histoire du Plateau Mont-Royal

25 avril 2017

Le tunnel de la «mort»

En 1932, le Plateau Mont-Royal est presque complètement développé et de nombreuses industries sont établies sur son territoire.  Les déplacements deviennent de plus en plus nécessaires et il faut se rappeler que notre quartier est en grande partie enclavé, au nord et à l’est, par des voies ferrées du Canadien Pacifique qui sont très importantes et très fréquentées.

photo archives de la Ville de Montréal  VM94-Z1505.3

Aussi, pour l’économie montréalaise et pour les résidants qui ont à se déplacer, les traverses à niveau datent de plus en plus d’une époque révolue.  Au début du vingtième siècle, les voies importantes du quartier commencent à se doter peu à peu de passages en tunnel, mais il faudra attendre les années de la «Grande Crise» pour voir ces travaux s’accélérer. 

Le boulevard Saint-Joseph, dont les différents tronçons sont maintenant unifiés, se bute à l’est aux voies ferrées du secteur Iberville.  On voudrait bien prolonger le boulevard jusqu’à Pie IX.  Les travaux s’amorcent afin de franchir l’obstacle.  Le défi est important puisque trois séries de voies ferrées obligent la construction de trois tunnels.  Un pour la rue Iberville et deux (de part et d’autre de la rue Iberville) pour la traversée du boulevard Saint-Joseph.  Cela produit un carrefour qui est entièrement enfoncé dans le sol et les plafonds et parois des tunnels rendent la visibilité très difficile pour les automobilistes.  Il y aura au cours des ans de nombreux et graves accidents qui lui donneront ce fameux surnom de «tunnel de la mort». 

En 2000, la Ville de Montréal annonce d’importants travaux de réfection, mais à ce jour, seul le tunnel ouest a été démoli.  La photographie nous montre bien l’ampleur de cet ouvrage de titan; réalisé par des fourmis ouvrières équipées davantage avec leur détermination et leur inventivité, que par les gros équipements lourds que nous connaissons aujourd’hui.

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17 mars 2017

Le parc La Fontaine de mon adolescence.

En 1954, le parc La Fontaine se dote d'une patinoire "artificielle".  L'installation est non seulement innovatrice; mais surtout très impressionnante avec ses kilomètres de tuyauterie. 

parc La Fontaine patinoire artificielle 1954 VM94-Z530-4

source de la photo archives de la Ville de Montréal

Finies, les saisons écourtées; finis, les redoux dévastateurs !  Outre l'intérêt de cette "assurance froidure", c'est surtout la longueur de la saison qui s'allonge au grand plaisir de tous, en y ajoutant plusieurs semaines.  Les jeunes peuvent maintenant planifier leurs sorties, sans risque de se faire jouer une patte par la météo.  Située à l'arrière du chalet de l'avenue Calixa-Lavallée, au centre du parc, cette patinoire est la coqueluche des adolescents du quartier et est bondée de jeunes du midi jusqu'au soir.  On y tournoie en couple, en se prenant par la taille; ou en solo, surtout pour les garçons, pour y faire montre de nos capacités de patineurs de vitesse. 

L'époque nous présente des ados bien sages et qui vont même patiner tout cravatés.  Cliquez sur les photos pour les agrandir et prendre connaissance des différents participants à cette séance de patinage.

1955 Patinage au parc La Fontaine, Archives de la Ville de Montréal,VM105-Y-3-063-04

source de la photo Archives de la ville de Montréal  /  VM105Y-3-063-04

Après quelques tours on s'arrête en bordure, en s'appuyant à la bande de bois, pour y jaser entre amis ou faire les yeux doux à notre flamme.   Personnellement, je peux vous dire que notre jeune couple adolescent y était tous les soirs et que nous avons probablement parcouru la distance de la terre à la lune quelques fois sur cette patinoire.  Que de souvenirs!

Cette installation est révolutionnaire pour l'époque, tout comme le réaménagement du parc La Fontaine qu'entreprends Claude Robillard, nommé l'année précédente comme directeur du tout nouveau Service des parcs de la Ville de Montréal.  Ce service est d'ailleurs installé à l'époque dans le chalet que l'on voit sur la photo. 

