Parfois, une petite ballade rue Mont-Royal nous ramène tout droit au milieu du XIXème siècle.  Angle Mont-Royal et Coloniale, de petits bâtiments, un peu usés, avec un toit à deux versants, des lucarnes, sont là immuables et nous regardent passer depuis plus de 150 ans.  

Malgré leur air fatigué, ils n'en demeurent pas moins des témoins privilégiés de notre vie de quartier.  Ils devraient d'ailleurs faire l'objet d'un intérêt plus soutenu et d'un soin jaloux de notre part; ainsi que d'une protection officielle, amplement justifiée par leur très grande valeur patrimoniale.    

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 Cet antre du disque vinyle en aura vu passer des modes et des tendances.  Entre le 78 tours de Tino Rossi qui chante "Marinella" ou Georges Guétary qui nous sérénade avec "la Belle de Cadix"; il y aura aussi les 45 tours de Pierre Lalonde et "le sentier de neige" des Classels.  Aujourd'hui, tout ce magasin tient dans les entrailles électroniques de nos IPods et autres MP3.  Était-ce une résidence à l'origine; ou déjà un commerce?  Dans l'immédiat, nous ne pouvons le dire.

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C'est comme cette photo d'Alexander Henderson qui est décrite comme étant située..."sur le chemin Mile-End".  S'agit-il de l'Avenue du Mont-Royal ou de la rue Saint-Laurent?  Chose sûre, nous y voyons un paysage qui serait susceptible d'être composé des petites maisons qui nous intéressent.  Si la scene est prise sur Mont-Royal, on regarde vers l'est et si c'est sur Saint-Laurent, on regarde vers le sud (à cause du soleil)

 

Chemin Mile End (Henderson) (2) Mont-Royal et De Bullion

 

 

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Regardons plus précisément sur une carte de quoi il en retourne en 1869, au moment où la garnison britannique s'apprete à quitter le pays après avoir dressé un plan très détaillé de Montréal et de plusieurs territoires de l'Île.

La rue Mont-Royal s'appele alors la "Tannery street", puisqu'elle nous mène directement aux installations de la tannerie de la Famille Bélair.  C'est en 1710 que Jean-Louis Plessy dit Béllaire, installe sa tannerie en pleine campagne, le long d'un ruisseau qui descend de la montagne.  Ce sera la première industrie du secteur et, par la suite, l'établissement des travailleurs à proximité, rue Rabain (Robin et ensuite Henri-Julien) donnera naissance au village qui sera connu sous le vocable de village des tanneries.  C'est plutôt un hameau et ce n'est pas un vrai village, administrativement organisé.  La rue Gilford, alors chemin des tanneries nous mène vers le village de Côte Saint-Louis, plus communément appelé Coteau Saint-Louis, au nord de Laurier.

Mais en revenant dans notre secteur de la rue Mont-Royal sur l'ancien atlas, le petit cercle vert sur la carte nous montre la localisation des deux petites maisons qui nous intéressent.  On peut penser que le bâtiment d'un seul étage entre les deux (sur les photos) est un ajout sans grande valeur.

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Vous voyez au sud, l'agglomération du Village de Saint-Jean-Baptiste et vous pouvez constater les nombreux fours à chaux (limekilns) qui parsèment toujours le secteur.  On y fabrique la chaux qui est utilisée dans l'érection des constructions de maçonnerie de cette époque.  Les édifices montrés en jaune sur la carte sont des constructions de bois, alors que ceux en rose sont en maçonnerie.  Vous y voyez la maison municipale, rue Coloniale, avant que celle-ci ne se déplace au marché coin Rachel et Saint-Laurent.

Une époque révolue, mais une réalité toujours vivante.