Jeanne-Mance et l’Hôtel-Dieu
J’aimerais partager avec vous quelques belles photographies anciennes montrant l’Hôtel-Dieu, sa petite place en front de l'avenue des Pins, angle Saint-Urbain et de son monument à Jeanne-Mance, érigé en 1909, pour commémorer le 250eme anniversaire de l’arrivée des premières sœurs de cet hôpital.
Cette première photo, absolument magnifique, nous montre la partie Est du corps central du premier bâtiment de l’hôpital. Cette photographie est donc antérieure à 1909 puisque le monument de Jeanne-Mance n’est pas encore érigé dans la cour. Souvenons-nous que l’Hôtel-Dieu est fondé en octobre 1642 (1645) par Jeanne-Mance; également cofondatrice de Montréal. Il est déplacé à son site actuel à partir de 1859-61; dans une construction selon les plans de l’architecte Victor Bourgeau. On remarque que chaque corps de bâtiment possède un bel escalier monumental qui mène à chacun des rez-de-chaussée. D’ailleurs si on a l’imagination fertile, on peut penser que les matériaux empilés à la gauche du premier escalier nous indiquent que ce dernier vient peut-être tout juste d’être terminé et que, fier du résultat, on décide d’immortaliser la scene (heureusement car aujourd’hui, ils sont tous deux disparus).
Sur cette photo encore plus ancienne (vers 1890) on voit le corps central de l'hôpital et la chapelle, oeuvres de Bourgeau. Comme on peut le constater, les bâtiments de la photo précédente ne sont pas encore construits (à droite de la photo).
On voit aussi le début du lotissement de ce secteur de la ville, avec les tracés des rues Sainte-Famille (dans l'axe de la chapelle) et de la rue Basset, à la droite. Dans le répertoire historique des noms de rues de Montréal (Ville de Montréal aux Éditions du Méridien) on retrouve au sujet de la rue Basset :
« Le patronyme de Basset fait partie des premières institutions de Montréal; ainsi, en 1672, le notaire et arpenteur Bénigne Basset (1639-1699) trace avec Dollier de Casson les premières rues de Montréal, tandis que sa fille Marie-Angélique (1666-1722) est religieuse hospitalière de Saint-Joseph. Huit après le décès de cette dernière, ses frères, Gabriel (1670-1732) et Benoît (1662-1737), demeurés célibataires, donnent tous leurs biens à cette communauté religieuse. C’est sur une partie de la terre dite La Providence léguée par les Basset, que les hospitalières font construire leur nouvel Hôtel-Dieu, en 1865. Lorsqu’elles cèdent cette voie, à proximité de l’hôpital, les religieuses la dénomment en souvenir de leurs bienfaiteurs. » Une belle histoire, non?
A suivre…
Apres les poules...les cochons!
Comme vous le savez, les résidants du Plateau adorent les animaux. Pour ce qui est des poules en ville, beaucoup se sont montrés curieux face à cette demande des résidants de Rosemont. Sachez bien que cet engouement pour la basse-cour ne date pas d'hier.
Ainsi, à la suite de l'interdiction par la Ville de Montréal d'élever des porcs au sud de la rue Sainte-Catherine, en 1868, et par la suite, partout à partir de 1874; plusieurs habitants (qui aimaient ces petits animaux) migreront vers la banlieue (Ça, c'est ici!). À son tour, le village de Saint-Jean-Baptiste, à partir de 1870, fut obligé d'agir et il en prohibera l'élevage en été. Ça a beau faire longtemps, 1870 ce n'est pas dans l'antiquité! On ne sait même pas quand s'est arrêté "l'élevage d'hiver"
Imaginez vous donc, en ouvrant vos fenêtres demain, qu'en ce temps là, vous auriez pu entendre ces charmants animaux de compagnie. Alors qui sait? Peut-être qu'apres les poules en ville, il y aura les "petits cochons urbains".
Comme ça, le petit déjeuner sera plus complet; avec les oeufs, il y aura du bacon.
