Le Plateau Mont-Royal a toujours recelé des secrets ou offert des activités uniques.  Par exemple, pendant longtemps, l’accès au sommet du mont Royal ne peut se faire qu’à pieds, en empruntant le chemin Olmsted qui serpente sur la montagne depuis les entrées de la rue Rachel et de l'avenue du Parc; ou par celle de la rue Peel et de l’avenue des Pins.  Le chemin est nommé en honneur de Frederick Law Olmsted, l’architecte paysagiste qui traçe les plans de ce magnifique parc montréalais en 1876.  La partie Est du parc déborde alors sur le territoire du Plateau et englobe l’actuel parc Jeanne-Mance.  

Les gens font la promenade à pieds ou grimpent en calèche jusqu’au sommet.  Olmsted a imaginé un concept où il offre au fil de la promenade divers paysages; clairières, boisés, vallées, afin d’agrémenter la randonnée dans le parc et faire ressentir diverses émotions au promeneur.  On est à ce moment bien loin de la ville enfumée et turbulente. 

L’engouement des montréalais pour le mont Royal est tel qu’en 1885 on construit un funiculaire qui amène les gens à un observatoire qui permet d’observer tout l’est de Montréal et d’embrasser du regard toute cette belle petite ville de Saint-Jean-Baptiste et une partie du centre-ville.  Le trajet se divise en deux parties; une qui origine de la rue De Bleury et Duluth, où le visiteur emprunte un premier wagon qui l’emporte sur une voie plutôt horizontale, jusqu’au pied du funiculaire proprement dit.  Le promeneur change alors de «véhicule» et monte dans une cabine à plusieurs niveaux qui grimpe sur des rails à crémaillère jusqu’à l’observatoire.  Le tout est opéré à vapeur et chaque wagon se déplace en synchronisme avec l’autre; celui qui descend entraînant par son poids celui qui monte.  Cette «attraction» est très populaire et permet aux montréalais d’amorcer leur histoire d’amour avec la montagne.  On aime aller sur la montagne pour fuir l’air pollué de la ville, mais surtout pour  admirer le panorama de la métropole.  C’est encore le seul endroit pour ce faire, puisque ce n’est qu’en 1906 que la terrasse du grand chalet de la montagne sera aménagée. 

En 1918, on se résigne finalement à fermer le funiculaire car la structure est devenue dangereuse.  Il sera démoli en 1920, mais le promeneur attentif peut encore voir quelques vestiges de la structure sur les pentes du mont Royal.  La photo suivante montre les restes d'une assise de l'installation du funiculaire.  (cliquez sur les photos pour les agrandir).

vestiges funiculaire du Mont-Royal Gabriel Jacob Asource : photo de Gabriel Jacob sur le site Montreal Then & Now. 

Après sa démolition, ce n’est qu’en 1924 (depuis la Côte-des-Neiges) et en 1930 (depuis l’avenue du Parc) que les montréalais peuvent emprunter le tramway pour grimper à nouveau sur la montagne, sans trop d’efforts.

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La gare du «Incline Railway» qui vous invite au voyage pour 8 sous seulement.  On voit à l’arrière plan le dôme de la chapelle de l’Hôtel-Dieu.

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SOURCE   BAnQ

Très belle carte postale ancienne colorisée montrant la fin de la première section horizontale du trajet du funiculaire.  On aperçoit aussi les deux cabines ainsi que la plate-forme d’observation au haut de la pente.

 

G-1483funiculaire

Source Archives de la Ville de Montréal

La deuxième section du trajet circule à certains endroits au-dessus du chemin Olmsted.  Un escalier situé tout à côté du funiculaire permettait également aux promeneurs de revenir à pieds.

panorama 1906Source BAnQ 

Panorama vers le Plateau Mont-Royal depuis la plate-forme d’observation du funiculaire.  On voit une foule de détails sur cette photo lorsque vous l'agrandissez.  Entre autres un grand réservoir dans le parc Jeanne-Mance, près de la rue De l'Esplanade, derrière les ailes de l'ange du monument de Cartier.  On peut voir également la villa Piedmont en bas à droite (voir "des chateaux sur le Plateau")