03 novembre 2008
La fondation de l'Hôpital du Sacré-Coeur
Dans la foulée des «Saviez-vous que» et dans le même esprit que la page concernant la fondation de l'hôpital Sainte-Justine dans notre quartier; en voici une autre de même nature.
Saviez-vous que l'Hôpital du Sacré-Coeur a lui aussi été fondé sur la Plateau, en 1898, soit il y a maintenant 110 ans. Ce n'est pas pour nous vanter (on se moque déjà suffisament des résidants du Plateau comme c'est là!; ce n'est quand même pas nécessaire d'en rajouter) mais force est de constater que les résidants de notre quartier étaient pas mal entreprenants. Dans le cas qui nous intéresse, il s'agirait plutôt de résidantes; car nous parlerons des soeurs Georgiana et Léontine Généreux, demeurant sur la rue Pontiac. Souvenons-nous que pour Sainte-Justine c'étaient aussi des femmes qui étaient à l'origine du projet d'hôpital pour enfants. Ah! les femmes du Plateau! Mais revenons à Sacré-Coeur (qui a mis un certain temps à s'appeler Sacré-Coeur).
L'histoire nous indique que ce nouvel hôpital a pour mission... : « d'accueillir les malades pauvres et «incurables» : cancéreux, tuberculeux, invalides et autres malades indigents n'ayant aucun espoir de guérison et ne pouvant trouver place dans les hôpitaux».
C'est un document de 1927, rédigé par soeur Marie-Abel (soeur de la Providence), à l'occasion du décès de Monsieur Napoléon Généreux, le père des deux fondatrices, qui nous met la puce à l'oreille. Soeur Abel y souligne l'apport de la famille Généreux dans l'historique de l'hôpital et, si l'on se réfère aux atlas et aux annuaires du début du XXème siècle, on peut ainsi suivre à la trace, les pérégrinations des soeurs Généreux et de leur «hôpital des Incurables». Plongeons-nous donc dans ce récit particulier tel que relaté par notre guide religieuse. Le document nous a été communiqué par Monsieur Robert Caron qui a déjà participé au blog; entre autres pour «la rue Boyer en partie disparue»
«Quand, en 1898, les demoiselles Généreux résolurent, avec l'approbation et la bénédiction de l'Archevêque de Montréal, Mgr Bruchési, de vouer leur vie aux soins des Incurables, leurs vertueux parents les secondèrent en leur cédant leur propre logis, situé rue Pontiac». La copie de l'atlas plus bas, nous montre le logement au 93 de la rue Pontiac (point rouge), au nord de Bienville (il s'agit bien sûr de l'ancienne numérotation civique). L'annuaire Lovell de cette année là nous dit qu'on y trouve «L'hôpital Saint-Joseph».
C'est donc dans cette maison de la rue Pontiac, au nord de la rue Bienville, que serait née l'hôpital du Sacré-Coeur de Montréal. Cliquez sur les photos ou les cartes, pour afficher une image plus claire et de bon format.
Quelques temps plus tard, ce lieu devenu insuffisant, les demoiselles Généreux et leurs compagnes, durent se déplacer dans une maison de la rue Clark, au sud de Sherbrooke, où l'on retrouvera un hôpital de neuf lits. Les annuaires mentionnent que le logement est occupé en 1898 par « G. Généreux, dressmaker». On présume que le bail est signé par elle.
Étant devenu trop petit, ce deuxième local a du être remplacé par un nouveau, plus spacieux, rue Saint-Denis. L'annuaire Lovell de cette époque nous indique que l'hôpital logeait maintenant au 1116 rue Saint-Denis (ancienne numérotation), tout juste au nord de Marie-Anne; en plein milieu du Renaud-Bray, qui est situé aujourd'hui à cet endroit. L'hôpital compte alors une douzaine de lits.
Ayant dû affronter des maladies et faisant face à un financement très difficile, le personnel de ce petit hôpital fut confronté à une première grande difficulté et c'est alors que Mgr Bruchési demanda aux soeurs de la Providence, de prendre la relève des demoiselles Généreux en 1899. C'est finalement en 1900, que les soeurs feront l'acquisition du monastère des Soeurs du Précieux-Sang (angle Décarie et Chemin de la Côte-Saint-Luc). Le nouvel hôpital (voir plus bas) fut inauguré en 1902 et pouvait accueillir de 350 à 375 malades. On notera malgré tout qu'il ne s'écoule que 4-5 ans entre la fondation par les soeurs Généreux et la mise en place de l'hôpital de NDG. C'est très bref et probablement que l'arrivée des soeurs de la Providence dans le décor, n'est pas étranger à cette évolution rapide. Il ne faut pas oublier que les communautés religieuses étaient en ces temps, de redoutables et efficaces gestionnaires des mandats qu'on leur confiaient.
