histoire du Plateau Mont-Royal

31 mars 2012

Un sac à Tousignant

Une petite trouvaille cette semaine, qui m'a ramené loin en arrière.  Il s'agit même d'un souvenir concernant une situation plus vieille que moi.  Il n'en demeure pas moins que pour moi, c'est un souvenir bien ancré et qui dira sûrement quelque chose aux plus vieux lecteurs.  Je me souviens de ça parce que ce type de sac a emballé, pendant nombre d'années, notre collection familiale des Tintin;

La photo nous montre un des ces "fameux" sacs à Tousignant.  La petite histoire raconte qu'il s'agit là d'une invention que l'on doit à ce marchand, d'ou son nom "générique".  Il s'agit pourtant d'un simple sac de papier Kraft, mais avec cette particularité, qu'il possède une poignée en corde, faufilée dans le rebord renforcé du sac.

Sac-a-Tousignant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                        

Cliquer pour agrandir la photo   /  source: madame Yolande Audet-Dufour, sur ruemasson.com

Quelle invention!

On remarquera que cette "chaîne" de magasin d'alimentation, possédait deux succursales sur Mont-Royal.  Celle du 2034, près de De Lorimier, et le 1127, occupé aujourd'hui par le resto "St-Viateur Bagel".  On voit bien, par la superficie de ces locaux, qu'on a ici à faire à de petites épiceries de quartier; petites épiceries que l'on retrouvaient littéralement à tous les coins de rues.  C'est ça qui s'appele du commerce de proximité.  Cette épicerie a quitté les lieux au tout début des années 1950.

Une autre page de la grandiose histoire du Plateau Mont-Royal.

Maintenant, je vais me mettre à la recherche du sac des livres de Tintin.  Mais je pense que la dernière fois que j'ai mis les yeux dessus (dans notre grand hangar), ils étaient dans un sac de Steinberg's ou de Dominion.

 

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21 mars 2012

Mont-Royal et Bordeaux, la fanfare

Avant facebook et les réseaux sociaux, quoi de mieux qu'une bonne vieille fanfare pour rameuter la foule. 

Voici un témoignage éloquent, et une photographie exceptionnelle, montrant le carrefour Mont-Royal et Bordeaux, lors de la "parade" inaugurant le Festival du commerce de l'Avenue du Mont-Royal en 1941.

Les marchands se dotent de ce Festival du commerce, avec pour thème « Le progrès dans le commerce sur la rue Mont-Royal », avec le désir de répondre aux besoins croissants d’une clientèle toujours de plus en plus nombreuse.  Il faut dire que la "rue" Mont-Royal, faisait la fierté des résidants du Plateau, car on la comparait même, à l'époque, à la rue Sainte-Catherine.  Rien de moins.

Avenue Mont-Royal parade_festival commerce 1941 SDAMR

Source : BAnQ fonds O. Allard  cliquer pour agrandir

Dans un article traitant de la tradition commerciale au Plateau Mont-Royal (Revue Continuité No. 66 1995) on fait justement référence à cet événement commercial hors de l'ordinaire.  On y mentionne aussi le rôle particulier joué par les membres d'une famille, liée non seulement aux destinées d'un commerce historique du Plateau, mais aussi, préoccupée par la qualité de la prestation commerciale de l'Avenue.

... À quelques coins de rue de là, la famille Roy exploite une bijouterie depuis maintenant 76 ans. La bijouterie J. Ômer Roy fait d'ailleurs partie de la petite histoire de l'avenue du Mont-Royal. Une troisième génération de Roy exploite aujourd'hui le commerce.  Après 48 ans consacrés à la bijouterie, André Roy a passé le flambeau à son fils Normand en 1991. Très actif socialement, André Roy a joué un rôle de premier plan pour regrouper les commerçants et cimenter l'entraide économique de l'avenue du Mont-Royal.  En 1941, il a participé à la fondation du premier regroupement de gens d'affaires, l'Association pour le progrès du Plateau Mont-Royal. L'avenue du Mont-Royal connaît alors une période de grande prospérité.  Sur l'initiative des 300 marchands que comptait à l'époque cette artère, (on en compte 500 en 2012) on organise, la même année, un grand festival du commerce. Le défilé d'inauguration a attiré à lui seul une foule de 100 000 personnes. ... 