Église Saint-Enfant-Jésus-du-Mile-End
On parle souvent de cette église dans les pages de ce blogue. Comme on l'a dit, c'est l'église mère de toutes les autres églises du Plateau (et même de Rosemont, avec Saint-Édouard) et c'est une oeuvre architecturale exceptionnelle. C'est Monseigneur Bourget lui-même qui en a décidé la création à la suite de requêtes des résidants de Côte-Saint-Louis.
Cette photographie, provenant des archives des Clercs Saint-Viateur qui avaient charge de cette paroisse, ont peut voir un état des lieux inédit.
En effet, de gauche à droite on aperçoit "l'institution catholique des sourds-muets de la province de Québec" créée par les Clercs Saint-Viateur autour des années 1855; et qui sera à l'origine de toute l'intervention sociale autour de l'enseignement et la recherche concernant la réalité des sourds-muets, au Québec.
La photo est postérieure à 1902, année où la façade de l'église fut refaite; et antérieure à 1913, année où le bâtiment de la Providence du Saint-Enfant-Jésus (à droite de l'église) fut exhaussé. On le voit ici dans son état d'origine avec son toit à deux versants.
La photographie nous permet surtout de voir l'aménagement original du parc Lahaie. Ce parc fut nommé en 1910, en l'honneur du premier curé de la paroisse, le père Taraise Thomas Lahaie. Ce parc met également en valeur l'église, en lui offrant le recul nécessaire afin d'en apprécier l'extraordinaire façade. On note que certains arbres bordant l'axe principal datent de plusieurs années et cela s'explique du fait que l'église originale a été construite en 1858 à l'aide des plans de l'architecte Victor Bourgeau.
Cent années ont passé depuis.
La photo provient des archives des Clercs Saint-Viateur et se retrouve sur le site "mémorable Montréal" de la Fondation Hétritage Montréal.
En attendant le CHUM
J’adore les photos anciennes! D’abord parce qu’elles nous montrent souvent des choses incroyables; mais également parce qu’elles ont un pouvoir d’évocation unique. Souvent, ces photos nous racontent en détails comment les choses se déroulaient au temps jadis; tout en nous permettant de relativiser avec la situation telle que nous la connaissons aujourd’hui.
Ainsi, pendant qu’un grand état moderne, avec des milliards de dollars affectés au budget de la Santé, ne parvient pas à jeter les bases d’un nouvel hôpital; la communauté des Hospitalieres de Saint-Joseph, à une autre époque, bâtissaient leur nouvel hôpital au pied du mont Royal.
Cette photo de 1911 nouis montre une grande salle commune, ou chaque patient possède tout de même un espace relativement privé, malgré la promiscuité de l’immense salle. Le dossier de chaque malade est accroché à chaque place et il semble bien mince en comparaison avec les cartables bien remplis d’aujourd’hui. L’illustration suivante nous montre une même salle avec, semble-t’il, un côté pour les hommes (St-Joseph) et l’autre pour les femmes (Ste-Marie).
Bien sûr nous ne voulons plus de cette « simplicité volontaire » et exigeons les derniers appareillages les plus sophistiqués (même ceux qui sont entreposés, en attendant, faute de disposer des fonds pour engager et former les techniciens pour les faire fonctionner).
Notre société devrait trouver un juste milieu entre ce que ces photos nous montrent et la situation des futurs CHUM et CUSM ou « l’expérience » des patients se traduira par de vastes chambres privées, avec écran plat, lit d’appoint, lumière indirecte et vue sur la ville.
Il y a cent ans sur le Plateau!
La Société d'histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal tiendra son assemblée générale jeudi prochain, le 22 avril à 19H00 au 4815 rue de Lanaudiere. Elle invite le public à venir y assister, ainsi qu'à la conférence qui suivra, vers 20H30, sur le sujet du grand Congres Eucharistique international de Montréal de 1910. L'entrée est libre.
