histoire du Plateau Mont-Royal

01 décembre 2016

La terrain des Expositions à Fletcher's field

Très beau panorama du terrain des Expositions qui se tenaient annuellement dans ce grand espace relié à Fletcher's field.  La numérotation passe en revue différents éléments de cette manifestation.

terrain des expositions

 La source de la photo est inconnue.  Faussement attribuée à Notman selon le Musée McCord


1. Palais de Cristal
2. Institut des sourds-muets, des Clercs de Saint-Viateur, rue Saint-Dominique.
3. Église de Saint-Enfant-Jésus-du-Mile-End (premiere version par Victor Bourgeau) avant la réfection de sa façade en 1902 par l'architecte Joseph Venne..
4. Providence du Saint-Enfant-Jésus (1874)
5. Passerelle enjambant la rue Mont-Royal afin de relier la partie au sud qui s'était ajouté au terrain original avec les années..
6. Avenue du Mont-Royal
7. Rue Bleury (du Parc)
8. chemin Olmsted; aménagé en 1876 par Frederick Law Olmsted, l'architecte de paysage, concepteur de Central Park à New-York.
9. Petite maison apparaissant aussi dans une photo de 1910 sur envoi http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2007/01/18/3735147.html

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16 novembre 2016

Les dispensaires Goutte de lait

Au début du XXème siècle à Montréal, le commerce du lait relève plus des lois du Far-West que de règles sanitaires convenables.  Plusieurs entrepreneurs s'inventent laitiers et tous n'ont pas la rigueur qu'exige la traitement de cet aliment fragile.  Les ménages ne peuvent compter que sur les petites glacières domestiques afin de conserver leur lait.  Le transport, la manutention et l'entreposage des bidons de lait n'est pas garant de sa bonne qualité.  Ajoutons à cela que la pasteurisation du lait n'est pas encore obligatoire à Montréal et vous avez les conditions parfaites pour générer de sérieux problèmes.  D'ailleurs, à cette époque, un nourrisson montréalais sur quatre décède dans sa première année de vie. 

Sainte-Justine goutte de lait 1912 arch

 source : Archives de l'Hôpital Sainte-Justine

 C'est ce qui incitera la docteure Irma Levasseur, première canadienne-française à obtenir son diplôme de médecine, à créer avec d'autres femmes l'hôpital Sainte-Justine en1907.  Après une année sur la rue Saint-Denis, l'hôpital déménage avenue De Lorimier au sud  de Rachel.  Vers 1910, on souhaite apporter une solution à ce problème du mauvais lait en créant les "Gouttes de Lait".  Véritables CLSC avant la lettre, ces dispensaires offriront pour un coût minime, ou même gratuitement, un lait de qualité.  Les mères y sont aussi invitées afin de recevoir des conseils sur les soins à apporter aux nourrissons et aux enfants.  Cette belle photo (tout de même un peu scénarisée) nous montre cette distribution de lait dans un logement en face de l'hôpital.  On peut également admirer les belles boiseries victoriennes de l'escalier qui mène aux étages.  Ce n'est que plus tard, avec l'utilisation de l'acier pour leur fabrication, que nous verrons apparaître les fameux escaliers courbés si typiques de Montréal.

 

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29 octobre 2016

Le "jeune" boulevard Saint-Joseph

Mais où sont donc passées toutes les automobiles?  C'est pas compliqué, elles n'ont pas encore été inventées.  Au début du siècle dernier, le "nouveau" boulevard Saint-Joseph est une des plus belles avenues de Montréal.  Dans la foulée du mouvement urbanistique américain "city beautiful", né dans les années 1890-1900, la ville de Saint-Louis (du Mile-End) se dote d'un aménagement urbain inédit à Montréal. 

boulevard Saint-Joseph

source : livre Montreal North End / Archives Ville de Montréal

 

Il sera repris peu de temps après par la toute jeune municipalité de Maisonneuve dans l'Est de Montréal.  L'initiateur de cet espace de qualité est l'architecte et ingénieur Joseph Émile Vanier, qui agit comme "responsable" des choses urbanistiques de Saint-Louis.  Vanier oeuvre aussi ailleurs dans le quartier, où il est entre autres responsable de la conception de la deuxième église Saint-Jean-Baptiste (1903) rue Rachel.    