En plus de soixante dix ans, bien de l'eau a coulée sous les ponts et notre "rue" Mont-Royal en a vu de toutes les couleurs;  des vertes et des pas mûres; des grands jours et des périodes difficiles. Mais elle a toujours su s'adapter. 

On assiste actuellement à des frictions séveres, entre les commerçants de l'Avenue et une partie des résidants du quartier, quant à son état de santé et à sa vitalité commerciale.  Ces pages d'histoire ne sont pas faites pour débattre de cet aspect et on ne peut que souhaiter que résidants et commerçants trouveront, ensembles, les moyens pour revenir à une situation ou la fierté sera mutuelle.  L'Avenue du Mont-Royal c'est un des joyaux du Plateau.  Un joyau historique certes; mais surtout un joyau socio-économique montréalais unique.

Mais revenons à notre photo :

Je me répete, agrandissez la photo et savourez toute l'information qu'elle contient.  Amusez-vous à détailler les gens, les commerces, les voitures, etc.

Ainsi, vous reconnaîtrez sûrement le restaurant "Dans la Bouche", qui a remplacé le commerce de tapisserie, au coin de Bordeaux.  Quant aux commerces "Dugal" et "Guinois", (dont l'immeuble est à vendre) ils seront  démolis dans quelques années, pour laisser place à un tout nouveau Steinberg's; qui deviendra par la suite, le Jean Coutu.

Pour ce qui est de la fanfare, c'est le fameux corps de tambours et clairons de l'école supérieure Saint-Stanislas.  Ce groupe sera, pendant plusieurs années, le corps de musique le plus "professionnel" et la plus grande fierté de l'école et du quartier.  

Pour ce qui est de l'automobile qui attend patiemment de traverser Mont-Royal, l'histoire ne dit pas si ce fut facile.  Déjà en 1941, les autos avaient du trouble avec les rues du quartier. 

Je vous reviendrai avec d'autres détails.

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24 février 2012

Laurier et Saint-Denis (avant hier)

Pouvez-vous vous imaginer angle Saint-Denis, tout juste au sud de Laurier (on regarde en direction nord), par cet après-midi enneigé des environs de 1910.  Difficile, n'est-ce pas?  Mais encore, que nous montre cette photographie au juste?

C'est surtout un très bel aperçu de la vie de quartier à cette époque.  On constate d'emblée que l'on retrouve des commerces aux coins des rues.  Un cordonnier à gauche (avec son enseigne en forme de botte); une pharmacie à droite et peut-être une petite épicerie en face.  C'est le mode de vie d'avant les Loblaw's, Costco et autres 10X30.  C'est l'expression même du commerce de proximité et de la possibilité d'envoyer le plus jeune de la maisonnée, chercher du beurre ou du lait à l'épicerie.  Le bâtiment situé à gauche, malgré ses lucarnes et son allure résidentielle, est en fait une caserne de pompiers.  La photo agrandie laisse deviner les deux grandes portes et les atlas municipaux de ce temps là, montrent effectivement la présence de cette caserne.  

On voit aussi le moyen de transport par excellence pour cette époque, une ligne de tramway qui semble assurer un très bon service, puisqu'on en voit un autre qui se pointe déjà au loin derrière.

Saint-Denis et Laurier 1914 La Presse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                       cliquer sur les photos pour les agrandir   source archives de La Presse

Encore aujourd'hui, le coin nord-est est toujours occupé par une pharmacie; mais les autres éléments du tissu urbain ont laissé place à d'autres usages et paysages.  Une affiche murale (média très populaire à cette époque ou  les murs mitoyens attendaient une prochaine construction), vante les mérites de fumer les "Boston cigars".  Je fut surpris d'apprendre après une petite recherche, que ces cigares étaient fabriqués à Montréal par la manufacture L.O. Grothé (angle Ontario et Saint-Laurent).  Bien sûr, à cette époque à Montréal, on  ne fume pas encore ...mais "we smoke".

boston cigar Grothé 1897

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qu'en est-il aujourd'hui?

On ne fume plus de cigares Boston semble-t'il.  Les pompiers sont déménagés angle Saint-Laurent.  On ne vend plus de Castoria ou d'huile de foie de morue à la pharmacie, mais on y trouve toujours de l'Aspirine. Les transports en commun sont, quant à eux, toujours fidèles au poste.  On constate également le virage commercial de cette rue autrefois si paisible; sans oublier la disparition des chevaux "à l'avoine", et leur remplacement par les chevaux vapeurs.

C'était chez nous...hier encore! 

