histoire du Plateau Mont-Royal

25 avril 2016

LE NOUVEL ÉDICULE DU MÉTRO MONT-ROYAL

On parle beaucoup du nouvel édicule du métro Mont-Royal qui est attendu avec impatience,  Le réaménagement de la Place Gérald-Godin fait aussi l'objet de discussions enflammées.  Il est aussi question de relocaliser la bibliothèque du Plateau sur le terrain adjacent à l'ancien monastère des Pères du très-Saint-Sacrement de l'autre côté de la rue.  Beaucoup de travail en perspective. 

Mais cela n'est rien comparé aux travaux de construction du métro de Montréal.  La photo montre le chantier de la station Mont-Royal au milieu des années 1960.  Le maire Jean Drapeau a sorti ses travaux herculéens de préparation de l'Exposition universelle de 1967; et des moyens d'y accéder adéquatement en construisant un métro qui fera la fierté des montréalais.  D'ailleurs, les deux projets sont en parfaite symbiose puisque c'est avec la pierre excavée par le percement des tunnels du métro, que l'on construira les îles de l'Expo sur le fleuve Saint-Laurent.  Comme disait justement la chanson de l'Expo...."Un jour, un jour quand tu viendras.... Nous te ferons la fête, sur une île inventée, sortie de notre tête, toute aux couleurs de l'été". 

Mais elle n'est pas facile à sortir cette pierre.  L'accès au tunnel se fait en tranchée et les camions doivent rejoindre les travaux par une pente abrupte.  Alors, la prochaine fois que vous emprunterez l'escalier du métro, essayez de vous imaginer le trajet emprunté par ces camions. 

MÉTRO MONT-ROYAL

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29 mars 2016

commerces de quartier et clientèle fidèle

Depuis quelques temps , les spécialistes s'inquiètent de l'avenir des artères commerciales des quartiers anciens montréalais. Cette photo laisse plutôt deviner l’atmosphère d’une autre époque.  La foule, massée devant le magasin L.N.Messier Ltée, angle Fabre et Mont-Royal, attends les résultats d’une quelconque campagne de marketing de ce grand commerce du Plateau Mont-Royal.  À n’en pas douter, les tirages offrant souvent des prix très alléchants ont encore la cote. 

Ce magasin «départemental» sert alors de phare au succès commercial de l’avenue.  On y retrouve le premier et unique escalier mécanique de l’avenue du Mont-Royal; ce qui lui confère une certaine notoriété et une touche assurée de modernité.  Messier s’est fait connaître entre autres, par ses campagnes de publicité inusitées comme celle de la vente des minis voitures Austin 850, pour la modique somme de 850$.  Le magasin a également offert des bicyclettes 26 pouces, pour 26$.  Mon petit salaire de camelot m'a d'ailleurs permis de m'en procurer une qui pendant plusieurs années a fait ma grande fierté.  Ces bicyclettes venait je crois de Tchécoslovaquie; ce qui a l'époque ne semblait malheureusement pas être un gage de grande qualité.  Pour moi, cela demeurait quand même la plus belle du monde.

Ces années 1950 correspondent à un des âges d’or cycliques de cette grande rue commerciale.  L’annonceur vedette Roger Baulu, adulé du public, est le porte parole du magasin, ce qui lui assure une grande visibilité dans tout Montréal.  L’endroit est aujourd’hui occupé par le commerce l’Aubainerie.

 

Lsource : Fonds J.O. Allard  BAnQ

 

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19 mars 2016

Un chemin de fer incliné

Le Plateau Mont-Royal a toujours recelé des secrets ou offert des activités uniques.  Par exemple, pendant longtemps, l’accès au sommet du mont Royal ne peut se faire qu’à pieds, en empruntant le chemin Olmsted qui serpente sur la montagne depuis les entrées de la rue Rachel et de l'avenue du Parc; ou par celle de la rue Peel et de l’avenue des Pins.  Le chemin est nommé en honneur de Frederick Law Olmsted, l’architecte paysagiste qui traçe les plans de ce magnifique parc montréalais en 1876.  La partie Est du parc déborde alors sur le territoire du Plateau et englobe l’actuel parc Jeanne-Mance.  