Les années 1950 verront alors une transformation majeure de notre bon vieux parc avec la création, entre autres, du grand chalet-restaurant; du Théâtre de Verdure; du Jardin des Merveilles.   Bien sûr, le parc La Fontaine dans sa version "Âge d'Or" des années 1930-1940, y a perdu quelques plumes (le pont des amoureux, les grandes serres, la maison du responsable du parc, etc.), mais il a alors atteint une certaine modernité qui en fait toujours un élément exceptionnel du patrimoine montréalais.   

En attendant, cette année, nous avons malheureusement déjà accroché nos patins !  Par contre, Il nous reste toujours les Canadiens ! 

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13 mars 2017

"Il y a plus de cent ans, bien avant ... Milton-Parc"

Au tournant des années 1900, les deux dames qui jasent à l'ombre en bordure du trottoir ne se doutent pas qu'elles se trouvent au coeur d'un (futur) vaste développement résidentiel : le projet de "La Cité", dans Milton-Parc.  La photographie nous montre l'angle nord-est du carrefour de "Park Avenue" et de "Bagg Street" (future rue Prince-Arthur).

Park avenue et Prince Arthur BANQ copie crop

source de la photo : collection de cartes postales anciennes BAnQ

Le tramway qui se dirige vers le sud vient de passer devant un magnifique alignement de petites maisons de ville recouvertes de pierre calcaire et surmontées de mansardes rythmées par des lucarnes fort joliment ouvragées.  Leur construction est toute neuve puisque l'atlas de 1890 nous indique que seules les maisonnettes de brique de la rue Bagg, à droite, sont déjà construites.   Nous sommes donc au moment ou tout ce quartier se développe activement.   

"Milton-Parc", qui s'étend de Sherbrooke à des Pins et de University à Saint-Laurent, sera dans les années 1970, le théâtre d'un important drame social.  Une grande compagnie de développement immobilier achète en catimini la majeure partie des propriétés au centre de ce secteur, dans le but de les raser afin de réaliser d'importantes  tours d'habitation.  On assiste alors à un mouvement des résidants qui s'organisent en masse afin de s'opposer au projet.  Ils réussissent finalement à stopper le projet, mais sans toutefois pouvoir éviter la démolition de 255 bâtiments lors de la mise en oeuvre de la première phase. 

Dans les années 1980, une fois le projet stoppé, les bâtiments résiduels sont acquis par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), que les comités citoyens ont convaincue d'élaborer avec eux ce qui s'avère la plus grande coopérative d'habitation du Canada.  L'exercice jette les bases du grand mouvement coopératif qui s'ensuivra dans ce domaine au Québec.  Ce carrefour est aujourd'hui entouré de hautes tours d'habitations, mais le reste du quartier a été préservé avec bonheur.

 

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05 mars 2017

Voulez-vous un glaçon?

En 1870, la glace est encore épaisse sur le fleuve, mais il faut se dépêcher pour faire le plein des entrepôts des compagnies de glace de la ville.  Dans les actualités de 2017, la fonte de la neige est déjà amorcée et les glaces des rivières menacent presque les campagnes.  Ça gèle moins qu'avant. 

Métiers coupeur de glace 1870 copie

 

source Musée McCord

Ce n'est quand même pas encore le cas sur notre Saint-Laurent du XIXème siècle.  Nos cueilleurs de glace s'activent en aval du pont Victoria; quelque part au pied de la rue McGill.  L'électricité n'existe pas encore et il faut donc assurer aux montréalais un moyen de conserver leurs victuailles durant les chauds mois d'été.  Pour ce faire, chaque ménage possède un meuble-glacière pour y ranger le lait, le beurre, la viande; et il faut alimenter ce dernier en blocs de glace tout au long de l'année.  Les compagnies de glace sont nombreuses et possèdent plusieurs "glacières-entrepôt" réparties sur l'ensemble du territoire de la ville.  Dans le Plateau il en existe plusieurs, dont une particulièrement immense angle Henri-Julien et Du Carmel.  

