14 novembre 2008
Le Palais des Nains...encore!
Lorsqu'on regarde les requêtes adressées à Google concernant ce blog, on constate que plusieurs personnes semblent toujours s'intéresser au fameux «Palais des Nains», enfin à son souvenir, puisqu'il est disparu depuis longtemps. Disparu oui; mais il en reste quand même quelques traces. Ainsi, les deux «imposants» lions qui en gardaient l'entrée sont toujours de faction et surveillent les allées et venues des passants sur la rue Rachel.
Dans une photo ancienne montrant la Comtesse Nicol et son fils, «Le Petit Prince du Plateau» ...on voit bien les lions de part et d'autre des personnages. D'autres photos du Palais sont accessibles sur la page :http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2006/07/04/2231083.html
Les lions ne se lassent pas de leur surveillance, même si les pluies acides sont en passe de leur faire un mauvais parti. Ils espèrent tous deux le jour où, délivrés de leur rigueur de béton, ils pourront traverser la rue pour, enfin, aller goûter à cette fameuse «poutine» du resto «La Banquise».
Je serai toujours fasciné par ces objets, ou éléments architecturaux, qui partagent notre quotidien et notre espace (ici au bord du trottoir et frôlant les passants depuis des décennies) et qui imperturbablement subissent pluies, neige, oiseaux, froid,soleil, et qui laissent le temps passer comme si de rien n'était. Parfois, j'aimerais bien avoir cette sérénité et regarder calmement le temps passer sans me laisser accrocher. Pas trop longtemps, juste ce qu'il faut.
Pour ceux qui aimeraient avoir plus d'information sur la famille Nicol, allez visiter le site
http://www.migrations.fr/le_palais_des_nains.htm
Et finalement, un autre document trouvé sur le blog «Montreal taxi blog» et montrant une petite annonce tiré d'un guide préparé par la compagnie de taxi Diamond. Cela montre bien que «l'attraction» était populaire au point d'apparaître dans les petits guides des chauffeurs de taxi afin de bien conseiller leurs clients sur les «attractions» touristiques.
On y voit le «Comte» Philippe Nicol, son épouse, la «Comtesse» Rose Dufresne et leur fils Philippe junior. Les parents s'étaient mariés en novembre 1906 à Lowell au Massachussets.
Appel à tous! pour des souvenirs de visites, des anecdotes, des photos peut-être?
11 novembre 2008
L'histoire du journal Montréal-Matin
La Société d'histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal, vous invite ce dimanche 16 novembre, à 13h30, au centre Calixa-Lavallée, à une conférence sur l'histoire de ce journal aujourd'hui disparu, mais qui avait pignon sur la rue Marie-Anne près de Christophe-Colomb. La conférence sera donnée par les soeurs Odette et Denise Bourdon, filles de Joseph Bourdon ex-journaliste et auteur du livre «Montréal-Matin, son histoire, ses histoires». On y présentera la période de 1930 à 1978 de l'existence de ce journal. Le journal a débuté sa publication en 1930 sous le nom de «L'Illustration».
L'extrait provient du site «revue de presse»
Les plus vieux se souviendrons surement de la chronique sportive de Jacques Beauchamp; qui était un journaliste très populaire à cette époque. Plus tard, en 1969, Pierre Péladeau viendra le chercher pour l'amener à son nouveau «Journal de Montréal»; qui fera aussi du sport, sa marque de commerce (sans oublier bien sûr, le joli modèle de la page 7, qui fera bien jaser!). Le Montréal-Matin fut aussi le premier journal montréalais de format tabloid.
Dans les dernières années de sa publication, il ira s'installer sur le boulevard Saint-Joseph, passé Iberville. Il sera acheté en 1973 par le Journal La Presse (afin de tenter de contrer le succès grandissant du Journal de Montréal). Le Montréal-Matin disparaîtra définitivement en 1978.
Pour plus de détails, nous vous invitons à assister à la présentation dimanche prochain.
03 novembre 2008
La fondation de l'Hôpital du Sacré-Coeur
Dans la foulée des «Saviez-vous que» et dans le même esprit que la page concernant la fondation de l'hôpital Sainte-Justine dans notre quartier; en voici une autre de même nature.
Saviez-vous que l'Hôpital du Sacré-Coeur a lui aussi été fondé sur la Plateau, en 1898, soit il y a maintenant 110 ans. Ce n'est pas pour nous vanter (on se moque déjà suffisament des résidants du Plateau comme c'est là!; ce n'est quand même pas nécessaire d'en rajouter) mais force est de constater que les résidants de notre quartier étaient pas mal entreprenants. Dans le cas qui nous intéresse, il s'agirait plutôt de résidantes; car nous parlerons des soeurs Georgiana et Léontine Généreux, demeurant sur la rue Pontiac. Souvenons-nous que pour Sainte-Justine c'étaient aussi des femmes qui étaient à l'origine du projet d'hôpital pour enfants. Ah! les femmes du Plateau! Mais revenons à Sacré-Coeur (qui a mis un certain temps à s'appeler Sacré-Coeur).
