histoire du Plateau Mont-Royal

18 août 2017

"Les gondoles ne sont pas toutes à Venise"

En 1954, les dimanches d'été sont les moments privilégiés pour aller se balader au parc La Fontaine.  

Dans les années 1950, le parc se transforme peu à peu et les éléments de son époque "romantique" disparaissent tranquillement. 

 

1954 Parc La Fontaine, Archives de la Ville de Montréal,VM105-Y-1-0153-006

 

source Archives de la Ville de Montréal

Le pont des amoureux est démoli, les grandes serres également; et on y construit le magnifique Théâtre de Verdure.  La Ville de Montréal érige aussi un vaste chalet-restaurant qui permettra non seulement d'offrir un casse-croûte aux visiteurs, mais aussi des vestiaires, au sous-sol, afin d'accueillir les patineurs l'hiver venu.  Un côté pour les gars et un pour les filles; pas de "dissipation" et chacun garde sa place comme il est de mise à cette époque. 

Cette renaissance du parc remet en vedette les deux étangs et on peut voir canots et chaloupes voguer sur l'eau.  Il y a aussi les fameuses gondoles de l'étang sud qui garantissent aux enfants (et aux parents qui ont gardé leur âme d'enfant) les plaisirs de croisières fabuleuses au beau milieu de la ville.  Les balades en gondoles datent du début du XXème siècle au parc.  Les toutes premières étaient de frêles esquifs, mais nous avons ici un véritable autobus qui transporte quelques dizaines de valeureux intrépides.  Pas de garde-corps, pas de chaînes protectrices, les enfants sont debout sur le bord du bateau et font le plein de souvenirs inoubliables.  Les règles de sécurité et les normes de l'époque ne sont pas les mêmes qu'aujourd'hui.  Peut-être cela avait-il à voir avec le plaisir des enfants à "braver le danger".  

D'autres modèles de gondoles ont suivi sur l'étang du parc.  Les types s'inspirant des "steam-boats" du Mississipi ont connu beaucoup de succès dans les années 1970. 

 

1965 Étang du Parc Lafontaine, A

 

source BAnQ Armour Landry

Ce n'est qu'au moment où  la vie trépidante de la terre ferme a supplanté celle plus aventureuse des marins d'eau douce, que les gondoles sont disparues.   Peut--être reviendront-elles y voguer un jour?

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23 juin 2017

"Une laveuse dernier cri"

En1907,  l'avenue du Mont-Royal commence à peine à se développer.  Il faut dire que tout juste 15 ans auparavant, on y dénombrait  seulement neuf maisons sur le tronçon entre Saint-Denis et Papineau.  Imaginez !  Le début du XXème siècle sera étourdissant pour le développement du Plateau. 

Boyer et Mont-Royal BAnQ

image BAnQ fonds E.Z. Massicotte

La photo nous montre l'angle sud-est de l'intersection de Mont-Royal et Boyer.  On y retrouve aujourd'hui un vaste supermarché, mais à l'époque, c'est un petit commerce de quartier. 

Le magasin M. Robert & Cie offre du mobilier de cuisine; entre autres, des "stoves & ranges".  C'est l'équivalent actuel de nos "électroménagers", mais comme l'électricité est encore peu usuelle dans le quartier, les poèles sont au bois ou au gaz.  Alors, pour faire votre café du matin il faut vous lever de bonne heure. 

Vous serez sans doute curieux de constater que le caractère de la rue est surtout résidentiel et qu'en plus, les bâtiments sont implantés avec un généreux recul.  L'explication vient du fait que c'est surtout après cette frénésie de développement immobilier dans le quartier que l'on constate qu'il faut offrir des services à cette population qui ne cesse de grandir.  C'est alors que l'on construit des avancées au rez-de-chaussée afin d'agrandir les espaces et d'approcher entrées et vitrines en bordure du trottoir et des passants.  Cette réalité existe d'ailleurs toujours pour certaines têtes d'ilôts de Saint-André à Berri. 

La façade principale est en pierre calcaire alors que la façade secondaire, sur Boyer, est recouverte de briques.  Chaque logement possède son entrée individuelle et le dernier étage profite également d'une vaste galerie.  Quant au magasin Robert, il profite du dégagement devant sa place d'affaire pour faire étalage de ses modèles de laveuses les plus récents.  Pour faire la lessive, il faut d'abord emplir et par la suite vider la cuve du lavage, pour recommencer avec le rinçage.  Il faut aussi actionner le batteur à l'aide d'un long bras. 

