours et qui n'a pas eu peur»; sauf qu'ici, nous faisons affaires avec des passionnés d'histoire et en plus, ce sont des histoires vraies.
Notre gare du Mile-End aura fait partie de l'histoire du pays; en plus de faire partie de l'histoire du Plateau. Étonnant!
19 juin 2007
«Le Jardin des Merveilles» Disneyland du Plateau
Sommes-nous bien au parc Lafontaine ou à Disneyland?
Dans les années 50, sous la direction de Claude Robillard, directeur du Service des parcs de la Ville (et excellent gestionnaire de la chose urbaine), on réaménage le parc Lafontaine pour le faire passer à l'ère moderne. On démolira les serres, la maison du gardien, le «pont des amoureux» et le petit zoo. On perd une époque et un beau patrimoine, mais disons-nous qu'en revanche, on en gagne un nouveau. Le petit zoo de l'étang nord sera donc remplacé par le nouveau «Jardin des Merveilles» qui ouvrira ses portes en 1958; il amusera petits et grands jusqu'en 1989, époque où il déménagera à son tour au parc Angrignon. Le parc verra aussi la construction du théâtre de verdure au même moment.

Ce projet, imaginé par M. Robillard et son équipe, procure aux familles montréalaises une nouvelle destination de premier choix. Pour quelques sous d'admission, les enfants sont plongés dans un univers fabuleux. Rares sont les petits Montréalais des années 50 qui ont déjà vu un éléphant. Il y a aussi tous les animaux de la ferme, derrière une clôture avec des distributrices à moulée (les mamans ont dû en donner des cinq cents pour nourrir les animaux).
Les enfants sont contents, les animaux sont contents, les mamans sont contentes, tout le monde est content!
Le caractère spécial du Jardin des Merveilles était surtout donné par les constructions logeant tout ce beau monde. Au-delà de l'arche du «château enchanté» (la photo), c'était la féerie. Se référant au monde des contes pour enfants, on retrouvait «la baleine de Jonas», où les jeunes entraient dans la gueule de la baleine pour regarder un gros aquarium; il y avait aussi «l'Arche de Noé», où il fallait utiliser une petite passerelle pour se rendre sur l'arche qui était posée sur un petit étang et qui renfermait des cages avec différents petits animaux. Il y avait aussi «le carrosse de Cendrillon», qui servait entre autres de refuge à un couple de paons aussi bruyants que splendides. Il y avait des chevreuils et des «bambis», bref, toutes sortes d'animaux domestiques et exotiques.
Le clou de la visite était bien sûr le spectacles des otaries. Celles-ci évoluaient dans un bassin entouré de gradins et où un préposé leur faisait accomplir diverses prouesses avec beaucoup de plongeons et, à partir du plus haut plateau, l'immanquable «PLOUF» éclaboussant les spectateurs. Tout le monde est trempé et ravi!
Quand on est assis sur la «vraie» citrouille de Cendrillon ... on est pas mal impressionné! C'est moins dangereux quand on est dans l'enclos des chèvres de monsieur Séguin et du moulin des «lettres de mon moulin».
«Y'a pas à dire...notre parc est chargé de beaux souvenirs et il est pas mal superbe!»
18 juin 2007
Voyage dans mon temps !
OH! douce époque de notre enfance; au moment où nous sommes remplis d'illusions, bercés par les rêves, pleins de projets et que la vie se projette devant nous!
Oui? ...en tout cas! en attendant, faut faire son école primaire.
Voici donc la classe de 4ème année B de l'école De Lanaudière, le 1er juin 1957. En 1954, notre école a changé de nom; pour nous, elle s'appelait Saint-Charles-Garnier; mais une toute nouvelle paroisse, du tout nouveau quartier Ahuntsic, désirait obtenir ce même patronyme et notre vieux quartier «pauvre» n'a pas fait le poids. Cette vieille école était située sur Marie-Anne, entre Chambord et De Lanaudière (dans l'actuelle cours de l'école Lanaudière/ voir photo). D'ailleurs, j'étais en sixième année pendant la construction de la nouvelle école, dont on voyait monter les murs à quelques pieds de nos fenêtres (dans l'espace libre de notre propre cour d'école du temps. Toute une année sans cour d'école!
cliquez sur la photo pour l'agrandir / l'école porte le nom de Saint-Jean-Berchmans (lui-même antérieur à Saint-Charles-Garnier) et elle est située dans ce qui sera l'actuelle cour de l'école Lanaudière.