Dans cette photographie captée vers 1905, le spectateur se retrouve angle St-Dominique et regarde vers l'ouest.  Nous sommes au coeur même du noyau civique de cette petite ville.  A droite, on aperçoit le parc Lahaie et, plus loin, le boulevard St-Laurent.  La caractéristique principale de ce lieu réside dans le large terre-plein avec sa double rangée d'arbres et sa promenade centrale.  On imagine mal aujourd'hui se promener au centre du boulevard St-Joseph.  Toutefois, à cette époque, les promeneurs n'étaient distraits que par le passage des voitures à chevaux.  La vie suit alors un rythme plus calme que maintenant. 

Le terre-plein planté d'arbres cesse à Henri-Julien, frontière est de la ville.  Il sera poursuivi plus loin par Montréal mais ne sera que gazonné et planté d'arbustes.  Cela prendra plusieurs décennies avant que ce grand boulevard ne soit complété.  Le beau terre-plein disparaît en 1961 lors de l'élargissement du boulevard.  Il faut se rappeler que cet aménagement a persisté tout ce temps grâce aux efforts et à la perspoicacité du conseiller Jos.-Marie Savignac qui l'a défendu bec et ongles jusqu'à son départ de la politique en 1961

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21 octobre 2016

“Le marché Saint-Jean-Baptiste”

On a déjà parlé du premier marché Saint-Jean-Baptiste, construit vers 1870 à l'angle nord-est du carrefour Rachel et Saint-Laurent.  Ce vieux marché desservait la population de la petite ville de banlieue qu'était alors Saint-Jean-Baptiste (1861-1886). 

Boulevard Saint-Laurent hiver 1952 c angle Rachel copie

photo des Archives de la Ville de Montréal

Au tournant du 20ème siècle, cet équipement municipal est toujours très important pour la population puisqu'il s'agit encore de l'endroit où le choix est le plus grand et où la fraîcheur est toujours au rendez-vous.  Mais l'usure du temps, et l'obligation de mettre au travail les chômeurs de la Grande Crise des années 1930,  fera en sorte que la Ville de Montréal remplacera son vieux marché par un tout nouveau en 1933.  C'est ce marché "neuf" que nous voyons sur cette photographie de 1952.  Avec son expression architecturale d'inspiration Art Déco il est vaste et loge des boucheries, des poissonneries et bien sûr, les étals des maraîchers qui offrent leurs fruits et légumes à l'extérieur sous le grand abri.  À la fin des années 1950, les petites épiceries sont maintenant répandues un peu partout dans le quartier et l'engouement pour le marché public disparaît peu à peu.  La mode des supermarchés modernes signera l'arrêt de mort du marché et il sera finalement démoli en 1966.  C'est aujourd'hui le parc "Des Amériques" qui occupe les lieux.  Que nous révèle cette photo?  On constate que la circulation automobile sur le boulevard Saint-Laurent est à double sens et qu'il y a toujours des tramways.  Outre le marché, les bâtiments que l'on y voit sont toujours debout.  Pour ce qui est de la neige, de la gadoue et des manteaux d'hiver, c'est toujours d'actualité aujourd'hui; et ça ne devrait plus tellement tarder maintenant !

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15 octobre 2016

"Le Jardin Botanique du Plateau "

Cette photographie des années 1900 nous montre les grandes serres du parc La Fontaine où la Ville de Montréal produit toutes les plantes ornementales qui seront ensuite distribuées afin d'enjoliver les grandes places de la cité avec l'arrivée de l'été. 

Parc La Fontaine vers 1909 - 1

Ces serres ont été construites originalement en 1865 au Square Viger, et par la suite, démontées et reconstruites au parc La Fontaine en 1889.  Fabriquées de fonte et de verre, elles sont immenses, mais également très élégantes.  Elles sont à cette époque situées approximativement à l'endroit où est érigé aujourd'hui le monument de Dollard Des Ormeaux.  C'est véritablement l'ancêtre du Jardin Botanique qui lui, sera construit en 1930, dans la foulée des grands travaux de la Crise.  Le responsable du parc et des serres, Monsieur Émile Bernadet, fera vivre cet espace avec passion pendant plusieurs décennies.  Il habite d'ailleurs avec sa famille pendant toute cette période dans une "maison de fonction", dirait-on aujourd'hui, construite près du carrefour Rachel et De la Roche.  La petite histoire raconte même que pendant de nombreuses années, le seul bananier à pousser au Canada se trouvait ici-même dans les serres du parc La Fontaine.  À l'arrière, se trouvait un petit zoo où l'on retrouvait un ours brun, des renards et quelques autres animaux plus ou moins exotiques.  Leurs conditions de vie étaient douteuses mais ils composaient une attraction particulière à ce grand parc.  Dans les années 1950, Monsieur Claude Robillard, le directeur du nouveau service des parcs décide le réaménagement complet du parc.  Les serres, la maison du surintendant, le pont des amoureux sont démolis pour faire place à la modernité.  Le Jardin des Merveilles sera construit en 1958 et le parc accueillera aussi le Théätre de Verdure et le nouveau chalet restaurant