Les vignettes proviennent du fond E.Z. Massicotte de la BANQ
Ce magnifique bâtiment fut malheureusement détruit par le feu en mars 1923. Les soeurs de la Providence se portèrent par la suite acquéreure d'un terrain à Cartierville et elles y construirons l'édifice que l'on connaît aujourd'hui, conception des architectes Viau et Venne. L'actuel hôpital du Sacré-Coeur fut inauguré en 1926. De 1923 à 1926, plusieurs malades résidèrent dans une aile arrière qui avait été épargnée par le feu. Ce bâtiment existe toujours.
La photo provient du site IMtl (cliquez sur les photos pour les voir à la bonne grandeur)
Les notes historiques de l'hôpital nous disent que : «L'hôpital compte 600 lits dont 300 sont affectés au soins des «Incurables» (cancéreux et autres malades chroniques) et 300 aux personnes atteintes de tuberculose; qui sévit à l'état endémique au Québec à cette période».
Pas banal ce vieux Plateau, n'est-ce pas ?
cliquez sur les photos pour les agrandir
photos tirées du livre «Mission Montréal»
07 octobre 2008
Histoire du parc La Fontaine
Dimanche le 12 octobre 2008, la Société d'histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal invite le public à une conférence sur l'histoire du parc La Fontaine. Cette conférenceest gratuite et donnée dans le cadre de l'Opération patrimoine architectural de Montréal.
Voici le communiqué publié pour l'occasion :
«L’histoire du parc LaFontaine : l’évolution de ce grand parc du Plateau»
Illustration, par des photos anciennes, de l’évolution du parc LaFontaine. Depuis la ferme d’origine en passant par les terrains militaires et jusqu’au magnifique parc d’aujourd’hui, vous verrez comment cela se passait dans le parc LaFontaine au cours des deux derniers siècles. De la naissance des terrains de jeux montréalais, à l’éléphant du Jardin des Merveilles; vous serez étonnés! La Société d’histoire et de généalogie du Plateau-Mont-Royal vous invite à être curieux et à venir voir ces pages de votre histoire. Présentation audio-visuelle par monsieur Gabriel Deschambault, architecte et urbaniste.
Le dimanche 12 octobre 2008 14 h
Lieu : Centre Calixa Lavallée (parc LaFontaine)
3819, avenue Calixa-Lavallée
Renseignements : 514 872-4443
26 août 2008
On trouve de tout...même un ami!
Saviez-vous que l'empire des «pharm-escomptes», les pharmacies Jean Coutu, a débuté sur l'avenue du Mont-Royal; angle Garnier. En effet, c'est en 1969 que s'est ouverte la première succursale de cette future grande chaîne de pharmacie.
Fleuron du Québec Inc. des années 2000 ce nouveau concept de pharmacies viendra révolutionner la façon de faire des affaires dans ce domaine. En fait, Jean Coutu avait déjà opéré deux pharmacies, à titre personnel, dans Hochelaga-Maisonneuve. Cette succursale était toutefois la première qui opérait sous le concept «pharm-escomptes»; où l'on trouvait toutes sortes d'autres produits que pharmaceutiques.
En offrant des spéciaux sur différents produits de consommation courante, Jean Coutu attirait ainsi les clients dans ses pharmacies, fidélisant ainsi cette clientèle en se bâtissant une assise solide. Le modèle aura fait des petits et c'est aujourd'hui la façon de faire courante dans ce domaine.
Les PJC auront au fil du temps servi également de «laboratoires» sur la façon de faire de la pharmacie. Un peu jaloux du grand succès de l'entreprise, les collègues furent très critiques à son endroit et l'on obligea le groupe PJC à s'ajuster continuellement. Séparation des fonctions ventes de produits courants avec celles de la vente de médicaments; abandon de la vente du tabac dans les pharmacies (ce qui fait quand même du sens), etc.
Une petite pharmacie de l'avenue du Mont-Royal, aura donc pavée la voie aux grandes chaînes de pharmacies des années 2000; ce n'est pas rien! Et tout ça sur notre bonne vieille «rue» Mont-Royal .