On se souviendra que cette "immense" manifestation à caractere avant tout religieux, fut également l'expression d'une affirmation exhubérante par la jeune société montréalaise. Elle se clotura par une grande procession solennelle entre la Basilique Notre-Dame et le pied du mont Royal. Elle emprunta de nombreuses rues du Plateau. Ce trajet était parsemé de plusieurs arches et arcs de triomphe, dont celui que nous voyons ici et qui était situé au carrefour des rues Saint-Hubert et
Cherrier.
Le bâtiment que nous voyons a droite, avec un large escalier, était l'ancienne école Cherrier; aujourd'hui remplacée par un nouveau bâtiment. Lors de la conférence, nous parcourerons virtuellement ce trajet de plus de 4 km, à l'aide de photos et de cartes postales anciennes et nous aurons l'occasion de voir l'ensemble de ces magnifiques décorations allégoriques.
Nous aurons aussi l'occasion de faire un survol rapide de la société montréalaise du temps et du décor urbain de Montréal; mais surtout, de faire le portrait des principaux acteurs comme Mgr Bruchési et Henri Bourassa, qui répondit au discours de l'archevêque de Westminster qui insistait pour que l'église canadienne adopte la langue anglaise. Certains y voient là, la cristalisation du fait nationaliste canadien-français alors naissant.
Non pas un cours d'histoire, mais plutôt une session toute simple, comme si on "fouillaient" dans les vieilles photos de famille de la vieille boîte à chaussures, en haut du garde-robe.
Paul-Émile Borduas
1er novembre 1905 Saint-Hilaire 22 février 1960 Paris
Une lectrice de ce blog, Renée Lavaillante une artiste du Plateau, m'a signalé un fait particulier concernant le peintre Paul-Émile Borduas. Ce grand artiste a résidé rue Napoléon, angle Mentana, ou il avait un atelier et surtout ou il amorcé le mouvement automatiste et initié la rédaction du fameux manifeste du Refus Global en 1948.
On se souviendra qu'au détour de la deuxieme grande guerre, le Québec est toujours à l'époque de la grande noirceur associée aux années Duplessis. Ce n'est pas étonnant que le milieu artistique se révolte et "manifeste" contre un ordre établi un peu trop rigide.
Paul-Émile Borduas BANQ Fonds Maurice Perron (cliquer les photos pour agrandir)
L'histoire raconte que Borduas tenait atelier rue Mentana et que c'est la que les jeunes artistes le rencontraient pour discuter de ce nouvel ordre des choses. "L'Encyclopédie canadienne" nous dit entre autres : Borduas commença progressivement à cette époque à se détacher des gens de sa génération et à se rapprocher davantage des jeunes, tant ses propres élèves de l'École du meuble (Jean-Paul Riopelle*, Marcel Barbeau, Guy Viau, Charles Daudelin*, Roger Fauteux), que leurs amis de l'école des beaux-arts de Montréal (Fernand Leduc, Pierre Gauvreau, Françoise Sullivan) ou du collège Notre-Dame (Jean-Paul Mousseau*, Claude Vermette). Plusieurs membres du Groupe automatiste, dont Borduas fut le chef de file et dont on peut faire remonter la naissance à 1941 - Borduas ayant pris l'initiative de recevoir de ses élèves et leurs amis à son atelier de la rue de Mentana dès cette année-là -, se trouvaient parmi eux.
Paul-Émile Borduas sans titre 1951
En 1935, il épouse Gabrielle Goyette, s’installe rue Napoléon (983) où naîtront Janine, Renée et Paul. En 1937, il accepte un poste plus intéressant à l'École du Meuble de Montréal
Le logement de la rue Napoléon
À partir de 1942, il connaît une période d'intense production et de fébrile expérimentation, alors que gravitent autour de lui ceux qui deviendront par la suite «les automatistes». À leur côté, Borduas participe en avril 1946 à la première exposition du «groupe».