L'espace est aujourd'hui occupé par le parc du Carmel, ce qui vous donne une petite idée de ses dimensions.  C'est un très grand volume sans fenêtres, construit de murs épais et très bien isolés.  Les blocs de glace y sont entassés, séparés par des couches de bran de scie afin d'éviter que le tout se soude en un seul morceau.  Les blocs de 25 ou 50 livres sont ensuite livrés par les ruelles, avec une voiture à cheval.  Dur métier que celui de livreur de glace, qui doit monter les blocs par de minuscules et sombres tourelles intérieures.  Dur métier également que celui de coupeur de glace; debout, les pieds gelés et mouillés, près les berges du fleuve à scier la glace toute la journée.  Mais l'été, dans la canicule, c'est au tour des enfants de se régaler  des morceaux de glace brisés qui jonchent le plancher de la charrette du livreur.

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14 février 2017

Des femmes de coeur et des femmes extraordinaires.

Les femmes sont très présentes dans l'histoire du Plateau-Mont-Royal et elles ont été souvent sa "Providence".   Pour vous faire partager ce fait, nous vous entraînons sur la rue Saint-Denis, au milieu du XIXème siècle, à l'Institution des Sourdes-Muettes. 

Institution des sourdes-muettes bâtiment original copie

                                                         source de la photo : archives de la communauté des Soeurs de la Providence

 

Pouvez-vous imaginer le désarroi de jeunes enfants qui naissent affligés de surdité.  Cette situation, qui les empêche d'entendre parler leurs parents, a la plupart du temps comme conséquence de les priver également du langage.  Privés de support et d'encadrement, ces enfants en sont quittes souvent pour une vie misérable.  C'est en 1851 que sera fondée cette mission à la Longue-Pointe (dans l'est de la ville).  Albine Gadbois, qui s'appelle dans sa communauté religieuse, soeur Marie de Bonsecours, prends charge de cette oeuvre et en 1864 installe l'Institution rue Saint-Denis près de la rue Roy.  Cette rare photo nous montre la "Maison Bonsecours" qui est le premier bâtiment de cette oeuvre magistrale de la communauté des Soeurs de la Providence.  Nous sommes ici en 1872, car l'aile voisine, (aile Cherrier) à la droite de la maison originale, est en voie de construction.   Lors de son installation en 1864, l'établissement est en pleine campagne; mais cela ne tarde pas à changer car la ville s'urbanise rapidement.  Les premiers bâtiments avec leurs murs en moellons et leurs toits à versants, sont construits dans le style traditionnel des édifices conventuels de l'époque.  Installés sur un sol instable ils doivent être démolis en 1898 et remplacés par les édifices que nous connaissons aujourd'hui qui empruntent au style "Second Empire" montréalais le couronnement avec une fausse mansarde et des façades en pierre taillée.  Les religieuses font preuve d'imagination, de créativité et d'un don de soi incomparable afin de réussir à enseigner à ces jeunes filles comment communiquer.  Lorsqu'elles quittent les lieux en 1979, c'est 128 années de dévouement qui sont conclues.

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28 janvier 2017

Quand la "station-service" livrait à domicile

Le titre nous annonce la réalité d'une autre époque.  On se plaint  qu'aujourd'hui les postes d'essence en milieu  urbain sont de plus en plus rare.  Vous serez alors peut-être jaloux d'apprendre qu'en 1910 vous n'aviez pas à les chercher car la "station-service" livrait à domicile.  

1910 Jphoto BAnQ   /  Fonds F. Barrière

Nous sommes ici sur la rue Saint-Denis devant le commerce de Monsieur J.A. Fortin, spécialisé dans la vente de bois et charbon, ainsi que dans le grain et le foin.  Le cheval est partout en ville; il est le "moteur" des attelages privés, des charrettes de livraison, des tramways hippomobiles, des camions de pompiers, etc.  Toutes les activités humaines qui utilisent aujourd'hui le moteur à essence, utilisaient alors la traction animale.  Les propriétaires de ces quadrupèdes doivent bien sûr les nourrir et c'est justement cette nourriture que le livreur de Monsieur Fortin s'apprête à leur livrer ce matin.  Les poches d'avoine et les ballots de foin entassés sur sa charrette seront par la suite entreposés dans les écuries privées que l'on retrouve un peu partout en ville.  À la droite, on voit un petit tombereau rempli de charbon qui lui aussi est sur son départ.  Habituellement, le charbon est livré en poches, mais ici il est en vrac.  On peut penser qu'il s'agit d'une livraison unique, dont le livreur disposera avec sa pelle dans une soute quelconque.  La porte de la clôture est levée pour donner accès à la cour et aux bâtiments et l'on distingue les cordes de  bois derrière celle-ci.  On ne peut imaginer aujourd'hui de telles occupations commerciales, présentant un si haut niveau de risque, côtoyer des résidences.  À l'époque, on est moins à "cheval" sur les principes et on prends la vie avec une certaine insouciance.  Pendant ce temps, c'est probablement Monsieur Fortin que l'on voit à la droite de la photo.  Il prend la pose et nous présente avec fierté ses deux "camions" de livraison et son petit commerce.