12 juillet 2008
Incendie «rue» Mont-Royal
Pour les gens qui dégustent aujourd’hui leur café au Second Cup, coin Mont-Royal et Marquette; ils peuvent se dire (ou s’imaginer) qu’ils se trouvent au beau milieu de ce qui était jadis … un magasin de lingerie fine pour dames : le commerce de Mlle Bégin. Ainsi, le grand type attablé au fond et qui se commande un café «bien corsé», ne sait peut-être pas qu'il est installé au beau milieu de ce qui était le rayon des corsets à baleines. C'est ça l'évolution d'une rue commerciale; il y a des petites cachotteries comme ça.
Toutefois, au moment où fut prise cette photo, le 2 mars 1960, Mademoiselle Bégin a bien sûr d’autres préoccupations en tête; même chose pour les gens de la bijouterie J. Omer Roy, qui sont, tout comme les nombreux commerces aux alentours, voisins d’un violent incendie qui fait rage depuis le milieu de la matinée.
la photo provient des archives du musée des pompiers de la Ville de Montréal (cliquez dessus pour l'agrandir)
Le feu s’est déclaré à la chapellerie Charlebois, sise au 1660 Mont-Royal est. Le vent d’ouest pousse le feu vers Papineau et embrase plusieurs édifices. Cela rend la situation difficile pour les pompiers qui, dans cette alerte générale, combattent sur plusieurs fronts. L’ampleur de l’incendie se traduit finalement par l’écroulement d’une structure, qui emporte avec elle, les vies de cinq pompiers. C’est la pire tragédie de toute l’histoire du service des incendies de la Ville de Montréal.
Ces pompiers sont : Marius Létourneau, Erban Soucy et Eusèbe Loiseau, de la caserne 5; ainsi que Lionel Gariépy et Henri Robicheaud, de la caserne 19. Nous saluons ici leur courage et leur sens du devoir.
Aujourd'hui, l'emplacement est occupé par un supermarché. Une autre page d’histoire de l’avenue (pas la rue!) du Mont-Royal … il y a près d’un demi siècle!
29 juin 2008
La paroisse Saint-Jean-Baptiste de Montréal
Voici, pour le bénéfice des curieux et autres érudits férus d'histoire et avides de détails; un petit résumé de lecture d'une monographie rédigée en 1924 concernant l'histoire de la paroisse Saint-Jean-Baptiste.
Sa rédaction fut l'occasion de mentionner certains détails spécifiques au plus large quartier (détails souvent ignorés aujourd'hui) et plus frais à la mémoire des gens de 1924. C'est aussi l'intérêt de cette monographie. Je tenterai plus tard d'y ajouter quelques photos historiques des églises successives.
Bonne lecture
photo Gabriel Deschambault
SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL
Monographie paroissiale 1874 - 1924
Par L’abbé Elie-J. Auclair / Québec 1924
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Le 28 juin 1874, la première église est ouverte au culte (4000 âmes), elle sera incendiée en 1898.
La paroisse compte de 15 000 à 16000 âmes en 1924 ; les anglophones appartiennent à l’église Sainte-Agnès (Saint-Jude) qui sera longtemps logée à même l’église SJB.
En 1924, la paroisse se limite de Christophe-Colomb à avenue du Parc, et de Mont-Royal à Duluth.
Saint-Enfant-Jésus est la paroisse mère de toutes les paroisses du nord. Son nom canonique était Saint-Enfant-Jésus-du-Coteau Saint-Louis.
Jusqu’en 1866, il n’existe qu’une seule paroisse à Montréal ; Notre-Dame. Le volume nous indique qu’en 1848 se crée une «désserte» de Notre-Dame, qui deviendra plus tard la paroisse de SEJME; pendant que se préparent Saint-Jacques et Saint-Patrice. En 1849 une chapelle est construite et une église SEJME (succursale de Notre-Dame) sera construite en 1857-58. En 1867, la paroisse est érigée canoniquement.
À cette époque, on parle de deux «installations» au nord. Coteau Saint-Louis et Pierreville. On réfère au champ de course qui est situé à un mille des limites nord de la ville de Montréal. Coteau deviendra la paroisse Saint-Denis plus tard.
Le Lovell de 1872 (cité par Auclair) mentionne 5000 habitants au village Saint-Jean-Baptiste, 4000 à Coteau Saint-Louis. À Saint-Jean-Baptiste, on commence à penser à une église.