C'étaient les frères de l'Instruction chrétienne, dont la devise est «Dieu seul» (Je m'en souviens car j'avais un écusson sur la poche de mon «blaser») qui avaient charge de l'école. Ils logaient dans la partie est du bâtiment et mon souvenir me dit qu'ils devaient prendre leur mission à coeur puisque de nombreuses activités étaient organisées; dont un «festival d'hiver», avec une patinoire qui était arrosée la nuit par un frère très consciencieux ..ou insomniaque. Au moment de terminer mon cours primaire, en septième année, les frères avaient disparu et l'école était devenue laïque. Autre temps, autres moeurs!
Mais revenons à nos compères de quatrième année! À l'époque, une photo de classe était prise à chaque année (voir plus bas). La veille, les parents étaient avisés de nous habiller «swell» et nous mettre propre! Bien sûr, l'institutrice était du portrait ainsi que le frère directeur. Les plus turbulents avaient aussi droit à la «strap» de ce même frère directeur (c'était dans les moeurs du temps et avant la Charte des Droits et la DPJ). Ça n'avait rien à voir avec les religieux car même le directeur laïc qui suivra, aura sa propre «strap» et ne gênera pas pour en «user». Quand j'y pense, je revois encore la scène où le directeur frappe à la porte de la classe et appele le nom du «dangereux criminel»; les deux s'en vont dans le corridor, hors de la vue, mais la porte ouverte pour que tout le monde entende bien la discipline rentrer par la paume des mains! Des fois le matamore rentrait avec les yeux humides...on n'était tout de même encore que des enfants.
C'est pas grave (mais il faut dire que je n'ai jamais «mangé» la «strap»); c'était quand même une belle époque!
cliquez sur la photo pour l'agrandir
C'est comique qu'après cinquante on se souvienne encore de certains de ses copains de classe! Je peux nommer au moins la moitié du groupe. Il y a bien sûr les amis proches (ceux qui demeuraient déjà à deux ou trois maisons de chez nous), ensuite il y a les groupes naturels de la cour d'école et, finalement, les autres qui ne faisaient pas partie des deux groupes précédents. Des amitiés solides, des inimitiés aussi; la bataille pour le premier rang et sa médaille d'honneur (portée fièrement tout le mois), la bataille pour faire partie du bon groupe de ballon chasseur, etc.; rien de bien méchant quand même!
Si la grammaire et les tables de multiplication s'apprenaient à l'école, la vie s'apprenait par contre sur la rue et surtout dans la ruelle. C'est là qu'on apprenait à fanfaronner, à être parfois téméraire, parfois peureux; c'est là qu'on apprenait aussi à arbitrer nos comptes :...«ma carte de Maurice Richard contre Gordie Howe plus Jean Béliveau»; c'est là aussi qu'on apprenait à négocier :...«POW! POW! t'es mort!; sans ça j'joue pû!»; alors là on avait à décider si effectivement on était mort, ou si on avait déjà été assez mort comme ça et que là c'était au tour à l'autre cowboy de mourir. Si l'heure du souper était pas loin, cela signifiait souvent la fin de l'épopée du Far-West de la ruelle pour cette fois-là!
Je poursuivrai plus tard l'écriture de cette page ...stay tuned!
01 juin 2007
funiculaire du mont Royal
À partir de 1885, on installe sur la montagne, un funiculaire pour accéder au sommet du mont Royal. Celui-ci sera en fonction jusqu'en 1918, où l'on jugera que la sécurité est déficiente et qu'il est préférable d'en cesser l'opération. Ce funiculaire est décrit comme étant dans l'axe de la rue Duluth. Il sera pendant longtemps une attraction importante de notre quartier et du tout Montréal, durant les dimanches après-midi de l'été.

On y accédait à partir de l'avenue du Parc, où l'on montait dans un premier tramway horizontal, qui amenait les visiteurs au pied du mont Royal, d'où partait le funiculaire proprement dit. La photo nous montre la cabine et les rails à l'endroit où ceux-ci traversent le chemin Olmsted tel que nous le connaissons aujourd'hui. La photo date de1910. La deuxième photo nous montre la paire de cabines sur les rails en pente. L'information retraçée nous indique que le système fonctionnait à la vapeur, dont une station se trouvait dans le haut de la pente, d'où l'on voyait des cheminées à partir de la plate-forme d'observation.

Sur cette autre photo, on voit la «gare» de la partie horizontale du funiculaire. C'est probablement un dimanche après-midi ensoleillé d'été; tout le monde est endimanché et a apporté son «huit cennes». On peut voir également le dôme de l'hôpital Hôtel-Dieu, avenue des Pins.
La photo suivante nous fait voir le trajet de la partie horizontale qui amène les passagers de l'avenue du Parc, jusqu'au pied du funiculaire proprement dit