Le portail internet du Musée des Beaux-Arts de Mont Saint-Hilaire (village natal de Borduas) nous précise aussi : en 1937, il remplace Jean Paul Lemieux en tant que professeur à l'École du meuble de Montréal. L'année suivante il expose au Musée des beaux-arts. Il participe, en 1946, à la première exposition des Automatistes à Montréal.
Quant au Refus Global, lancé à la Librairie Tranquille le 9 août 1948, il suscite aussitôt une vive controverse. Avec le recul, le manifeste nous apparaît comme la prise de position lucide d'un homme qui refuse l'héritage d'une société tournée vers son passé, maintenue par son élite et son clergé dans un climat d'ignorance et de peur.
Paul-Émile Borduas 1945
En conclusion ...la conclusion du Refus Global :
D'ici là, sans repos ni halte, en communauté de sentiment avec les assoiffés d'un mieux être, sans crainte des longues échéances, dans l'encouragement ou la persécution, nous poursuivrons dans la joie notre sauvage besoin de libération.
Paul-Émile BORDUAS
Magdeleine ARBOUR, Marcel BARBEAU, Bruno CORMIER, Claude GAUVREAU, Pierre GAUVREAU, Muriel GUILBAULT, Marcelle FERRON-HAMELIN, Fernand LEDUC, Thérèse LEDUC, Jean-Paul MOUSSEAU, Maurice PERRON, Louis RENAUD, Françoise RIOPELLE, Jean-Paul RIOPELLE, Françoise SULLIVAN.
9 août 1948
Un Plateau propre, propre et désinfecté!
Je vous le donne en mille!
Savez-vous où l’eau de javel a fait son apparition au Québec en 1898? Sur le Plateau, bien sûr!
Plus précisément, c’est au 41 de la rue Brébeuf, entre Marie-Anne et Rachel, qu’un monsieur Fyon transforma irrémédiablement les lundis matin des ménagères québécoises. Le bâtiment existe toujours, mais porte maintenant le numéro civique 4265 (cette rue s’est aussi appelée Bréboeuf et Champelain, selon les années). Il possède encore son cachet ancien, avec son toit à vraie mansarde et son recouvrement de «papier brique». Il est intéressant de se souvenir que les rues de La Roche et Brébeuf sont les plus anciennes de la partie est de l’ancien village Saint-Jean-Baptiste.
L’histoire nous raconte que c’est en 1898 qu’un québécois d’origine belge, Louis Fyon, concocta sa recette d’eau de javel « la Parisienne ». Les atlas nous décrivent précisément l’édifice de la rue Brébeuf; et selon les annuaires municipaux, il semble bien que notre monsieur Fyon y demeurait également. Probablement que son produit « chimique » était alors élaboré dans un bâtiment annexe, car l’édifice a vraiment un caractère résidentiel et il serait surprenant qu’habitation et fabrication d’eau de javel soient si compatibles.
Il demeura à cet endroit deux ans avant de se déplacer, pour quelques années, au 791 Chaussé (ce qui aujourd’hui correspond à l’angle Des Érables et Gauthier). On peut présumer que son «invention» remporta un vif succès car on retrouve vers 1910, la compagnie dans de plus vastes locaux, au 288 de la rue Garnier, au nord de Mont-Royal.
la photo provient de la collection de Monsieur Marcel Paquette
Dans cette photo qui date des années 1914, on voit cette nouvelle installation, ainsi que les employés qui s'apprêtent à se rendre à une fête champêtre; comme il était coutume à cette époque dans les industries. Vous remarquerez que les véhicules ne sont dotés ni de ceintures de sécurité; ni de ballons gonflables; il est à espérer que le lieu de rendez-vous n'était pas trop loin! Également, comme on travaille dans l'eau de javel, on n'a pas peur de porter du blanc. Quant à eux, les bâtiments quoique légèrement transformés, sont toujours là; rue Garnier.
Cette marque de commerce existe toujours également et fait maintenant partie des produits de la compagnie Lavo.