En juin 1872, 4 grands propriétaires du village ; Ferdinand David, Sévère Rivard, Michel Laurent, Gustave-Adolphe Drolet, font don à Mgr Bourget, de 20 emplacements de 15 x 200 pieds, entre les rue Drolet et Henri-Julien. (l’histoire du développement du quartier nous souligne que ce don visait avant tout à faire mousser le développement immobilier résidentiel qui ne manquerait de se produire autour d’une grande et magnifique église). En 1877 la fabrique de la paroisse sera constituée.
En 1872 les travaux débutent mais sont interrompus. En 1873, une pétition des donateurs (ainsi que du maire Villeneuve) insiste auprès de Mgr Bourget, pour que les travaux se poursuivent. En 1881-82, l’église sera terminée, mais est déjà ouverte au culte depuis 1874 (crypte). Les plans sont de l’architecte Alphonse Raza.
La première église / oeuvre de l'architecte Aphonse Raza
L’auteur nous mentionne l’existence de «tensions» entre Bourget et les Sulpiciens. En 1873 l’église Saint-Jacques est autonome et en 1875 SJB est érigée canoniquement. Mgr Bouget aura ouvert 75 paroisses durant son mandat.
L’auteur mentionne plus loin …« à la suite de la fièvre de spéculation et de constructions de 1873-74, Montréal se retrouve avec une crise importante dans les affaires». La paroisse a alors une dette de 60 000$ et il n’y a pas de «répartition» d’organisée.
Un nouveau curé arrive en 1878, le curé Dozois ; il ne peut faire accepter la répartition chez les paroissiens et permettre de finir l’église. Il quittera en 1880 (j’imagine que les généreux «donateurs» ont dû se plaindre de son infortune ?).
En 1880, c’est l’arrivée du curé Auclair et c’est le début des heures de gloire de la paroisse. Toutefois, le curé doit faire face à une dette de 64 000$ et toujours pas de répartition d’organisée. Les revenus de la paroisse ne suffisent même pas à payer les intérêts de la dette. Tout ce beau monde va finir par s’entendre sur le scénario suivant : l’évéché va payer la moitié de la dette, soit 32 000$, la fabrique 16 000$ et 16 000$ sera payé avec une répartition mise en place en 1881. Les architectes qui terminent les travaux sont Perreault et Mesnard et l’histoire ne dit pas ce qu’il advint de l’architecte Raza.
Le curé Auclair sera reconnu pour ses initiatives et ses nombreuses constructions civiques, d’écoles, d’académies, d’hospice. Il participera activement à la mise en place d’un noyau civique solide qui fera honneur à la ville de SJB. À cette époque, il n’existe qu’une «école de village» pour garçons, qui est située sur Saint-Hyppolite (future rue Coloniale).
En 1887, Mgr Fabre demande à la paroisse de construire une chapelle pour les congrégationnistes. C’est l’architecte Victor Roy (église Saint-Louis-de-France) associé avec un M. Poitras. Les plans seront tracés par Casimir Saint-Jean, alors stagiaire chez Roy.
De 1894 à 1898, la sacristie servira de berceau à la paroisse Sainte-Agnès.
Dans le quartier, cela évolue et en 1875 un terrain est donné par M. Lyonnais (angle Rachel et Papineau) pour la construction d’une église. Ce sont les Jésuites qui se voient confier cette paroisse en 1884. L’église actuelle sera construite en 1896. Le territoire original de SJB se verra retranché du secteur Christophe-Colomb à Papineau, au profit de la nouvelle paroisse (effets sur la dîme ??). Les Pères du Saint-Sacrement vont aussi arriver dans le décor en 1890 et leur église en 1894 (toutefois, ils ne formeront paroisse qu’en 1926).
Le curé Auclair fondera en 1892 l’Académie du Sacré-Cœur.
L’auteur nous parle de l’existence, en 1885, d’un hôpital Saint-Roch, situé à l’emplacement de l’actuel monument à Georges-Étienne-Cartier; hôpital qui servit lors de l'épidémie de choléra.
En 1893, le curé Auclair désire créé un hospice qui sera finalement ouvert le 24 oct 1896 et tenu par les Sœurs de la Providence (Mère Gamelin fondatrice). L’architecte sera Casimir Saint-Jean et le bâtiment sera (dit-on ?) le premier édifice à l’épreuve du feu à cause de l’utilisation du béton et de la maconnerie.
