Dans ce troisième volet du survol de certains textes de deux grands écrivains du Plateau, nous lisons cette fois Mordecai Richler; qui ma foi, résume bien les affres de l'adolescence chez les garçons (peu importe leurs origines)

MORDECAI RICHLER

Tiré de  Rue Saint-Urbain

1969 page 128

 

« Le samedi soir, nous nous assoyions sur les marches et regardions, l’œil triste, les filles sortir d’un pas léger, en robes de soirée, et aller, infailliblement, prendre place dans la voiture d’un étranger.  Elles se fondaient dans le lointain de la nuit sans même nous avoir adressé un petit salut de la main.  Il était devenu évident qu’une double attraction du Rialto et, après le cinéma, un sandwich aux tomates avec Coke ne constituaient plus pour elles, une soirée à la hauteur de leur pouvoir de séduction ».

 

  LM Rialto et tramway photo site du Rialto

 

 

                                 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photographe inconnu; tiré du site des Productions Théâtre Rialto Inc.

 

Mordecai Richler mentionne très fréquemment dans ses romans, le rôle joué par cet endroit unique dans la vie des jeunes du quartier.  Ici, il sert de prétexte à la première désillusion au détour de l’adolescence.  Entre « facebook » et la sandwich aux tomates …que de chemin parcouru.  D’ailleurs, dans ces années là à Montréal, l’Avenue du Parc n’existait pas.  C’était pour tout le monde « Park Avenue ».   Le Rialto, œuvre de l’architecte Raoul Gariepy en 1923, ce petit «Opéra de Paris» de l’Avenue du Parc possède une salle de bal à l’étage et un jardin-terrasse au toit.  On ne se prive de rien.  Sur notre photo, on annonce le film »the Indian fighter», avec Kirk Douglas; nous sommes en 1955.  Depuis ce temps, tout comme les  adolescents du roman, le Rialto a lui aussi connu plusieurs déboires et il a survécu à diverses tentatives de transformation;  Il fut cité comme monument historique par la Ville en1988; et classé par Québec, en 1990.