Les gens font la promenade à pieds ou grimpent en calèche jusqu’au sommet.  Olmsted a imaginé un concept où il offre au fil de la promenade divers paysages; clairières, boisés, vallées, afin d’agrémenter la randonnée dans le parc et faire ressentir diverses émotions au promeneur.  On est à ce moment bien loin de la ville enfumée et turbulente. 

L’engouement des montréalais pour le mont Royal est tel qu’en 1885 on construit un funiculaire qui amène les gens à un observatoire qui permet d’observer tout l’est de Montréal et d’embrasser du regard toute cette belle petite ville de Saint-Jean-Baptiste et une partie du centre-ville.  Le trajet se divise en deux parties; une qui origine de la rue De Bleury et Duluth, où le visiteur emprunte un premier wagon qui l’emporte sur une voie plutôt horizontale, jusqu’au pied du funiculaire proprement dit.  Le promeneur change alors de «véhicule» et monte dans une cabine à plusieurs niveaux qui grimpe sur des rails à crémaillère jusqu’à l’observatoire.  Le tout est opéré à vapeur et chaque wagon se déplace en synchronisme avec l’autre; celui qui descend entraînant par son poids celui qui monte.  Cette «attraction» est très populaire et permet aux montréalais d’amorcer leur histoire d’amour avec la montagne.  On aime aller sur la montagne pour fuir l’air pollué de la ville, mais surtout pour  admirer le panorama de la métropole.  C’est encore le seul endroit pour ce faire, puisque ce n’est qu’en 1906 que la terrasse du grand chalet de la montagne sera aménagée. 

En 1918, on se résigne finalement à fermer le funiculaire car la structure est devenue dangereuse.  Il sera démoli en 1920, mais le promeneur attentif peut encore voir quelques vestiges de la structure sur les pentes du mont Royal.  La photo suivante montre les restes d'une assise de l'installation du funiculaire.  (cliquez sur les photos pour les agrandir).

vestiges funiculaire du Mont-Royal Gabriel Jacob Asource : photo de Gabriel Jacob sur le site Montreal Then & Now. 

Après sa démolition, ce n’est qu’en 1924 (depuis la Côte-des-Neiges) et en 1930 (depuis l’avenue du Parc) que les montréalais peuvent emprunter le tramway pour grimper à nouveau sur la montagne, sans trop d’efforts.

DSCN6711

La gare du «Incline Railway» qui vous invite au voyage pour 8 sous seulement.  On voit à l’arrière plan le dôme de la chapelle de l’Hôtel-Dieu.

PMR funiculaire BAnQ

SOURCE   BAnQ

Très belle carte postale ancienne colorisée montrant la fin de la première section horizontale du trajet du funiculaire.  On aperçoit aussi les deux cabines ainsi que la plate-forme d’observation au haut de la pente.

 

G-1483funiculaire

Source Archives de la Ville de Montréal

La deuxième section du trajet circule à certains endroits au-dessus du chemin Olmsted.  Un escalier situé tout à côté du funiculaire permettait également aux promeneurs de revenir à pieds.

panorama 1906Source BAnQ 

Panorama vers le Plateau Mont-Royal depuis la plate-forme d’observation du funiculaire.  On voit une foule de détails sur cette photo lorsque vous l'agrandissez.  Entre autres un grand réservoir dans le parc Jeanne-Mance, près de la rue De l'Esplanade, derrière les ailes de l'ange du monument de Cartier.  On peut voir également la villa Piedmont en bas à droite (voir "des chateaux sur le Plateau")

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26 février 2016

"Une banque historique sur l'avenue du Mont-Royal"

Quand j’étais petit, j’ai déjà été le petit garçon le plus riche du monde !  J’avais même mon propre coffre-fort !

 En fait, mon père m’avait offert une petite tirelire en métal, prêtée par la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal.  Pour moi, elle semblait très solide et surtout, très sûre ; avec ses véritables clefs et sa lourde porte.  On ne parle pas ici d’un vulgaire cochon rose en plâtre ; qui doit être finalement sacrifié pour obtenir le fruit de nos économies ; Non, Non !  Un véritable coffre-fort, avec une clef qui permet des retraits et une gestion avisée de notre gros 6.75$ ; bien sûr avec l’aide du parent détenteur de la fameuse clef.