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19 février 2012

En vélo au parc La Fontaine en 1947

Ce n'est pas d'hier qu'on fait du vélo sur le Plateau. 

Je vous invite à regarder cette magnifique photo du parc La Fontaine au printemps de 1947.  Pendant que les cyclistes empruntent le chemin de traverse au travers du parc, le personnage principal semble avoir interrompu sa propre ballade à bicyclette, le temps d'admirer le paysage et toute l'activité qui s'y déroule.  C'est une bonne chose d'engranger des souvenirs, car ce décor sera transformé quelques années plus tard.   

parc La Fontaine 1947 archives La Presse

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo Les archives du journal La Presse  (cliquer pour agrandir)

On peut voir le fameux "pont des amoureux", avec ses cachettes souterraines; les grandes serres (tout juste au dessus du petit pont); et la maison du surintendant avec son toit à pignon, pres de la rue De La Roche.  Les canots et chaloupes ont débuté leur saison et les badauds, recommencé leurs promenades autour des étangs.

Le parc La Fontaine est un des plus beaux espaces vert de Montréal.  Qu'on soit en 1947 ou en 2012, il est toujours aussi invitant et n'attends que notre présence, à pied ou en bicyclette.  Qu'on soit en costume cravate (comme notre personnage) ou en lycra ajusté, ... notre parc n'est pas regardant!

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16 février 2012

faire son marché rue Mont-Royal

Je prépare actuellement un dossier sur les Steinberg's du Plateau, mais en chemin je voudrais vous parler de cette autre institution de l'est du Plateau.  Dans les années 1950, à la même époque ou s'installe des Steinberg's un peu partout en ville, un "supermarché" nouveau s'installe rue Mont-Royal.  Le super marché Edgar Mailhot installe son "pignon sur rue", angle Parthenais et Mont-Royal.

Si on juge d'apres la photo qui suit, le service à la clientele devait être de premiere classe à cet endroit.  C'est pratiquement incroyable.  Je me souviens aussi que tout jeune, ma mere parlait de ce supermarché et nous habitions rue Christophe-Colomb (c'est comme pas mal loin).  Il devait bien y avoir un petit quelque chose.

(cliquer sur les photos pour les agrandir) 

Supermarché Edgar mailhot

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le commerce demeure à cet endroit jusque vers la fin des années 2000 en devenant, entre autres, une banniere MÉTRO.

Marché Mailhot 2175-2185_Avenue_du_Mont-Royal_(SIMPA 1986)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce Métro déménagera plus à l'est, angle Fullum, dans une installation plus vaste et plus moderne; dans un secteur en plein développement dans l'ancien Village de De Lorimier.  Toutefois, le bâtiment demeure en place et est maintenant occupé par une pharmacie Brunet.  Ils ont fait un beau travail et ont bien respecté l'architecture "tres fifties" du bâtiment d'origine.

Marché Mailhot 046

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À suivre avec Steinberg's

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14 janvier 2012

Déneigement sur le Plateau

Avec toute cette belle neige qui vient de nous tomber dessus, les journaux et les actualités télévisées vont sans doute repartir de plus belle avec la question de la qualité et de la vitesse du déneigement sur le Plateau.  J'ai des p'tites nouvelles pour eux autres.  Ça déjà été pas mal moins vite qu'aujourd'hui!

En se demandant comment ça se passait dans l'temps et en retrouvant certaines photos, on découvre que c'était pas mal différent et on découvre aussi la preuve irréfutable qu'il y avait beaucoup moins de voitures dans ce temps là (forcémment).  Imaginez vous donc s'il fallait déneiger le quartier avec ce genre d'équipement.

Les photos proviennent de Archives de la Ville de Montréal.  Cliquez pour les agrandir.

métiers neige VM94-Z99-1B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons connu les Citroen 2cv et voici maintenant le chasse-neige 2cv.

Ou bien il tombait moins de neige (ce dont je doute; c'était même plutôt le contraire); ou bien on étaient plus patients pour attendre la fin du déblaiement.  Cette patience est disparue je pense!  Elle aura probablement été emportée dans un quelconque chargement de neige. 

Mais comme on n'arrête pas le progres, les chevaux ont dû, à leur tour, céder leur place à la motorisation.