Les gens s'ennuieraient vite de leurs boutons électroniques de cycle délicat.

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16 juin 2017

Les cabarets du Plateau

Un loisir aujourd'hui disparu que celui des soirées au cabaret. 

Maintenant, on va écouter de la musique ou ses chanteurs et groupes préférés dans des bars-bistros, où c'est plutôt la conversation qui est à l'honneur.  Finis les tours de magie; rhabillée l'effeuilleuse en vedette; disparue la piste de danse; on se distrait et on socialise maintenant différemment. 

La photographie nous présente le carrefour de l'avenue du Mont-Royal et du Parc au milieu des années 1950.  L'emplacement actuel de la station-service était alors occupé par un cabaret très populaire, le Café Minuit

tramway terminus Parc et Mont-Royal Ralph Kurland modifié

 

                                                    archives de la Montreal streetcars et STM  

On y annonce en vedette la prestation du duo de chanteurs, imitateurs et fantaisistes "Les Jérolas".  Ces derniers débutent leur carrière en 1955 et comme on dit qu'ils firent leurs débuts à cet endroit, on peut donc situer la scène vers le milieu des années 1950. 

Jérolas

Le tramway "80 Bleury" file vers le centre-ville, mais lui, il se rappelle fort bien qu'avant ce cabaret un peu tape-à-l'œil, le bâtiment était occupé vers 1900 par la gare terminus du Montreal Park & Island Railway (secteur ouest de l'île).  La compagnie y avait ses bureaux à l'étage et le rez-de-chaussée était occupé par une salle d'attente.  L'endroit était partagé aussi avec la Montreal Street Railway ( secteur de Montréal centre-ville).  Le secteur est si achalandé par les différents tramways que l'on doit aménager une troisième voie sur Parc afin de faciliter les manœuvres des véhicules à ce carrefour; une situation unique à Montréal.  La gare est désaffectée en 1940.  

Quant au Café Minuit, la rumeur veut que l'endroit ait été parmi les premiers à Montréal à étaler un éclairage au néon; cela reste à vérifier.  Toujours est-il que sa toiture était garnie sur les deux principaux versants, d'un croissant de lune et d'étoiles filantes qui étaient du plus bel effet et que l'on voyait de loin étant donné la localisation de l'édifice.  Il est disparu dans un incendie au début des années soixante.

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15 juin 2017

“Un autobus électrique"

Les belles heures du transport en commun à Montréal reposent sûrement sur les "années tramway". 

Le nombre de circuits et de voitures assuraient un service hors pair.  Le tramway roule en ville depuis 1860.  D'abord tiré par des chevaux, le tramway devient électrique en 1892, avec le "Rocket" qui circule dans les rues du Plateau.  Ce mode de transport sera le roi des rues montréalaises pour les trois premières décennies du siècle dernier.  Il sera peu à peu remplacé par les autobus. 

trolleybus Amherst années 1950

 

                             source de la photo : STCUM

Entretemps, en 1937, la "Montreal Tramway" s'entiche d'une nouveauté britannique, l'autobus électrique.  Après une première ligne sur Beaubien, la ligne "Amherst / Christophe-Colomb" relie maintenant le Carré Viger à la rue Villeray avec ces "trolleybus". 

Silencieux, confortable, avec un système de chauffage très performant, le trolleybus offre surtout l'avantage d'aller chercher les clients en bordure de trottoir contrairement au tramway qui est prisonnier de ses rails.  Il manoeuvre facilement dans le trafic et peut se déployer d'une bonne quinzaine de pieds, de part et d'autre de ses fils aériens.  Tout comme le tramway, ce véhicule électrique ne résiste pas finalement aux efforts des grands constructeurs américains de bus à essence afin d'imposer  le bus dans les rues d'Amérique du Nord. 

Le tramway nous quitte en 1959 et le trolleybus en 1966.  Le transport en commun électrifié disparaît alors de Montréal.  Mais quatre mois plus tard il revient en force avec l'inauguration du métro.  Quant aux vieux trolleys, ils prennent une retraite dorée très enviable en allant se prélasser sous le chaud soleil de Mexico pendant une quinzaine d'années encore.  En 2016, on parle du futur Réseau électrique métropolitain (le REM) qui mettra aussi à profit l'électricité pour déplacer bientôt les montréalais.