 

DSCN6922

 

En fait, voici la véritable pièce de collection (photo d'Ange Pasquini)

coffre-fort 2

 

J’avais malgré tout l’impression d’être vraiment riche.  Parfois, mon grand-père me donnait en cadeau, un grand cinquante sous rond ; une roue de «gros chars» comme il disait.  Alors là, c’était le comble du ravissement, d’entendre le bruit sourd de la pièce qui tombe dans la tirelire.  C’était probablement ce genre de plaisir, qu’entretenait le Séraphin des «Belles Histoires».  Mais, pour un enfant de cinq ans ; c’est quand même pas très inquiétant !

Ces souvenirs me ramènent plus de soixante ans en arrière et bien que la banque s’appelle maintenant «la Banque Laurentienne», c’est toujours la même institution ; la succursale est toujours au même endroit et elle a fait récemment les frais d’une rénovation en profondeur.  Pour moi, c’était même le troisième décor de cette succursale que je voyais.  Ce n’est pas banal.  Comme je conserve toutes sortes de choses (et que mes parents faisaient de même avant moi) j’ai retrouvé dans mes vieilles boîtes pleins d’articles reliés à cette banque.  Cela m’a donné l’idée de leur proposer que notre société d’histoire organise dans la succursale, une petite vitrine-exposition afin de marquer l’inauguration de leurs nouveaux locaux.  J’avais différents artefacts illustrant les opérations de cette banque (carnets bancaires, chèques anciens, cartes de guichet, etc.) et je pensais intéressant que notre société montre ça aux gens du quartier.

Il faut dire que cette succursale bancaire est la plus ancienne de l’avenue du Mont-Royal ; même si elle est maintenant la plus moderne !  Elle existe au même endroit depuis plus d’une centaine d’années.  L’histoire de l’institution elle-même n’est pas banale non plus puisque que c’est à l’instigation de Monseigneur Bourget lui-même, que différents hommes d’affaires montréalais, dont plusieurs notables du quartier, ont mis sur pied cette institution de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal ; qui visait prioritairement à promouvoir l’épargne chez les francophones montréalais.  Outre de grands noms comme Louis-Joseph Papineau, Louis-Hippolyte Lafontaine ou Georges-Étienne Cartier ; on retrouvait parmi les fondateurs ou directeurs ; les noms de Boyer, Comte, Fabre et même le docteur Pierre Beaubien de Saint-Louis du Mile-End.

La Banque Laurentienne ayant préféré décliner notre offre (nous aurions quand même bien aimé entendre tomber quelques «roues de gros chars» dans notre maigre budget ; mais ce sera pour une autre occasion), nous pensions qu’il serait malgré tout intéressant de verser les photos et quelques explications à notre site internet ; pour le bénéfice de ceux qui aiment se rappeler de vieux souvenirs.

Voici donc quelques éléments de cette petite collection.

 

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Tout d’abord, les vieux carnets du grand-père ; ainsi qu’un chèque datant de 1920 ; versé sur l’hypothèque de la maison qu’il avait achetée quelques années plus tôt, rue Christophe-Colomb.

 

 

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Des chèques rédigés dans la langue de Shakespeare

 

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Des livrets presque "Flower Power"

 

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À cette époque, la banque est une institution importante et le «gérant de banque», un homme encore plus important.  À cette époque, les banques ne courent pas après les clients pour leur prêter de l’argent ; c’est plutôt le contraire !  Le gérant à droit de vie ou de mort sur l’emprunt ; d’où l’importance de son statut. 

Les opérations bancaires étaient également fort différentes d’aujourd’hui.  Toutes les opérations s’effectuaient en personne et toutes les transactions étaient inscrites manuellement, à la plume, par le caissier, dans le carnet de l’épargnant et dans le «grand ledger» de la banque.  Par la suite, des «machines» sont venues prendre charge des écritures.

 

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Plusieurs années plus tard, l’arrivée de l’électronique et de l’internet est venue transformer le monde bancaire et les façons, pour les clients, de faire affaires avec la banque.  L’apparition des caissiers automatiques a par la suite facilité l’accès à l’argent à toutes heures du jour et a finalement transformé les clients en «caissiers virtuels».  Les reçus de guichet et les relevés électroniques ont depuis remplacés les livrets.