Le 29 janvier 1898, un grand incendie brûle l’église et le presbytère. Des travaux de réparations avaient eu lieu l’année précédente, par l’architecte Joseph Venne.
On organise un concours auprès des architectes catholiques de la ville pour la production des plans de la nouvelle église. C’est Émile Vanier qui remporte la palme. Le curé fait une souscription mais elle est insuffisante pour couvrir les frais, La fabrique réclame de Québec un «bill» permettant de faire un autre emprunt de 115 000$ à répartir. Le projet coûte plus cher que prévu et il manque encore 60 000$. Nouvelle demande pour emprunter, mais Mgr Bruchési dit : «seulement 30 000$». Il faut dire que le curé Auclair était fort habile avec les tombolas payantes (8 000- 10 000$ à chaque fois) mais Bruchési avait demandé que cette pratique cesse dans les fabriques de Montréal.
Le 24 juin 1903 la reconstruction est complétée et la nouvelle église peut accueillir 3 200 personnes assises. L’auteur nous souligne une anecdote à l’égard du grand banquet qui suivit ; ..«dans la grande salle du Montagnard près de Saint-Hubert et Duluth (les atlas anciens parlent d’un aréna ?) ; 3500 personnes y assistèrent.
la deuxième église avec son dôme qui dominait le panorama de tout le quartier / oeuvre de l'architecte Émile Vanier
En 1903, c’est la création de la paroisse Sainte-Agnès.
Le 24 nov. 1907 le curé Auclair fait un bilan devant Mgr Bruchési : Dans la paroisse, on retrouve 4325 familles, dont 14 000 communiants et 4500 non-communiants. 1144 élèves à l’académie des garçons, 330 élèves à Marie-Rose, 885 élèves à l’académie du Sacré-Cœur. L’hospice, qui est géré par 30 religieuses, accueille 51 garçons et 53 filles orphelins et orphelins, 15 hommes et 43 femmes agées. Il y a 1200 dames de Sainte-Anne, 800 enfants de Marie, 870 hommes congrégationnistes et 500 dames de la charité. En 1907, il s’était donné 175 000 communions, soit 14 583 / mois.
Le 18 décembre 1910, le curé Auclair devient paralysé. L’auteur dit qu’il a beaucoup travaillé et qu’il a dû traverser bien des problèmes, entre autres d’argent, et même des dettes difficiles, personnellement contractées. On parle même de procès difficiles (procès Dufort).
Le 27 juin 1911, la nouvelle église brûle à nouveau, deux jours à peine après l’inauguration des grandes orgues des frères Casavant. Cette tragédie abat encore plus l’ancien curé retiré depuis deux ans. Il en mourra en décembre suivant.
La situation financière de la fabrique est plutôt compromise.
En 1911, il y a à SJB 3840 familles francophones (13 600 communiants et 3200 non-communiants), 322 familles anglaises, 500 familles protestantes et 600 familles juives.
La troisième église sera l’œuvre de Casimir Saint-Jean (bien que d’importantes parties de la façade d’origine soient encore debout). Le 14 mars 1915, c’est l’inauguration. Elle sera complétée en septembre 1918.
En 1917 les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie s’occupent d’une école maternelle sur la rue Berri, l’école Lafontaine ; 600-700 enfants y sont inscrits.
Voilà pour ce court volet de l'histoire d'une des belles paroisses du Plateau.
Une dernière photo, prise lors de la messe anniversaire de Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin 2008; on voit une église remplie, ce qui n'est plus courant aujourd'hui!
photo de Kevin Cohalan
02 mai 2008
Ballade sur l'avenue du Mont-Royal
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- 1 / À la place du Pétro-Canada, on a longtemps retrouvé le terminus d'au moins sept lignes de tramways, lesquels relevaient de presque autant de compagnies de tramways. à sa fermeture, il devint le «club» Minuit qui fut très populaire et qui dit-on comportait les premières« annonces au néon». La légende veut que les Jérolas y firent leur début. Il rendit l'âme dans un grand incendie.
- 2 / Dans l'axe de la rue Jeanne-Mance se trouvait les terrains de l'exposition provinciale et surtout, le fameux « Crystal Palace»; dont la construction initiale sur la rue sainte-Catherine fut finalement déplacée ici. Lui aussi rendit l'âme dans un grand incendie.