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03 juin 2017

"Les grandes baleines bleues"

Une espèce malheureusement disparue, pour ce qui est de la baleine bleue du Jardin des Merveilles. 

Au fil des chroniques historiques, le sujet du Jardin des Merveilles refait surface périodiquement.  Cette semaine, c'est la baleine du parc La Fontaine qui refait surface, car c'est probablement l'élément le plus emblématique de cet ancien petit zoo urbain. 

Baleine Jardin des Merveilles Christian Paquin Plateau_60_225

 

photo :  collection de cartes postales de Christian Paquin

C'est en tous les cas celui qui a fourni le plus grand nombre de souvenirs impérissables à plusieurs milliers d'enfants montréalais.  Cette rieuse baleine offrait aux enfants d'entrer dans sa gueule afin d'admirer un immense aquarium rempli de poissons multicolores.  Les plus jeunes étaient toujours craintifs d'entrer dans cette grande bouche rouge, mais le large sourire du cétacé avait tôt fait de les convaincre et les plus téméraires y allaient de bon coeur. 

Inauguré en juillet 1957, certaines saisons estivales  voyaient le Jardin des Merveilles accueillir plus de 350,000 visiteurs.  Aménagé dans le contexte du renouveau du parc La Fontaine entrepris par Claude Robillard, le directeur du nouveau service des parcs, cet équipement innovateur emporte immédiatement la faveur populaire.  Basé sur la thématique des contes pour enfants, la promenade est fabuleuse pour les petits (et aussi pour les grands) qui en reviennent la tête chargée d'images incroyables.  Les éléments du décor étaient multicolores et montraient des volumes et des formes fantaisistes qui amplifiaient cette impression de fantastique. 

En 1989, il ferme ses portes pour être remplacé dans le coeur des enfants par le tout nouveau projet de Biodôme.  Les animaux quant à eux se déplacent vers d'autres zoo, où ils se font de nouveaux amis.  Les quatre acres qu'occupaient le petit zoo sont retournés à la verdure du parc. 

Mais tout n'est pas perdu, puisqu'un petit rejeton de cette grande baleine bleue attend encore les enfants sur la terrasse du grand chalet-restaurant au milieu du parc. 

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12 mai 2017

Des jeux pour les téméraires!

Dans les années 1950, les terrains de jeux municipaux sont les lieux de prédilection pour les jeunes enfants de la ville. 

Bien sûr, la bonne vieille ruelle demeure toujours un refuge intéressant; mais les parcs offrent en contrepartie des appareils de jeux si particuliers, qu'ils sont bien tentants. 

PL parc La Fontaine terrain de jeux échelle

 

source de la photo : Archives de la Ville de Montréal

Il y en a pour tous les âges et ils font tous appel au petit côté aventurier des jeunes enfants.  Nous sommes ici au terrain de jeux du parc La Fontaine et le nombre d'appareils est important.  Historiquement, ce parc a toujours servi de "laboratoire" afin d'élaborer des jeux et de les tester avant de les exporter dans les parcs de la ville. 

C'est la "Montreal parks and playgrounds association", incorporée en 1903 qui multiplie d'abord les efforts afin de sortir les enfants des rues et leur permettre de jouer dans les parcs; ce qui leur était jusqu'alors interdits.  Le surintendant du parc, Monsieur Émile Bernadet, est aussi son créateur et son metteur en scène.  C'est lui qui en 1910,  au retour d'un voyage à Denver ou il a découvert les appareils de jeux dans les parcs, qui fera fabriquer les premiers jeux au parc La Fontaine.  On crée également pour l'occasion les postes de moniteurs de terrains de jeux. 

On parle alors de balançoires et de glissades; mais plusieurs autres équipements viendront s'ajouter au fil du temps.  Les planches à bascule (seesaw); les carrousels propulsés par les enfants, qui sautent ensuite sur la planche de pourtour toute usée par le sable, pour se faire étourdir comme il faut; mais surtout, les échelles-balançoires montrées sur la photographie.  Un enfant à chaque extrémité, chacun balance l'autre jusqu'à ce qu'il crie grâce ...de peur.  À bien y penser, ce jeu est très dangereux et les fillettes sont bien braves de s'y adonner avec autant d'assurance.  Il faut avoir grande confiance dans son partenaire de jeu. 

Insouciance de la jeunesse !