 

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Ces livrets ont aussi revêtus de nombreux habillages au fil du temps.  Bien sûr, pendant un long moment, la banque s’est appelée la «Montreal City and District Savings Bank» ; mais elle fut surtout connue sous le nom de «Banque d’Épargne», avant de devenir la Banque Laurentienne.

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C’est assez intéressant de penser qu’un emplacement commercial de l’avenue du Mont-Royal puisse demeurer aussi longtemps au même endroit et continuer d’exister malgré autant de changements dans son fonctionnement et dans son environnement d’affaires.  Entre Monseigneur Bourget et aujourd’hui, il en est passé des «trente sous» dans les caisses de cette banque.

 

En passant ; j’ai toujours ma petite tirelire et je la trouve toujours «impressionnante»

 

 

 

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08 février 2016

"Vous êtes trop jeunes pour prendre le métro"

Le métro de Montréal reçoit cette semaine ses premières voitures "Azur".  Cela nous rappelle aussi que le métro, inauguré en 1966, fête son demi-siècle d'existence.  En 1957, ces petites filles ne peuvent pas encore prendre le métro; mais c'est pour la simple raison qu'elles ne sont pas assez vieilles, puisque le métro ne sera construit que 10 ans plus tard. 

caisse populaire St-Sacrement 1957 B photo Claude Décarie

La scène se déroule angle de l’avenue du Mont-Royal et de la rue Berri.  La construction du premier édifice de la Caisse populaire du Saint-Sacrement, à droite de la photo, se termine à peine et les rails du tramway sont toujours visibles, puisque celui-ci ne cesse de circuler à Montréal qu’en 1959.  L’édifice de gauche fait partie du sanctuaire du Saint-Sacrement et il est toujours debout.  La construction du métro obligera la démolition de plusieurs maisons des rues Berri et Rivard; ainsi que celles des commerces voisins de la Caisse sur Mont-Royal.  Ce n’est qu’au début des années 1990 que cette dernière déménagera dans l’édifice de l’ancien « Mont-Royal Barbecue » ou elle se trouve toujours.  On amorce alors l’aménagement de ce qui deviendra en 1996, la Place Gérald-Godin et le cœur vibrant de l’avenue du Mont-Royal.

On parle actuellement de repenser l'aménagement de la Place et éventuellement de relocaliser la bibliothèque du Plateau Mont-Royal dans le terrain de stationnement du monastère.  Beaucoup de changements en vue.

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08 décembre 2015

«UN PETIT HÔPITAL....OUI, MAIS C'EST POUR LES PETITS ENFANTS»

Lors de sa création en 1907, l’hôpital Sainte-Justine pour les enfants s’installe sur la rue Saint-Denis près de la rue Roy.  Les douze petits lits du début font rapidement défaut et il faut trouver plus grand.  Il déménage alors, en 1908, dans cette maison de la rue De Lorimier au sud de la rue Rachel. 

Sainte-Justine rue De Lorimier

source : archives de l'hôpital Sainte-Justine

Innovateur pour l’époque, l’hôpital est une création du docteur Irma Levasseur et de Dame Justine Lacoste-Beaubien, qui en dirigera les destinées jusque dans les années 1960.  Dans la première décennie du XXème siècle, le quart des nourrissons montréalais décédaient dans leur première année de vie; il y avait urgence.  Ce deuxième immeuble est aujourd’hui démoli et c’est l’école Saint-Joseph qui occupe les lieux.  Cette villa dite « à l’italienne » possèdait une «jumelle» qui elle existe toujours, un peu plus au nord.  Cette maison s'appelle «la Maison Henriette Moreau» du nom de l'épouse d'un des frères Lionnais; promoteurs immobiliers du Village de DeLorimier.  L’école l’a d’ailleurs récemment intégré à ses installations en y aménageant sa bibliothèque. 

Sainte-Justine quittera le quartier en 1914 pour déménager sur  Saint-Denis angle Rosemont; et plus tard sur la Côte Sainte-Catherine.

La maison ayant servie d'accueil à l'hôpital Sainte-Justine apparaît sur cette autre illustration de 1901, avec la mention «résidence de l'échevin Jos. Brunet».