- 3 / À la place du Provigo d'aujourd'hui, se dressait l'ancien-ancien Forum; où les Maroons et par la suite les Canadiens jouèrent leurs toutes premières parties. Les murs de l'édifice accueillirent également le phénomène Caruso, vedette internationale d'opéra et Pavarotti du temps jadis; lors de sa visite en Amérique.
- 4 / L'angle Nord-Ouest de Saint-Laurent et Mont-Royal était occupé par le vaste magasin à rayons «le Mont-Royal», sorte de laBaie ou Eaton's de cette petite ville de banlieue qu'était Saint-Jean-Baptiste. Important en surface et en volume, c'était LE magasin du Nord
- 5 / L'angle Hotel-de-Ville et Mont-Royal est réputé pour être le noyau fondateur du quartier. Dès le milieu du 18ème siècle, on retrouve là une petite industrie de la tannerie opérée par la famille Plessis-Bélair (d'aujourd'hui), sous le nom de la tannerie des Béllaire. C'est également le point de départ du premier chemin du quartier, le chemin des carrières qui monte vers les carrières et qui nous entraîne vers le noyau villageois de Coteau Saint-Louis, premier village fondateur du plateau Mont-Royal.
- 6 / L'actuelle Maison des jeunesses musicales du Canada (?) était auparavant la clinique sanitaire Seigler. Au moment de la grande crise, la Ville de Montréal dut aménager tout un réseau de cliniques afin d'offrir aux familles ne pouvant s'offrir les soins de santé, un endroit pour enfin y accéder. Cette clinique opérait pour le Plateau Mont-Royal. C'était un peu les CLSC avant la lettre.
- 7 / En lieu et place de l'actuelle Caisse Populaire du Plateau, se trouvait, jusqu'au début des années 80, le fameux «Mont-Royal BBQ». Doté d'une architecture unique et très «fifties», l'édifice tirait avantage de sa proximité avec la rue Saint-Denis et avec le centre civique du quartier autour de l'église des Pères du Très-Saint-Sacrement. Icône typique de ce qu'était un grand restaurant sa façade, son décor extérieur et également son intérieur en faisaient un lieu unique. Nul doute qu'aujourd'hui, cette architecture serait non seulement préservée; mais on s'arracherait à fort prix la possibilité d'y tenir restaurant. Comme quoi les temps changent!
- 8 / Sur la magnifique rue Saint-Hubert (avant que la voiture ne vienne la dénaturer) on retrouvait du côté Est, un peu au sud de la ruelle, la maison de Camillien Houde, alors maire de Montréal. La légende veut que le maire ait déjà, à partir du petit balcon rond à l'étage, harangué la foule venue l'acclamer suite à son retour du camp de prisonniers, où il fut interné pendant 3-4 ans à cause de sa prise de position contre la conscription,.
- 9 / Au nord de Mont-Royal, entre les rues Christophe-Colomb et Mentana se situait un important champ de courses de chevaux. Cette activité était très populaire à l'époque et comme le «Plateau» est la banlieue de Montréal; il est normal qu'on y retrouve cet équipement. Il sera par la suite bien sûr chassé, par le développement immobilier.
- 10 / Sur DeLanaudière, au coin de la ruelle nord de Mont-Royal, se trouvait une industrie unique en son genre; le «Moulin Océan». C'est là où l'on fabriquait le fameux empois chinois qui servait à empeser les chemises des col-blancs, une population qui occupaient majoritairement le quartier. Le terrain est aujourd'hui convoité par le développement des «condos-sur-pilotis» et nul doute que si ce bâtiment était toujours debout, il ferait sûrement l'objet de convoitises et d'une restauration en «loft luxueux».
- 11 / Angle Garnier, à la place de l'actuel dépanneur Opéra se trouvait le tout premier local occupé par Jean Coutu et sa pharmacie. C’est là où le conglomérat que l’on connaît aujourd’hui,vit le jour. Après quelques années à cet endroit (et probablement à cause du succès grandissant), la pharmacie emménagea de l'autre côté de la rue; où elle se trouve toujours. Québec Inc. sur l’avenue du Mont-Royal.
- 12 / Angle Garnier, on retouve aussi l'ancien studio de photographie J.O.Allard. Ce studio fort connu des Montréalais aura surtout permis de préserver une page importante de la petite histoire du Plateau Mont-Royal. Photographe attitré de tous les événements qui avaient cours dans le quartier, le studio était également responsable de tirer la «binette» de tous les écoliers de la CECM (aujourd'hui CSDM). Ce sont de nombreuses générations de montréalais qui ont été immortalisés par le studio Allard. Le studio a cédé sa collection à Bibliothèque et Archives nationales du Québec, en créant le fonds Allard.