Métiers neige VM94-Z38-1B

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous avouerez que c'est toujours un peu rudimentaire; mais je vous ferai remarquer que notre société a quand même survécue jusqu'à ce jour.  Je dirais même plus que, pour ce qui est de la neige, on craint plus le cataclysme de nos jours que dans ce temps là.  Il faut que la neige disparaisse aussitôt tombée!  Nous ne tolérerons aucune trace blanche au sol; il faut l'enlever vite ou nous la salirons avec nos voitures et ça fera un moins bel effet.  On parle ici de déblaiement; alors qu'en est-il du chargement de la neige?

hiver 1887 déneigement rue Notre-Dame v1577-a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette photo provient du Musée McCord

Que faisait-on avec la neige en ce bon vieux temps de jadis?  On ne parle plus de chargement de la neige seulement apres 15 cm de chute; ou seulement durant la semaine.  On parle d'une fois par année...au printemps.  Y a pas à dire, quand on regarde nos équipes de déneigement aujourd'hui, on peut dire qu'on n'arrête pas le progres.  Vous imaginez-vous déneiger la ville avec des tombereaux et des chevaux; armés de pics et de pelles.

Et pourquoi assurer un si efficace déneigement?  pour pouvoir stationner nos sleighs, nos caleches, et nos 2 cv tout le long de nos trottoirs.

 

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29 décembre 2011

Un château sur le Plateau

Pouvez-vous imaginer pareil château dans le Plateau Mont-Royal? 

Avez-vous une petite idée ou il pouvait bien se retrouver?   Je vous le donne en mille.  (cliquer sur les photos pour les agrandir) 

 HIER-0070 copie

Peut-être avec cet autre indice,...un détail de la photo précédente montrant le rez-de-chaussée?

On peut alors voir qu'il s'agit du cabinet professionnel et de la résidence de la famille du dentiste Ad. L'Archevêque.  Cet édifice absolument époustouflant, était situé angle Christophe-Colomb et Rachel (ou parc La Fontaine si vous préférez).  L'immeuble est imposant et on peut l'apercevoir sur certains clichés présentant des silhouettes du panorama du parc La Fontaine.  La photographie a été fournie par Monsieur Gaétan Sauriol (un membre de la Société d'histoire et de généalogie du Plateau Mont-Royal), dont la famille était apparentée à la famille L'Archevêque.

HIER-0071 

On constate immédiatement que cette architecture se démarque des autres immeubles du quartier.  L'architecte a bien sûr voulu tirer profit du fait que la façade ouest est tres visible depuis l'axe de la rue Rachel;  que l'immeuble profite des généreuses perspectives et dégagements offerts par les dimensions de ce carrefour inhabituel; et que finalement, le vis-à-vis avec la qualité exceptionnelle de l'espace vert offert par le parc de l'autre côté de la rue, afin de produire une architecture qui se démarque.

La présence du cabinet de dentiste, tres fortement exprimée au rez-de-chaussée, ne jure pas du tout avec la facture générale du bâtiment et permet même de mettre en vedette les niveaux supérieurs logeant la résidence.

On remarquera surtout l'escalier monumental, la tourelle d'angle avec ses petites colonettes de granit, le balcon supérieur central formant loggia pour l'entrée principale, et bien sûr l'ouvrage tres élaboré de la tôlerie formant corniches et parapets au toit.  Un oriel, sur la façade Christophe-Colomb, apporte une certaine fantaisie et donne un certain caractere à cette face autrement beaucoup plus sobre.  Le balcon familial, plus privé, situé à l'étage à la droite de la façade, est quant à lui constitué de menuiseries tres finement ouvragées.  C'est un véritable château!

ALORS??

voici le traitement que l'on réservait aux châteaux qui gênaient le développement immobilier au tournant des années 1960.  Peut-on imaginer pareil carnage?

SHGP Maison l'Archeveque

cette photo est de Alfred Bohns (sur son site sur Flickr; album Montréal).

divers 077

Ici on voit l'immeuble qui a remplacé notre chateau.  C'est beau, Hein?

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur la photo suivante, on voit le mur latéral de la caserne 16, à l'angle de Rachel et Christophe-Colomb.  La ville change souvent à notre insu.  Ce fameux zonage "New-Yorkais" des années 1960, n'a heureusement pas fait long feu.  Il aura néanmoins fait quelques dégats en chemin.

divers 078

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20 décembre 2011

Steinberg's dans le Plateau

Voici un autre sujet à se "péter" les bretelles (vous le savez; j'aime ça de temps en temps!).  De quoi s'agit-il?  D'une autre grande invention qui a vu le jour dans notre quartier; le supermarché moderne.