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23 septembre 2016

Création de plusieurs centaines d'emplois dans De Lorimier

Ames, Holden, McCready

                           source BAnQ fond Massicotte     (cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Cette chronique est parue dans le journal "Le Plateau" du 23 septembre 2016

En 1902,  au  moment de son installation sur l'avenue du Mont-Royal, la compagnie James McCready & Co. est le plus important fabricant de bottes et chaussures au Canada.  La compagnie possède des usines dans plusieurs grandes villes canadiennes.  Fondée en 1867 dans le Vieux-Montréal, l'entreprise se déplace en 1902, avec des centaines d'emplois, vers la petite ville de De Lorimier.  Les nouvelles installations occupent l'ilôt Mont-Royal, Fullum, Gilford et Messier.  La municipalité n'existe que depuis 7 ans et on peut penser que l'administration du maire Christophe Messier a consenti de bonnes conditions afin d'attirer tous ces emplois.  Cela garantira d'ailleurs un "boom" important au développement immobilier subséquent de De Lorimier.  Également, la construction simultanée des "shops" Angus, avec ses 12 000 emplois, vient appuyer cet effort dans De Lorimier, bien qu'ils auront un impact majeur pour Rosemont.  On distingue d'ailleurs les cheminées des usines Angus dans le haut de l'illustration.  En 1905, la compagnie prends le nom de Ames, Holden, McCready & Co. et élargit sa production de caoutchouc pour produire des bottes et des pneus.  À la fermeture de l'usine, c'est le magasin Eaton's qui se porte acquéreur des bâtiments pour en faire un immense entrepôt.  Dans les années 1950, le célèbre défilé du Père Noël du grand magasin est préparé à cet endroit et parcours le boulevard Saint-Joseph dans sa route vers le centre-ville.  Après la démolition des bâtiments le site est occupé par un grand concessionnaire automobile et actuellement par un complexe résidentiel et un supermarché.  La petite ville de De Lorimier, créée en 1895, ne ménageait pas ses efforts et  se voulait exemplaire dans son développement.  Elle est finalement annexée à Montréal en 1909.

 

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09 août 2016

Un beau petit village au coeur de la ville

 

Mais dans quel coin du Québec peut-on visiter ce beau petit village?  Oh! Il ne suffit pas d’aller bien loin; vous pouvez même y aller à pied. Rendez-vous rue Berri, près de la rue Boucher, et vous pourrez encore admirer la belle demeure de pierre visible au centre de la photo. Quelques autres maisons de cette époque, surtout celles faites de maçonnerie, existent toujours dans le secteur. Sur cette photo vers 1950, nous sommes au coeur de l’ancien Village de Coteau-Saint-Louis (qui a été créé en 1846 et annexé à Montréal en 1893). Les petites maisons de bois, avec leurs lucarnes et leurs toits à deux versants, sont malheureusement aujourd’hui disparues, sauf une toute dernière rue Lagarde. Elles logeaient les carriers travaillant à extraire la pierre calcaire de la grande carrière Dubuc, sous l’actuel parc Laurier. Ces pierres ont servi à construire plusieurs édifices du Vieux-Montréal; mais surtout dans le Plateau, avec toutes ces façades de pierres grises que l’on retrouve sur nos rues.  Un beau petit village

Village Côte-Saint-Louis A Edgar Gariepy BAnQ copie copy

Source : BAnQ; fonds Edgar Gariepy

 Société d’histoire du Plateau Mont-Royal www.histoireplateau.org

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11 juillet 2016

L.N. Messier avenue du Mont-Royal

Il y a quelques temps, j'ai inscrit un message rappelant quelques éléments de ce grand commerce de l'avenue du Mont-Royal.

Dans les messages du blog, un monsieur Poirier-Defoy m'a contacté et raconté quelques pages de se propre histoire avec L.N Messier.  Son message est à la fin de cette page.  Je reprends ici le message original.

