Au XIXème siècle, le chemin de fer était le principal moyen de transport terrestre assurant le mouvement des biens et des personnes sur de longues distances.  Dans le dernier quart du siècle, c'est le projet du train de la colonisation du Curé Labelle qui volera la vedette et qui assurera en octobre 1876 la première liaison Montréal Saint-Jérôme. 

pont au-dessus des carrieres parc laurier BAnQ copie corrigée

  source : BAnQ  /  collection numérique "Canadian Illustrated News"

Mais l'établissement du tracé de ces voies ferrées de la rive nord n'est pas de tout repos.  Plusieurs enjeux sont en confrontation.  Des propriétaires fonciers tirent la couverture pour que le tracé passe par chez eux.

Cela se terminera par le choix de l'emplacement que nous connaissons aujourd'hui, au nord de la (future) rue Saint-Grégoire.  Toutefois, le trajet du train doit traverser le secteur des anciennes carrières de pierre du parc Laurier.  On doit construire alors un immense pont ferroviaire qui surplombe le trou des carrières.  Ce trajet sera aussi celui qui sera plus tard emprunté par le premier train transcontinental à rejoindre le Pacifique depuis Montréal, en juin 1886.  Cette illustration de 1880 nous montre l'ouvrage d'art au-dessus de l'ancienne carrière et l'on peut voir le mont Royal au loin.  Pour les curieux qui souhaitent se situer dans l'espace, on peut dire que le point de vue de l'illustration se trouve aux environs de l'actuel Éco-Centre situé rue Des Carrières.  Les voies ferrées sont toujours situées au même endroit aujourd'hui.  La photo suivante nous montre, avec les points rouges, la situation présumée du fameux pont.  On voit la rue Menrtana à gauche; la rue Laurier en bas à droite; et la rue Saint-Grégoire dans le haut de la photo , qui borde la partie nord du parc.

1976 Parc Laurier, Rhéal Benny, Archives de la Ville de Montréal,VM94-B209-127 copie copy

source : Archives de la Ville de Montréal / photo Rhéal Benny

Par la suite, la carrière servira de lieu d'enfouissement pour la Ville pendant plusieurs années, avant d'être transformée en un parc qui sera aménagé dans les années 1920.  La partie entre les voies ferrées et la rue Saint-Grégoire servira plusieurs années de plus comme dépotoir au grand dam des citoyens des alentours car les enfants s'amusaient ferme dans ce "parc" un peu spécial.