25 octobre 2009
Un Plateau propre, propre et désinfecté!
Je vous le donne en mille!
Savez-vous où l’eau de javel a fait son apparition au Québec en 1898? Sur le Plateau, bien sûr!
Plus précisément, c’est au 41 de la rue Brébeuf, entre Marie-Anne et Rachel, qu’un monsieur Fyon transforma irrémédiablement les lundis matin des ménagères québécoises. Le bâtiment existe toujours, mais porte maintenant le numéro civique 4265 (cette rue s’est aussi appelée Bréboeuf et Champelain, selon les années). Il possède encore son cachet ancien, avec son toit à vraie mansarde et son recouvrement de «papier brique». Il est intéressant de se souvenir que les rues de La Roche et Brébeuf sont les plus anciennes de la partie est de l’ancien village Saint-Jean-Baptiste.
L’histoire nous raconte que c’est en 1898 qu’un québécois d’origine belge, Louis Fyon, concocta sa recette d’eau de javel « la Parisienne ». Les atlas nous décrivent précisément l’édifice de la rue Brébeuf; et selon les annuaires municipaux, il semble bien que notre monsieur Fyon y demeurait également. Probablement que son produit « chimique » était alors élaboré dans un bâtiment annexe, car l’édifice a vraiment un caractère résidentiel et il serait surprenant qu’habitation et fabrication d’eau de javel soient si compatibles.
Il demeura à cet endroit deux ans avant de se déplacer, pour quelques années, au 791 Chaussé (ce qui aujourd’hui correspond à l’angle Des Érables et Gauthier). On peut présumer que son «invention» remporta un vif succès car on retrouve vers 1910, la compagnie dans de plus vastes locaux, au 288 de la rue Garnier, au nord de Mont-Royal.
la photo provient de la collection de Monsieur Marcel Paquette
Dans cette photo qui date des années 1914, on voit cette nouvelle installation, ainsi que les employés qui s'apprêtent à se rendre à une fête champêtre; comme il était coutume à cette époque dans les industries. Vous remarquerez que les véhicules ne sont dotés ni de ceintures de sécurité; ni de ballons gonflables; il est à espérer que le lieu de rendez-vous n'était pas trop loin! Également, comme on travaille dans l'eau de javel, on n'a pas peur de porter du blanc. Quant à eux, les bâtiments quoique légèrement transformés, sont toujours là; rue Garnier.
Cette marque de commerce existe toujours également et fait maintenant partie des produits de la compagnie Lavo.
19 octobre 2009
La vieille dame très digne du parc La Fontaine
Il y a quelques semaines, la Ville de Montréal a inauguré la Place des Festivals et sa fabuleuse fontaine lumineuse du centre-ville par une parade improvisée et un événement collectif où les gens se sont échangé un convivial «grand baiser». Bravo donc pour la Place des Festivals. Il ne faudrait pas pour autant oublier un autre joli coin de Montréal où il y a également une belle fontaine et où se sont aussi échangés, au fil du temps, bien de chauds baisers : le parc La Fontaine et sa belle vieille fontaine, qui fête cette année ses 80 ans.
photo de la Ville de Montréal / gestion des documents et archives (cliquer pour agrandir)
C’est en octobre 1929 que fut inaugurée cette attraction unique à Montréal et qui passait pour une des plus belles fontaine lumineuse en Amérique. Le journal La Patrie nous la décrit ainsi, en 1949 : « … son installation comprend 54 lampes de 1000 watts chacune et les jeux de lumières sont au nombre de neuf. Ces jeux produisent des variations multicolores de toutes les nuances de l’arc-en-ciel qui se succèdent dans des variantes du plus bel effet.» Rien de moins !
La Place des festivals est donc mieux de se surveiller bien comme il faut. C'est vrai qu'avec ses 235 jets lumineux interactifs, c'est sûr que la nouvelle fontaine du centre-ville part avec une bonne longueur d’avance.
Notre octogénaire mérite tout de même un peu d’attention ; elle offre son spectacle depuis déjà un bon moment. Il faut se rappeler que c’est pour marquer le jubilé d’or de la découverte de la lampe à incandescence par Thomas Edison, que la compagnie Westinghouse (General Electric) s’associera à la Ville de Montréal en 1929 afin d’ériger cette fontaine au coût de 30 000$ ; Elle débutera ses spectacles lumineux le 21 octobre 1929; anecdotiquement à trois jours avant le krach boursier de New-York. Quand on y pense bien, notre vieille fontaine aura quand même survécu à deux krachs économiques majeurs; ce n'est pas rien!
C’est par les variations de la pression d’eau dans les jets, que sont activés automatiquement les différents éclairages ; donnant 16 arrangements variés de jets et de couleurs. Un délice pour les yeux et une magnifique excuse pour les amoureux ; leur permettant de justifier une petite visite nocturne au parc, pour…admirer la si jolie fontaine lumineuse.
Le nombre impressionnant de cartes postales publiées sur le sujet, montre bien la popularité et l’engouement du public pour cet aménagement spectaculaire au cœur du parc La Fontaine. Ces belles illustrations traduisent bien le charme de ce beau parc, au milieu du siècle dernier, et laissent aussi supposer la fascination des nombreux promeneurs pour la magie de ce spectacle.
Les photos proviennent de la collection de cartes postales de la BANQ et ces reproductions proviennent du site internet de la Fondation Héritage Montréal
Et en terminant, pour les amateurs d’histoire et de toponymie, il faut bien se rappeler que le nom du parc, qui lui fut donné en 1901, veut plutôt rendre hommage à sir Louis-Hippolyte La Fontaine; et non à l’ouvrage d’art de 1929.