Depuis quelques temps , les spécialistes s'inquiètent de l'avenir des artères commerciales des quartiers anciens montréalais. Cette photo laisse plutôt deviner l’atmosphère d’une autre époque.  La foule, massée devant le magasin L.N.Messier Ltée, angle Fabre et Mont-Royal, attends les résultats d’une quelconque campagne de marketing de ce grand commerce du Plateau Mont-Royal.  À n’en pas douter, les tirages offrant souvent des prix très alléchants ont encore la cote. 

Ce magasin «départemental» sert alors de phare au succès commercial de l’avenue.  On y retrouve le premier et unique escalier mécanique de l’avenue du Mont-Royal; ce qui lui confère une certaine notoriété et une touche assurée de modernité.  Messier s’est fait connaître entre autres, par ses campagnes de publicité inusitées comme celle de la vente des minis voitures Austin 850, pour la modique somme de 850$.  ( ICI J'AI FAIT ERREUR, VOIR LE MESSAGE DE MONSIEUR POIRIER-DEFOY PLUS BAS ) Le magasin a également offert des bicyclettes 26 pouces, pour 26$.  Mon petit salaire de camelot m'a d'ailleurs permis de m'en procurer une qui pendant plusieurs années a fait ma grande fierté.  Ces bicyclettes venait je crois de Tchécoslovaquie; ce qui a l'époque ne semblait malheureusement pas être un gage de grande qualité.  Pour moi, cela demeurait quand même la plus belle du monde.

Ces années 1950 correspondent à un des âges d’or cycliques de cette grande rue commerciale.  L’annonceur vedette Roger Baulu, adulé du public, est le porte parole du magasin, ce qui lui assure une grande visibilité dans tout Montréal.  L’endroit est aujourd’hui occupé par le commerce l’Aubainerie.

L

Voici le message laissé par Monsieur Poirier-Defoy le 10 juillet 2016:

"d'abord merci pour ce beau recueil sur le Plateau.

J'y suis né en 1947 au 1457 Marie-Anne. Ma famille a travaillé chez L.N. (Louis-Napoléon) Messier au 1470 Mont-Royal, dont surtout ma tante, Clémence Belhumeur, qui a dirigé plusieurs départements et plus précisément le personnel pendant plus de 30 ans. Le directeur général était un monsieur Riendeau. Roger Baulu était effectivement le porte-parole et les ventes du Vendredi 13 attiraient des foules énormes. Messier était surnommé Le Petit Morgan et fut le premier magasin a vendre de la fourrure synthétique, le Borg dans les années 50.
J'ai d'abord fait les très populaires parades de mode lorsqu'enfant (premier communiant) avant de conduire l'ascenseur (!), vendre des disques, être caissier ou gérer la réception plus tard. Vers1962, Messier décida de vendre des Austin 850. la garage était au 4584 Papineau au nord de Mont-Royal. Elles se vendaient 1295 $ ( et non 850 comme on le rapporte) mais pour 8.50$ comptant et 8.50$ par semaine !
Messier fut aussi à l'origine de Ti-Coq Volant B-B-Q sur la rue Laurier. On voulait alors concurrencer St-Hubert, évidemment. Vers 1965, des ennuis financiers causés par l'automobile et le poulet, ont entrainé la faillite de Messier, rachetée par A.L. Green (Greenberg).
Mes parents ont aussi eu un restaurant de 1948 à 52, au 1914 Gilford, coin de Chabot, sud-ouest, alors qu'il y avait l'Épicerie Sureau qui existe toujours, coté sud-est,.
Puis un dépanneur au 4247 Chambord, près de Marie-Anne dans les années 60.
au plaisir,

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17 juin 2016

Les véhicules électriques ...c'est pas nouveau !

Les voitures électriques sont en vedettes par les temps qui courent.  Pourtant, déjà au XIXème siècle, la plupart des déplacements urbains étaient mus par l'électricité;  on comptait par millions les passagers des tramways montréalais.  Cette image de 1949 montre la rue De La Roche vers le nord depuis la rue Rachel.  