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25 avril 2017

Le tunnel de la «mort»

En 1932, le Plateau Mont-Royal est presque complètement développé et de nombreuses industries sont établies sur son territoire.  Les déplacements deviennent de plus en plus nécessaires et il faut se rappeler que notre quartier est en grande partie enclavé, au nord et à l’est, par des voies ferrées du Canadien Pacifique qui sont très importantes et très fréquentées.

photo archives de la Ville de Montréal  VM94-Z1505.3

Aussi, pour l’économie montréalaise et pour les résidants qui ont à se déplacer, les traverses à niveau datent de plus en plus d’une époque révolue.  Au début du vingtième siècle, les voies importantes du quartier commencent à se doter peu à peu de passages en tunnel, mais il faudra attendre les années de la «Grande Crise» pour voir ces travaux s’accélérer. 

Le boulevard Saint-Joseph, dont les différents tronçons sont maintenant unifiés, se bute à l’est aux voies ferrées du secteur Iberville.  On voudrait bien prolonger le boulevard jusqu’à Pie IX.  Les travaux s’amorcent afin de franchir l’obstacle.  Le défi est important puisque trois séries de voies ferrées obligent la construction de trois tunnels.  Un pour la rue Iberville et deux (de part et d’autre de la rue Iberville) pour la traversée du boulevard Saint-Joseph.  Cela produit un carrefour qui est entièrement enfoncé dans le sol et les plafonds et parois des tunnels rendent la visibilité très difficile pour les automobilistes.  Il y aura au cours des ans de nombreux et graves accidents qui lui donneront ce fameux surnom de «tunnel de la mort». 

En 2000, la Ville de Montréal annonce d’importants travaux de réfection, mais à ce jour, seul le tunnel ouest a été démoli.  La photographie nous montre bien l’ampleur de cet ouvrage de titan; réalisé par des fourmis ouvrières équipées davantage avec leur détermination et leur inventivité, que par les gros équipements lourds que nous connaissons aujourd’hui.

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17 mars 2017

Le parc La Fontaine de mon adolescence.

En 1954, le parc La Fontaine se dote d'une patinoire "artificielle".  L'installation est non seulement innovatrice; mais surtout très impressionnante avec ses kilomètres de tuyauterie. 

parc La Fontaine patinoire artificielle 1954 VM94-Z530-4

source de la photo archives de la Ville de Montréal

Finies, les saisons écourtées; finis, les redoux dévastateurs !  Outre l'intérêt de cette "assurance froidure", c'est surtout la longueur de la saison qui s'allonge au grand plaisir de tous, en y ajoutant plusieurs semaines.  Les jeunes peuvent maintenant planifier leurs sorties, sans risque de se faire jouer une patte par la météo.  Située à l'arrière du chalet de l'avenue Calixa-Lavallée, au centre du parc, cette patinoire est la coqueluche des adolescents du quartier et est bondée de jeunes du midi jusqu'au soir.  On y tournoie en couple, en se prenant par la taille; ou en solo, surtout pour les garçons, pour y faire montre de nos capacités de patineurs de vitesse. 

L'époque nous présente des ados bien sages et qui vont même patiner tout cravatés.  Cliquez sur les photos pour les agrandir et prendre connaissance des différents participants à cette séance de patinage.

1955 Patinage au parc La Fontaine, Archives de la Ville de Montréal,VM105-Y-3-063-04

source de la photo Archives de la ville de Montréal  /  VM105Y-3-063-04

Après quelques tours on s'arrête en bordure, en s'appuyant à la bande de bois, pour y jaser entre amis ou faire les yeux doux à notre flamme.   Personnellement, je peux vous dire que notre jeune couple adolescent y était tous les soirs et que nous avons probablement parcouru la distance de la terre à la lune quelques fois sur cette patinoire.  Que de souvenirs!

Cette installation est révolutionnaire pour l'époque, tout comme le réaménagement du parc La Fontaine qu'entreprends Claude Robillard, nommé l'année précédente comme directeur du tout nouveau Service des parcs de la Ville de Montréal.  Ce service est d'ailleurs installé à l'époque dans le chalet que l'on voit sur la photo. 

Les années 1950 verront alors une transformation majeure de notre bon vieux parc avec la création, entre autres, du grand chalet-restaurant; du Théâtre de Verdure; du Jardin des Merveilles.   Bien sûr, le parc La Fontaine dans sa version "Âge d'Or" des années 1930-1940, y a perdu quelques plumes (le pont des amoureux, les grandes serres, la maison du responsable du parc, etc.), mais il a alors atteint une certaine modernité qui en fait toujours un élément exceptionnel du patrimoine montréalais.   