La vieille dame très digne du parc La Fontaine
Il y a quelques semaines, la Ville de Montréal a inauguré la Place des Festivals et sa fabuleuse fontaine lumineuse du centre-ville par une parade improvisée et un événement collectif où les gens se sont échangé un convivial «grand baiser». Bravo donc pour la Place des Festivals. Il ne faudrait pas pour autant oublier un autre joli coin de Montréal où il y a également une belle fontaine et où se sont aussi échangés, au fil du temps, bien de chauds baisers : le parc La Fontaine et sa belle vieille fontaine, qui fête cette année ses 80 ans.
photo de la Ville de Montréal / gestion des documents et archives (cliquer pour agrandir)
C’est en octobre 1929 que fut inaugurée cette attraction unique à Montréal et qui passait pour une des plus belles fontaine lumineuse en Amérique. Le journal La Patrie nous la décrit ainsi, en 1949 : « … son installation comprend 54 lampes de 1000 watts chacune et les jeux de lumières sont au nombre de neuf. Ces jeux produisent des variations multicolores de toutes les nuances de l’arc-en-ciel qui se succèdent dans des variantes du plus bel effet.» Rien de moins !
La Place des festivals est donc mieux de se surveiller bien comme il faut. C'est vrai qu'avec ses 235 jets lumineux interactifs, c'est sûr que la nouvelle fontaine du centre-ville part avec une bonne longueur d’avance.
Notre octogénaire mérite tout de même un peu d’attention ; elle offre son spectacle depuis déjà un bon moment. Il faut se rappeler que c’est pour marquer le jubilé d’or de la découverte de la lampe à incandescence par Thomas Edison, que la compagnie Westinghouse (General Electric) s’associera à la Ville de Montréal en 1929 afin d’ériger cette fontaine au coût de 30 000$ ; Elle débutera ses spectacles lumineux le 21 octobre 1929; anecdotiquement à trois jours avant le krach boursier de New-York. Quand on y pense bien, notre vieille fontaine aura quand même survécu à deux krachs économiques majeurs; ce n'est pas rien!
C’est par les variations de la pression d’eau dans les jets, que sont activés automatiquement les différents éclairages ; donnant 16 arrangements variés de jets et de couleurs. Un délice pour les yeux et une magnifique excuse pour les amoureux ; leur permettant de justifier une petite visite nocturne au parc, pour…admirer la si jolie fontaine lumineuse.
Le nombre impressionnant de cartes postales publiées sur le sujet, montre bien la popularité et l’engouement du public pour cet aménagement spectaculaire au cœur du parc La Fontaine. Ces belles illustrations traduisent bien le charme de ce beau parc, au milieu du siècle dernier, et laissent aussi supposer la fascination des nombreux promeneurs pour la magie de ce spectacle.
Les photos proviennent de la collection de cartes postales de la BANQ et ces reproductions proviennent du site internet de la Fondation Héritage Montréal
Et en terminant, pour les amateurs d’histoire et de toponymie, il faut bien se rappeler que le nom du parc, qui lui fut donné en 1901, veut plutôt rendre hommage à sir Louis-Hippolyte La Fontaine; et non à l’ouvrage d’art de 1929.
La rue Laval ....il y a 100 ans!
Vous connaissez peut-être déjà cette photo pour l'avoir vue sur une page précédente du blog (voir «Congrès eucharistique de 1910»). Nous sommes ici sur la rue Laval, angle des Pins et l'on regarde vers le nord et vers l'ancienne église Saint-Louis-de-France, angle Roy. C'est le dimanche 11 septembre 1910 et le voisinage attends impatiemment le passage du cortège représentant le point culminant de ce grand événement international. En effet, un peu après midi, une immense procession partira de l'église Notre-Dame pour se diriger vers le parc Jeanne-Mance où une messe solennelle sera célébrée en soirée; on mettra sept heures (ou quatre heures, selon les sources) pour parcourir le trajet. On remarquera, en façade des maisons à la gauche de la photo, que des estrades ont été installées afin de permettre aux paroissiens d'admirer le cortège. On a lavé la rue, on a mis nos beaux atours, on se prépare pour ne pas faire honte à la visite.