L'empire Steinberg's, qui inventera le concept et donnera ses lettres de noblesse à l'expression "faire son Steinberg", a pris naissance sur le boulevard Saint-Laurent pres de l'Avenue du Mont-Royal.  C'est là que la mère, Ida Roth, a ouvert sa première épicerie, aidée par ses fils.  Par la suite, le premier concept de "supermarché" moderne, a vu le jour avenue du Parc; une invention de Sam Steinberg. 

Le Jean Coutu angle Bordeaux est un ancien supermarché Steinberg's.  L'édifice de Guérin, rue Saint-Denis également.  Plusieurs autres aussi.  Saviez-vous tout ça?

Steinberg's Bordeaux et Mont-Royal années 70

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Steinberg's Mont-Royal et Bordeaux (ghost of steinberg too)

 

 

 

 

 

 

 

 

 cliquez sur les images

Steinberg Bordeaux Mont-Royal mars 1948

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On dit toujours que la communauté juive montréalaise a son origine plus au centre-ville.  L'histoire (trop méconnue) de cette communauté a toutefois des racines importantes et tres significatives dans le Plateau Mont-Royal.  Ça aussi, il faudrait en parler.  Ça viendra!

Pour ce qui est de Steinberg's, je suis à préparer un dossier sur ce sujet fascinant (et tout aussi historique). 

À suivre!

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10 novembre 2011

La parade du Père Noël 1946

À l'approche des fêtes et de la traditionnelle parade du Père Noël j'ai pensé que cette image pouvait réveiller, chez les plus vieux, des souvenirs de jeunesse. 

Lorsque j'ai trouvé cette photo, je n'ai pu m'enpêcher de sourire à la vue de toute cette bonhomie de l'année 1946.  C'est platte, j'aurai manqué cette belle parade du Père Noël que de quelques mois; puisque ma mère m'espérait pour février 47.  Ça ne fait rien! Je me reprendrai plus tard, car les parades du Père Noël furent sacrées, pendant plusieurs années de ma tendre jeunesse.  Je n'en reviens pas avec quelle patience on pouvait attendre le "char" du Pere Noel et dans quel état on pouvait être, lorsqu'on le voyait arriver.  Dans nos vies d'enfants, la parade de novembre était l'événement "social"de l'année. 

Des fois, je trouve bien triste que les enfants d'aujourd'hui semblent avoir perdu cette fascination et cette naiveté que nous avions à cette époque.  Ça ici, c'est de la nostalgie!  Il paraît que ce n'est pas bon de trop en avoir; mais finalement, je pense que ce n'est pas trop grave.

Parc et Mont-Royal-2 1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 cliquez sur la photo pour l'agrandir

IMAGE0035121

Cette section de la parade, ouverte par une bande de joyeuses petites hollandaises (toutes droites sorties de l'image de la boîte de poudre à récurer "Old Dutch"), nous montre les amis Donald le canard, Bugs Bunny, suivis par d'autres personnages de dessins animés qui se retrouvaient au cinéma bien sûr, ou dans les "comic books".  La foule est dense et semble bien s'amuser.  C'est comique de voir l'accoutrement des enfants; j'aurai les mêmes habits quelques années plus tard. 

Les filles ont un petit manteau de drap avec collet de fausse fourrure (souvent très très faux; surtout après le passage à la troisième petite soeur) avec un petit chapeau rond fort coquet; pendant que les garçons, eux, sont attifés d'une espèce d'habit d'aviateur une pièce, avec casque "assorti".  Toutefois, quel que soit l'habillement, ils semblent très enthousiastes à saluer les "p'tites" hollandaises.   Même le policier a son gros manteau long et son képi officiel.  Aujourd'hui, la police aurait son coupe-vent de nylon et son gilet pare-balle (de neige).  Cliquez sur la photo.

Parc et Mont-Royal-22 1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour ceux et celles qui n'auraient pas encore reconnu l'endroit, nous nous trouvons angle Mont-Royal et Avenue du parc.  La parade emprunte le côté de la rue afin de ne pas interrompre le service de tramway.  Je ne sais pas s'il s'agit de la parade du magasin Eaton ou d'une autre.  Mon souvenir était que "LA" parade partait des entrepôts Eaton (angle Mont-Royal et Messier) et empruntait le boulevard Saint-joseph vers l'Ouest (probablement jusqu'à Parc) pour se diriger vers le magasin rue Sainte-Catherine.  Le boulevard Saint-Joseph était bondé de familles nombreuses qui formaient une foule aussi dense et joyeuse qu'à la parade de la Saint-Jean-Baptiste à l'été.