On se rappelle que la Ville de De Lorimier est finalement annexée à Montréal en 1909.  Nul doute que cette petite municipalité, avec sa couverture arborée si remarquable, qui faisait la beauté de ses rues, devait être vraiment magnifique.

Une petite note en terminant.  Elle s'adresse aux bricoleurs et aux "rénovateurs".  J'aimerais qu'ils prennent un moment afin de considérer la somme de travail que réclamait ce foisonnement de boiseries et corniches à peindre.  Cela montre bien la différence de perception de la notion de temps entre notre société actuelle et la société "victorienne" qui, semble-t'il, n'était pas très chiche de son temps.  C'est d'ailleurs malheureusement ce luxe de détails nécessitant un entretien soutenu qui a fait le plus mal à notre magnifique patrimoine architectural du Plateau.  Heureusement il en reste encore; et il est important d'en prendre soin.

Hôpital Sainte-Justine EZ Massicotte

 

source : BAnQ / Fonds Massicotte

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17 août 2015

Le magasin Charles Beauchesne

Un lecteur du blog, Monsieur Jean Joly, m'a fait parvenir un courriel présentant le commerce familial tenu par son grand-père.  Je vous le communique ci-après.

"Il s'agit d'une épicerie et d'une boucherie que Charles avait achetées d'un monsieur Gauthier, le 5 avril 1907 et dont il avait pris possession le 1er février 1907. L'ensemble aujourd'hui disparu faisait 70 pieds de front sur 72 de profondeur. Une ruelle encore présente bornait l'arrière des lots, parallèlement à la rue Drolet. 

Le magasin occupait les lots 15-664, 665, 666 et la moitié sud-est de 667, le tout situé au coin nord-est de l'intersection des rues Drolet aux numéros civiques 541 à 547 et Marie-Anne aux numéros civiques 285 à 291. L'ensemble comprenait aussi les logements situés au-dessus du commerce qui étaient entièrement occupés par la famille. Au recensement de 1911, la famille comptait 11 enfants vivants. Une servante (Angèle Chatelle) logeait aussi avec la famille.

 

marché Beauchesne a-728x485 copy

La boucherie, visible sur cette photo, avait son entrée sur la rue Marie-Anne. On y vendait aussi des oeufs et du fromage. Sur le trottoir en plein centre de la porte se tient la caissière. Charles est debout à notre gauche, devant la vitrine annonçant "Blue Ribbon Tea". L'employé à droite de la porte, le plus grand des deux est monsieur Vermette.

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On peut voir sur la rue Drolet à gauche les portes d'entrée du vaste logement avec un enfant qui se tient à la fenêtre. Le père de Charles, Joseph Beauchesne dit Racine, se tient près de la porte de l'épicerie. Au premier plan, le livreur assis dans le camion du magasin.
Joseph venait en train de Saint-Anicet pour rendre visite à son fils. Il fut secrétaire-trésorier de Saint-Anicet de 1911 à 1924. Il y décèdera en 1935, à l'âge de 92 ans. Il portait une longue barbe noire et un chapeau un peu particulier.
Charles décède le 22 février 1917. Il lègue tout à son épouse Alexina. Cette dernière décède à son tour le 11 février 1919. Son frère Philias agira comme tuteur des enfants Beauchesne. Le commerce de la rue Marie-Anne continuera d'opérer mais les affaires seront plus difficiles. Dans le logis familial, ce sont les enfants plus âgés qui prennent soin des plus jeunes.
Le 1er mai 1925, l'oncle Philias, alors unique propriétaire, vend le tout à Benjamin Décarie, un bourgeois de la Côte-Saint-Antoine.
Suite à plusieurs autres transactions sur les immeubles de Charles et sur d'autres de la rue Drolet, le tout sera finalement démoli vers 1973 pour faire place à un grand stationnement.

Par Jean Joly

Voilà ce qui nous reste maintenant de ce patrimoine bâti...

beauchesne

 

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05 juin 2015

Une vie à couper des cheveux

L'emplacement de l'actuel coiffeur "Bobby Pin" de la rue Laurier ...en 1972. On traverse le temps, mais...toujours des cheveux et toujours des affiches "À vendre".