les photos proviennent des colections de BANQ (cliquer sur les photos pour les agrandir)
L'histoire nous dit que plusieurs centaines de milliers de citoyens assisteront à la procession, y participeront ou encore, seront de l'assistance au parc Jeanne-Mance. On peut prendre pour preuve ce compte-rendu international, de la publication : «La semaine religieuse de Nantes«.
«sur une longueur de cinq kilomètres, par les rues jonchées de fleurs, sous les arcs de triomphe, entre les maisons pavoisées et tendues de la base au faîte, à travers une multitude innombrable qui remplit les trottoirs, couvre les perrons, s’écrase aux balcons, envahit les estrades [...], gagne les toits, escalade arbres et poteaux, au chant des hymnes liturgiques qu’exécutent des choeurs échelonnés le long du parcours, le triomphal cortège s’avance avec lenteur. Le recueillement est parfait, le respect incline toutes les têtes, l’émotion met des larmes sur beaucoup de visages, l’admiration, impuissante à se maîtriser, éclate en applaudissements»
Il est difficile aujourd'hui d'imaginer cette ferveur; mais cela montre bien l'importance que la religion occupait dans notre société il y a cent ans. Peut-on imaginer de nos jours, une telle mobilisation populaire. Les temps changent.
Toutefois, la maison de la rue Laval, quant à elle, est toujours fidèle au poste; plus belle que jamais et elle semble nous dire regardez comme je traverse bien le temps...à dans cent ans.
Des « bécyks » sur la rue Mont-Royal
L'été 2009 passera probablement à l'histoire de notre quartier comme celui de «l'été de toutes les bicyclettes». Après le projet des «bécyksverts» de la Société de développement de l'Avenue du Mont-Royal, l'an dernier; c'est maintenant au tour des BIXI de la Ville de Montréal de faire leurs premières armes dans notre quartier. Déjà reconnu pour ses nombreux cyclistes, ça fait pas mal de deux roues qui circulent dans le Plateau. On s'en plaindra pas; car c'est autant de quatre roues de moins dans nos rues.
Mais ce n'est pas d'hier que les résidents enfourchent une bécane. À preuve, cette photo, montrant l'intérieur du commerce de Mont-Royal bicycle; propriété des frères Desroches. Le magasin avait front sur Berri, au sud de Mont-Royal, et a été démoli pour faire place à l'ancienne caisse populaire Saint-Sacrement; elle même démolie il y a quelques années afin d'aménager la place Gérald- Godin.
Note : photo parue dans le Devoir du 15 mai dernier et provenant de l'exposition en cours au Chateau de Ramezay / cliquer pour agrandir
C'est intéressant d'observer la photo pour en détailler le contenu. Tout d'abord, signe des temps, la statue du Sacré-Coeur qui trône en bonne place au-dessus de la tête du proprio (était-ce pour assurer la bonne marche des affaires, ou encore pour protéger des incendies? Dieu seul le sait!). On remarquera ensuite la bicyclette devant le jeune garçon, Elle a fière allure avec son guidon double supportant lumière et «criards». Aussi on peut voir que le bolide possède un gros «speedomètre» attaché à la fourche avant. Ça commence à être de l'équipement ça monsieur! Ça compense donc largement pour l'absence des 18 vitesses et pour l'obligation de freiner à rétro-pédalage. On voit également beaucoup de publicités de liqueurs douces, comme Orange Crush; mais à part les bicyclettes au mur, il n'y a pas beaucoup de casques, de cadenas, de remorques et sièges d'enfant, de sacs, lycras ou cuissards.
Autres temps, autres moeurs! Un beau commerce de quartier typique. Vive le vélo!


