Vous remarquerez les immenses panneaux réclames qui coiffent les immeubles.  Il en reste aujourd'hui quelques-uns sur l'avenue du Parc, mais vous admettrez que l'ensemble est assez impressionnant.  Qui se souvient du KIK Cola avec son goût si particulier?  Qui se souvient du journal "Le Canada"; qu'il faut ..."lire tous les jours".

Parc et Mont-Royal 1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il ne faut pas oublier les nombreux "chars" et surtout les fanfares officielles de toutes les écoles, paroisses, patros, imaginables.  C'était le plus beau samedi matin.

En attendant la parade 2011; sourions à celle de 1946.  Il y a 65 ans.

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14 octobre 2011

La "Main" sera toujours la "Main"

Au tour de Mordecai, avec un autre extrait de ses écrits :

Tiré de  Il était une fois la Main, rude pays des merveilles,     Maclean’s 27 août 1960

« La Main me manquera amèrement, à moi.  Non pas que j’attache une valeur sentimentale à la pauvreté.  Ne vous méprenez pas : ce n’était pas drôle d’être sans le sou et cela ne le sera jamais,  Si je chéris certains souvenirs de la Main(que je préfère à biens des rues plus inoffensives de la classe moyenne), je n’ai pas oublié les enfants rachitiques et les hommes sur les piquets de grève qui frappaient dans leurs mains pour les réchauffer durant les glaciales nuits d’hiver.  Le bon vieux temps, ce n’est surement pas ça.  Je ne voudrais pas non plus, c’est certain, redevenir un enfant de la Main, mais j’en garde aujourd’hui de précieux souvenirs, car ce fut malgré tout le rude pays des merveilles de mon enfance.  Un grand nombre des boutiques et des édifices qui s’y trouvent peuvent paraître anonymes ou horribles aux yeux de certains.  Pour moi, ils garderont une signification particulière.»

 Saint-Laurent et Saint-Cuthbert 1952

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo des archives de la STM  boulevard Saint-Laurent au nord de Saint-Cuthbert  1952  /  cliquer pour agrandir

Cette série de publications de textes de Richler, a donné lieu à quelques commentaires critiques à l'égard du personnage.  Quant à moi, je le connais peu; je ne l'ai pas "fréquenté", et somme toute je m'en fiche un peu.  La lecture de cet extrait me touche malgré tout beaucoup.  Il nous indique comment un lieu urbain peut, en même temps, être chargé de souvenirs négatifs tres lourds; et quand même conserver une force évocatrice fantastique.  Cela montre comment un lieu peut ancrer des souvenirs dans l'esprit de gens qui l'ont cotoyé et qui l'ont habité.  Personnellement, je partage tout à fait ce genre d'émotions à l'égard de mon propre environnement.  Le Plateau; la rue Mont-Royal; la rue Christophe-Colomb; ont forgé mon imaginaire et ma réalité.  Je suis tellement attaché à ce milieu; que toute tentative de l'altérer me touche comme si on tentait de m'altérer moi-même.  C'est pas drôle, hein!    Je regarde cette photo, et je me dis qu'au moment où toute cette activité se déroule rue Saint-Laurent, j'ai cinq ans, juste un peu plus loin dans le quartier; en me promenant sur mon vieux tricycle usagé (que j'adorais pareil), c'était un CCM et c'était mon bolide!  J'en ai promené des amis, debout sur la palette en arriere et les deux mains sur mes épaules.  On en faisait des "rides" autour du bloc. 

Mais revenons à notre extrait de l'écriture de Richler.

Dans les années 60, l’activité commerciale de la communauté juive est encore omniprésente sur le boulevard Saint-Laurent.  Pour eux, c’est la Main.  On y retrouve plusieurs manufactures de confection, des commerces plus domestiques et surtout, beaucoup de restaurants.  On distingue sur la photo (agrandie) la réclame de Moishe’s qui a toujours « pignon sur rue » près de Duluth.  Richler nous indique que la génération montante s’est déjà déplacée plus au nord dans le Mile-End; mais que beaucoup de vieux pionniers demeurent fidèles  à la Main.

 

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