L'histoire nous indique que ce nouvel hôpital a pour mission... : « d'accueillir les malades pauvres et «incurables» : cancéreux, tuberculeux, invalides et autres malades indigents n'ayant aucun espoir de guérison et ne pouvant trouver place dans les hôpitaux».
C'est un document de 1927, rédigé par soeur Marie-Abel (soeur de la Providence), à l'occasion du décès de Monsieur Napoléon Généreux, le père des deux fondatrices, qui nous met la puce à l'oreille. Soeur Abel y souligne l'apport de la famille Généreux dans l'historique de l'hôpital et, si l'on se réfère aux atlas et aux annuaires du début du XXème siècle, on peut ainsi suivre à la trace, les pérégrinations des soeurs Généreux et de leur «hôpital des Incurables». Plongeons-nous donc dans ce récit particulier tel que relaté par notre guide religieuse. Le document nous a été communiqué par Monsieur Robert Caron qui a déjà participé au blog; entre autres pour «la rue Boyer en partie disparue»
«Quand, en 1898, les demoiselles Généreux résolurent, avec l'approbation et la bénédiction de l'Archevêque de Montréal, Mgr Bruchési, de vouer leur vie aux soins des Incurables, leurs vertueux parents les secondèrent en leur cédant leur propre logis, situé rue Pontiac». La copie de l'atlas plus bas, nous montre le logement au 93 de la rue Pontiac (point rouge), au nord de Bienville (il s'agit bien sûr de l'ancienne numérotation civique). L'annuaire Lovell de cette année là nous dit qu'on y trouve «L'hôpital Saint-Joseph».
C'est donc dans cette maison de la rue Pontiac, au nord de la rue Bienville, que serait née l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Cliquez sur les photos ou les cartes, pour afficher une image plus claire et de bon format.
Quelques temps plus tard, ce lieu devenu insuffisant, les demoiselles Généreux et leurs compagnes, durent se déplacer dans une maison de la rue Clark, au sud de Sherbrooke, où l'on retrouvera un hôpital de neuf lits. Les annuaires mentionnent que le logement est occupé en 1898 par « G. Généreux, dressmaker». On présume que le bail est signé par elle.
Étant devenu trop petit, ce deuxième local a du être remplacé par un nouveau, plus spacieux, rue Saint-Denis. L'annuaire Lovell de cette époque nous indique que l'hôpital logeait maintenant au 1116 rue Saint-Denis (ancienne numérotation), tout juste au nord de Marie-Anne; en plein milieu du Renaud-Bray, qui est situé aujourd'hui à cet endroit. L'hôpital compte alors une douzaine de lits.
Ayant dû affronter des maladies et faisant face à un financement très difficile, le personnel de ce petit hôpital fut confronté à une première grande difficulté et c'est alors que Mgr Bruchési demanda aux soeurs de la Providence, de prendre la relève des demoiselles Généreux en 1899. C'est finalement en 1900, que les soeurs feront l'acquisition du monastère des Soeurs du Précieux-Sang (angle Décarie et Chemin de la Côte-Saint-Luc). Le nouvel hôpital (voir plus bas) fut inauguré en 1902 et pouvait accueillir de 350 à 375 malades. On notera malgré tout qu'il ne s'écoule que 4-5 ans entre la fondation par les soeurs Généreux et la mise en place de l'hôpital de NDG. C'est très bref et probablement que l'arrivée des soeurs de la Providence dans le décor, n'est pas étranger à cette évolution rapide. Il ne faut pas oublier que les communautés religieuses étaient en ces temps, de redoutables et efficaces gestionnaires des mandats qu'on leur confiaient.
Les vignettes proviennent du fond E.Z. Massicotte de la BANQ
Ce magnifique bâtiment fut malheureusement détruit par le feu en mars 1923. Les soeurs de la Providence se portèrent par la suite acquéreure d'un terrain à Cartierville et elles y construirons l'édifice que l'on connaît aujourd'hui, conception des architectes Viau et Venne. L'actuel hôpital du Sacré-Coeur fut inauguré en 1926. De 1923 à 1926, plusieurs malades résidèrent dans une aile arrière qui avait été épargnée par le feu. Ce bâtiment existe toujours.
La photo provient du site IMtl (cliquez sur les photos pour les voir à la bonne grandeur)
Les notes historiques de l'hôpital nous disent que : «L'hôpital compte 600 lits dont 300 sont affectés au soins des «Incurables» (cancéreux et autres malades chroniques) et 300 aux personnes atteintes de tuberculose; qui sévit à l'état endémique au Québec à cette période».
Pas banal ce vieux Plateau, n'est-ce pas ?
cliquez sur les photos pour les agrandir
photos tirées du livre «Mission Montréal»