Pour ceux qui s'en ennuient, on peut aussi voir le reflet du "Dairy Queen" dans la vitrine (qui deviendra le chic "Vincent" un peu plus tard). On distingue aussi Madame Landriault, assise sur la chaise, qui semble attendre les clients aussi patiemment que son mari.

Photo d'Alain Chagnon, depuis "Images du québécois 1972-1984" et depuis Photos de Montréal et scènes urbaines.

alain Chagnon 1972 Images du québécois

source : Alain Chagnon "Images du québécois" 1972-1984

 

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26 mars 2015

On fête à Fletcher's field

À une certaine époque, les montréalais sont vraiment impatients que l’hiver arrive.  On ne subit pas encore les problèmes de stationnement ou du chargement de la neige.  La semaine de travail est dure mais quand arrive le temps de s’amuser on ne donne pas sa place.  À la fin du XIXème siècle, Montréal avait son fameux carnaval d’hiver qui rayonnait même, jusqu’aux États-Unis.  Habituellement installé au square Dominion, il se déplace en 1909 au parc Jeanne-Mance, alors appelé «Fletcher’s Field».  Le palais de glace est installé du côté ouest de l’avenue du Parc, à côté du funiculaire de la rue Duluth.  La clôture du carnaval est l’occasion d’une fête grandiose où les clubs de raquetteurs s’affrontent amicalement; les uns pour défendre le palais et les autres pour l’attaquer, en s’y rendant en grande procession depuis la montagne.  Le tout se conclut par un feu d’artifice multicolore qui ravit la foule.  La raquette est alors le sport d’hiver le plus pratiqué par les montréalais et fait l’objet de plusieurs compétitions très sérieuses lors du carnaval.

 

palais de glace Montréal 1909 2 Capauxdiamants

 SOURCES : BAnQ

 

palais de glace 1909 fletcher's field

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11 mars 2015

Le boulevard Saint-Joseph d'une autre époque

L'hiver 2014-2015 aura été fort éprouvant pour les conduites d'eau de plusieurs rues du Plateau.  Une conduite d'eau de quelques dizaines de centimètres de diamètre qui gèle et qui éclate par moins 40 degrés; ça fait un beau dégat.  En janvier, le bris d'une conduite importante du boulevard Saint-Joseph, près de Berri, a causé une inondation sur plusieurs rues des environs.

Mais notre beau boulevard Saint-Joseph a déjà connu des jours plus calmes.  Cette photographie du début des années 1940 nous le montre, angle Henri-Julien, dans ses beaux atours d’été.  On note immédiatement les alignements d’arbres matures qui offrent un ombrage bienfaisant pour les piétons.  Plus loin, les arbres laissent place à un généreux terre-plein gazonné et planté d’arbustes.  Ce qui explique cette différence est le fait que la rue Henri-Julien est en réalité la frontière entre Ville Saint-Louis et le village de Coteau Saint-Louis, lequel deviendra plus tard le quartier Saint-Denis.  En 1905, c’est l’architecte et ingénieur J.E. Vanier qui propose à Ville Saint-Louis de transformer la rue Saint-Joseph en boulevard de prestige, le premier à Montréal.  On se rappelle qu’à l’époque c’est la troisième ville en importance au Québec.  

boulevard Saint-Joseph et Henri-Julien vers 1940 copie

 source BAnQ

Montréal prolongera ensuite, en diverses phases, le boulevard vers l’est, mais sans les arbres cette fois. L'allure n'était quand même pas négligeable et l'ensemble donnait réellement une impression d'envergure; d'espace très aéré.

boulevard Saint-Joseph V de M

source : Archives de la Ville de Montréal

Le quartier Saint-Denis était représenté par un échevin assez extraordinaire, en la personne du notaire Jos. Marie Savignac.  La Famille Savignac habitait sur le boulevard Saint-Joseph angle De La Roche et l'échevin de l'équipe de Camillien Houde, longtemps président du Comité Exécutif de la Ville de Montréal, était particulièrement fier de la magnificence du boulevard.  Il défendit son intégrité pendant toute sa présence dansl'administration municipale.

Cette voie sera finalement élargie au début des années 1960, au moment du départ de Monsieur Savignac de la vie politique. 

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