1949 Trolleybus, rue Rachel, coin Du-Parc-Lafontaine, Archives de la Société de Transport de Montréal, 3-949-006 - Copie

Une nouveauté de l'époque, le "trolleybus", est la version moderne du tramway qu'il s'apprête d'ailleurs à détrôner bientôt.  Il a été mis en service en 1937.  Le dernier tramway quittera nos rues en 1959.  Par ce matin frisquet, la circulation est intense rue De La Roche puisqu'on y voit aussi un de ces nouveaux autobus, ainsi qu'un  cheval qui regagne son écurie ou qui s'apprête à commencer sa journée de travail.  Il faut se rappeler qu'au début des années 1950, la distribution du lait et celle du pain se font toujours avec des voitures tirées par des chevaux.  La petite station-service a été remplacée par un édifice résidentiel de condominiums, ainsi que les petits bâtiments de deux étages en bordure de la ruelle.  Ces derniers faisaient étalage de magnifiques boiseries et corniches; et les façades étaient surmontées de belles mansardes d'ardoises.  Les édifices avaient été transformés en restaurants il y a plusieurs années, dans un mouvement de spéculation afin de transformer la rue De La Roche en un lieu de restauration rapide comme Prince-Arthur et Duluth, qui connaissaient alors une popularité extraordinaire.  La pression populaire fit finalement stopper le projet. 

Vous remarquerez sur le poteau à gauche de la photo, le signe de la "Commission de transport de Montréal" (une croix encerclée) ainsi qu'un panneau de stop.  Les feux de circulation ne sont pas encore installés.

Le paysage architectural et les moyens de transport changent mais l'électricité est toujours là...ça doit être une bonne idée.

 

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07 juin 2016

C'est la grande messe de l'auto

Tout le monde le sait, l’automobile fait bien jaser dans le quartier !  On discute avec vigueur de la place que prennent les véhicules sur nos rues.  Où stationner toutes ces autos?  Est-ce un droit?  Est-ce un privilège? 

Toujours est-il que l’auto est bien débrouillarde et se trouve toujours un petit coin pour se loger.  Mais quand même, c’est parfois discutable comme dans notre exemple sur la rue Saint-Laurent.  Le «diable auto» fait maintenant appel au Bon Dieu afin de trouver bonne grâce auprès des résidants.  Je ne suis toutefois pas sûr que ce soit une bonne idée. 

Cette grande messe de l’auto s’organise rue Saint-Laurent juste au sud de Prince-Arthur.  Les photos de 1942 nous montrent les vestiges de l’Église Presbytérienne Chalmer’s, dont la façade a été modifiée pour y ajouter des locaux commerciaux.

16 août 1942 rue Saint-Laurent près de Milton église Chalmers

SOURCE  :  Archives de la Ville de Montréal

 La construction de l’église remonte à 1872 et l’histoire nous signale qu’elle est finalement à vendre au début de 1910.  Les fidèles se sont vraisemblablement déplacés ailleurs en ville, entraînant la fermeture du lieu de culte.  Par la suite, on ne trouve rien de mieux que d’y installer, en 1925, un commerce de mécanique automobile, le Main Garage, qui opère dans la nef de l’église jusqu’en 1941. On constate la popularité grandissante de l’automobile à Montréal, puisqu’une autre structure architecturalement importante, la maison de la famille Molson, angle Sherbrooke, est aussi transformée en station-service (qui existe toujours d’ailleurs).  John Molson, fondateur de la brasserie du même nom s’en porte acquéreur en 1825 et elle sera également transformée en fonction commerciale en 1924.

 Pour ce qui est du Main Garage, on présume qu’un incendie est venu le priver de son toit et ainsi mettre fin à ses opérations.  Les propriétaires n’ont rien trouvé d’autre que de se résigner à démolir le bâtiment.  Le lieu est toujours occupé à des fins de stationnement automobile; comme quoi le «char» est encore très omniprésent dans notre environnement.

CSL 16 août1942 rue Saint-Laurent près de Milton 2 église Chalmers

SOURCE : Archives de la Ville de Montréal

Il est difficile de s’imaginer aujourd’hui qu’une église soit utilisée à des fins de garage de mécanique automobile.  D’une allure sobre et relativement simple, l’église Chalmer’s reprend un langage architectural typique des constructions de cette fin du XIXème siècle dans le quartier.  Pierre calcaire à bossage et pierre taillée pour les chaînages d’angle;  le tout provenant  fort probablement des carrières du Coteau Saint-Louis

Église Chalmers 1910 rue Saint-Laurent pres de Prince-Arthur

SOURCE : BAnQ

Sur cette photo provenant de l’édition du 30 avril 1910 du Star, on peut voir l’église dans son allure originale.  Elle est implantée en bordure du trottoir et on y accède par des escaliers latéraux.

 

 

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