En attendant, cette année, nous avons malheureusement déjà accroché nos patins !  Par contre, Il nous reste toujours les Canadiens ! 

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13 mars 2017

"Il y a plus de cent ans, bien avant ... Milton-Parc"

Au tournant des années 1900, les deux dames qui jasent à l'ombre en bordure du trottoir ne se doutent pas qu'elles se trouvent au coeur d'un (futur) vaste développement résidentiel : le projet de "La Cité", dans Milton-Parc.  La photographie nous montre l'angle nord-est du carrefour de "Park Avenue" et de "Bagg Street" (future rue Prince-Arthur).

Park avenue et Prince Arthur BANQ copie crop

source de la photo : collection de cartes postales anciennes BAnQ

Le tramway qui se dirige vers le sud vient de passer devant un magnifique alignement de petites maisons de ville recouvertes de pierre calcaire et surmontées de mansardes rythmées par des lucarnes fort joliment ouvragées.  Leur construction est toute neuve puisque l'atlas de 1890 nous indique que seules les maisonnettes de brique de la rue Bagg, à droite, sont déjà construites.   Nous sommes donc au moment ou tout ce quartier se développe activement.   

"Milton-Parc", qui s'étend de Sherbrooke à des Pins et de University à Saint-Laurent, sera dans les années 1970, le théâtre d'un important drame social.  Une grande compagnie de développement immobilier achète en catimini la majeure partie des propriétés au centre de ce secteur, dans le but de les raser afin de réaliser d'importantes  tours d'habitation.  On assiste alors à un mouvement des résidants qui s'organisent en masse afin de s'opposer au projet.  Ils réussissent finalement à stopper le projet, mais sans toutefois pouvoir éviter la démolition de 255 bâtiments lors de la mise en oeuvre de la première phase. 

Dans les années 1980, une fois le projet stoppé, les bâtiments résiduels sont acquis par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), que les comités citoyens ont convaincue d'élaborer avec eux ce qui s'avère la plus grande coopérative d'habitation du Canada.  L'exercice jette les bases du grand mouvement coopératif qui s'ensuivra dans ce domaine au Québec.  Ce carrefour est aujourd'hui entouré de hautes tours d'habitations, mais le reste du quartier a été préservé avec bonheur.

 

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05 mars 2017

Voulez-vous un glaçon?

En 1870, la glace est encore épaisse sur le fleuve, mais il faut se dépêcher pour faire le plein des entrepôts des compagnies de glace de la ville.  Dans les actualités de 2017, la fonte de la neige est déjà amorcée et les glaces des rivières menacent presque les campagnes.  Ça gèle moins qu'avant. 

Métiers coupeur de glace 1870 copie

 

source Musée McCord

Ce n'est quand même pas encore le cas sur notre Saint-Laurent du XIXème siècle.  Nos cueilleurs de glace s'activent en aval du pont Victoria; quelque part au pied de la rue McGill.  L'électricité n'existe pas encore et il faut donc assurer aux montréalais un moyen de conserver leurs victuailles durant les chauds mois d'été.  Pour ce faire, chaque ménage possède un meuble-glacière pour y ranger le lait, le beurre, la viande; et il faut alimenter ce dernier en blocs de glace tout au long de l'année.  Les compagnies de glace sont nombreuses et possèdent plusieurs "glacières-entrepôt" réparties sur l'ensemble du territoire de la ville.  Dans le Plateau il en existe plusieurs, dont une particulièrement immense angle Henri-Julien et Du Carmel.  

L'espace est aujourd'hui occupé par le parc du Carmel, ce qui vous donne une petite idée de ses dimensions.  C'est un très grand volume sans fenêtres, construit de murs épais et très bien isolés.  Les blocs de glace y sont entassés, séparés par des couches de bran de scie afin d'éviter que le tout se soude en un seul morceau.  Les blocs de 25 ou 50 livres sont ensuite livrés par les ruelles, avec une voiture à cheval.  Dur métier que celui de livreur de glace, qui doit monter les blocs par de minuscules et sombres tourelles intérieures.  Dur métier également que celui de coupeur de glace; debout, les pieds gelés et mouillés, près les berges du fleuve à scier la glace toute la journée.  Mais l'été, dans la canicule, c'est au tour des enfants de se régaler  des morceaux de glace brisés qui jonchent le plancher de la charrette du livreur.

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