- 13 / Dans les années cinquante et soixante, l'actuel local occupé par le magasin Aubainerie était occupé par le «magasin à rayons» L.N.Messier. C'était le Dupuis Frères du Plateau et c'est lui qui conféra à l'avenue du Mont-Royal, son statut de «deuxième rue Sainte-Catherine». Le porte-parole du commerce fut pendant très longtemps Roger Baulu, annonceur bien connu et fort apprécié du public. Ce magasin était reconnu pour ses campagnes de vente fort innovatrices comme par exemple, lorsqu'il offrit en vente des mini-Austin 850 pour 850$.
- 14 / Entre Marquette et Papineau, on retrouve un des plus anciens commerce de l'avenue : la bijouterie Roy. Ce commerce est toujours opéré par la famille Roy. On peut également rappeler un triste événement qui a eu lieu en 1963, tout juste à côté de la bijouterie ; où un incendie emporta la vie de cinq pompiers et devint l'événement le plus tragique du Service d'incendie de la Ville de Montréal. L'endroit est aujourd'hui occupé par l'Intermarché.
- 15 / Le parc des Compagnons de Saint-Laurent (angle Cartier), qui loge aussi l'aréna Mont-Royal, était autrefois un magnifique terrain occupé par le couvent Mont-Royal. Ce couvent des Soeurs des Saint-Nom-de-Jésus-et-de-Marie offrait un décor majestueux à ce coin de l'avenue du Mont-Royal, avec ses grands arbres et son couvent de pierres, au bout d'une allée bordée d'arbres. Les petites filles devaient êtres pas mal impressionnées à leur première année au couvent.
- 16 / La rue DeLorimier, qui fut jadis une rue classique calme, sereine et surtout très arborée (ce qui était sa principale marque de commerce), a vu changer sa destinée dans les années soixante avec l'incessant va-et-vient des camions bennes transportant la pierre d'excavation du métro de Montréal vers le pont Jacques-Cartier. On construisait alors les Îles de la future Terre des Hommes de 1967.
- 17 / Angle Des Érables, c'est le magnifique bâtiment de l'Hôtel-de-ville du Village de De Lorimier qui logeait la caserne de pompiers, le poste de police, la clinique communautaire, etc. Sa tourelle d'angle est disparue à la suite d'affaissements structuraux; mais qui sait? peut-être qu'un jour, pourrons-nous l'admirer à nouveau.
18 / Angle parthenais, à la place de l'ancien Mont-Royal Ford, on retrouvait les grands entrepôts du magasin Eaton's. C'est à cet endroit qu'étaient préparés les chars pour le grand défilé annuel du Père Noël. Les chars empruntaient ensuite le boulevard Saint-Joseph pour se diriger ensuite vers le magasin du centre-ville. Les gens du Plateau avaient droit au départ frais en pimpant du Père Noël et des nombreuses fanfares qui l'accompagnaient.
- 19 / Dans l'actuel parc Baldwin, nous retrouvions un autre champ de courses fameux, le «Montreal Driving Club»; on pouvait assister à des courses de chevaux et aussi, une nouveauté pour l'époque, à des courses automobiles.
20 / Dans l’axe de l’avenue, où se trouve aujourd’hui l’édifice du Journal de Montréal, on retrouvait les «Abattoirs de l’Est». Vaste installation industrielle, c’est à cet endroit qu’étaient acheminés, par le chemin de fer voisin, les animaux destinés à l’abattage. Quelques petites industries associées, persistent toujours dans le secteur.
19 avril 2008
Le Congrès Eucharistique de 1910
À l'automne 1910, Montréal recevait le monde entier, pour le XXIème Congrès Eucharistique, le premier à se tenir en Amérique. C'est une manifestation grandiose, à portée internationale et il est facile d'imaginer toute l'excitation de l'église montréalaise à cette occasion. Mgr Bruchési, qui dirige le diocèse, doit être convaincant car toute la population met l'épaule à la roue. On retrouvera tout au long du parcours de la procession de clôture, de grandes arches d'apparât. Elles sont le fruit des efforts de diverses communautés; autant des paroisses de Montréal, que d'autres régions du Québec et l'on retrouve même (angle Saint-Laurent et Rachel) une arche faite de gerbe de blé; offerte par les canadiens-français du Manitoba.
Cliquez sur les photos pour les agrandir / les photos proviennent de la collection E.Z. Massicotte de la BANQ
Bien sûr, chaque paroisse voudra rivaliser d'audace et de grandeur. On voit plus bas, l'arche située rue Laval, tout juste au sud de la rue Roy. Comme je n'ai pas fait mon cours classique, je traduirais l'inscription «Ecce Panis Angelorum» que l'on peut voir sur l'arche par «Voici le pain des Anges». Elle est d'ailleurs justement décorée, par une multitude d'anges aux ailes dressées. La photo nous montre également la magnifique église Saint-Louis-de-France; située sur la rue Roy. Nul doute que ce grand événement a laissé des souvenirs nombreux aux fidèles de cette paroisse.
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Le congrès culminait avec une procession majestueuse entre la cathédrale et le Mont-Royal. Les annales parlent d'une foule de 100 000 chrétiens qui participèrent à cette procession qui dura sept heures. Une messe fut célébrée par le légat du pape sous un baldaquin, lui aussi, fort élaboré et décoré qui se dressait au Fletcher's field; l'actuel parc jeanne-Mance.
19 mars 2008
L'Institut des sourdes-muettes, sur la rue Saint-Denis
Cette étonnante photographie de 1887, tirée des archives de la congrégation des soeurs de la Providence fondée en 1843, nous montre le site de l'Institut des sourdes-muettes fondé en 1864. La photo présente également une foule de choses et de détails; mais surtout, nous offre un témoignage unique de ce coin de notre quartier en grande partie transformé.
archives des soeurs de la Providence (cliquez sur la photo pour l'agrandir)
Tout d'abord, pour nous situer, le carrefour que nous voyons sur la photographie est celui des rues Berri et Cherrier; a peu de choses près, tel que nous le connaissons aujourd'hui. Nous voyons à droite l'aile nouvellement construite rue Berri (on lui ajoutera plus tard, dans les années 1950 l'aile de l'Institut Raymond-Dewar, qui prolongera le bâtiment jusqu'à la rue Cherrier.). Les autres bâtiments montrent les édifices originaux érigés rue Saint-Denis, qui regroupaient un pensionnat, un foyer pour sourdes-muettes, des résidences pour dames pensionnaires et un jardin d'enfance. Ces premiers édifices de la rue Saint-Denis furent par la suite démolis pour être remplacés par ceux que nous connaissons aujourd'hui et qui sont maintenant occupés par le CSSSMM. L'Institut fut fermé en 1979. Nous pourrons revenir sur cette oeuvre exemplaire des Soeurs de la Providence.
Si l'on revient à notre photo «témoignage», on y trouve et on y voit entre autres :
Une rare vue du bâtiment originel de l'école Jean-Jacques Olier (à gauche complètement de l'édifice principal de l'Institut) avec sa mansarde en tôle argentée et avant son agrandissement. Les atlas anciens l'indiquent comme étant la «St-Denis Academy». La fonction scolaire y perdure encore aujourd'hui après 130 années d'existence. Récemment, le conseil d'établissement de l'école décidait de modifier le nom de l'école pour le remplacer par «Au pied-de-la-montagne». De nombreuses protestations de la Société d'histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal, et d'une douzaine d'organismes d'histoire et de représentants des médias, auront finalement permis de maintenir le vocable (partiellement).
des rues en terre avec des chemins de pierres pour traverser proprement les jours de puie.
des réverbères au gaz, le long de la rue Cherrier.
Les grands espaces servant de potager à la congrégation et pour les nombreux pensionnaires.
Un bel alignement d'arbres sur Cherrier (aujoud'hui disparu).
Un tout petit «boguey» à deux places, ancêtre probable de notre «Smart».
Un bout de trottoir de bois.
Une haute palissade de bois pour protéger les enfants des «dangers» de la grande ville.
À SUIVRE....
02 mars 2008
Ne désespérez pas!
J'ai du canaliser mes énergies sur un autre dossier; mais je refait surface doucement et devrait reprendre «le fil de l'histoire» bientôt!
Soyez patients et indulgents svp
Gabriel
16 janvier 2008
funiculaire du mont Royal
Des photos ont été ajoutées à la page du funiculaire du mont Royal du 1er juin 2007.
