 

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28 décembre 2016

Le four à chaux de Monsieur Limoges

La pierre calcaire est au coeur même de l'histoire du Plateau Mont-Royal puisque de nombreuses carrières étaient situées sur son territoire.  Il ne faut pas oublier que l'extraction de la pierre était la principale occupation des "Pieds-Noirs" du Coteau-Saint-Louis.  Cette fameuse  "pierre grise de Montréal" a servi à construire de nombreux bâtiments historiques du Vieux-Montréal.  Mais ce n'est pas tout d'extraire la pierre, il faut aussi la mettre en oeuvre et pour cela, nous avons besoin d'un bon mortier de chaux. 

De Lorimier four à Chaux Limoges

source de la photo BAnQ

Cette chaux s'obtient en brûlant (en calcinant) la pierre calcaire dans des fours spécialement conçus à cet effet.  C'est le travail du "chaufournier".  Vers 1880, les fours d'Olivier Limoges sont installés sur le chemin Papineau en plein dans l'axe de la rue Sherbrooke.  La photographie nous montre les employés de la petite compagnie qui prennent la pose comme il était coutume de le faire à cette époque.  Tout le monde y est, même les enfants, le chien et l'attelage familial.  On voit au fond les quatre grands fours à chaux.  On emplissait le four de pierres calcaire et de charbon et un feu de bois alimentait une chaleur de 800 à 1000 °C  afin d'assurer la "cuisson" de la pierre .  On  récupérait par la suite la chaux à la base du four. Cette chaux "vive" était alors "éteinte" en la plaçant dans des fosses que l'on emplissait d'eau.  Les membres de la famille Limoges habitent les logements que l'on voit à proximité un peu plus haut rue Papineau.  En 1910, la Ville de Montréal achète l'entreprise afin de permettre le prolongement de la rue Sherbooke vers l'Est.  Monsieur Limoges possède des carrières à Saint-Michel et dans le Plateau (au parc Laurier).  On salue ces vaillants travailleurs.

four à chaux Limoges

 

 

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09 décembre 2016

Quand on regarde de haut les gens du Plateau

En 1876, la Ville de Montréal décide d'aller de l'avant avec l'aménagement de trois grands parcs urbains afin de doter la ville d'espaces verts qui lui font alors cruellement défaut.  On planifie l'aménagement de l'Île Sainte-Hélène, du parc Logan (futur parc La Fontaine) et du mont Royal.  Ce dernier est le parc le plus vaste et aussi le plus prestigieux puisqu'il est conçu par Frederick Law Olmsted, l'architecte de paysage responsable de la conception du Central Park de New-York.  L'engouement des montréalais pour la montagne est instantané et tout le monde veut l'explorer. 

funiculaire observatoire vers 1908 BAnQ 1951560

 

Si vous n'avez pas d'attelage pour vous y amener, il vous reste toujours vos mollets; mais ça en prend de bons.  En 1885, pour vous faciliter la tâche, on dote le versant Est de la montagne d'un funiculaire impressionnant.  Le départ du trajet se trouve angle du Parc et Duluth où les visiteurs empruntent un premier wagon qui les amène au pied du funiculaire proprement dit.  Après une montée vertigineuse, les promeneurs se retrouvent sur une grande plate-forme d'observation qui permet d'admirer à loisirs le centre-ville, le fleuve, la Montérégie et bien sûr le Plateau.  L'endroit est abrité et ombragé et les curieux peuvent y flâner à l'aise.  Tout ce beau monde arbore ses habits du dimanche et qui sait ...peut-être trouveront-ils l'âme soeur parmi toute cette foule.  Un escalier interminable jouxte le funiculaire pour ceux et celles qui veulent faire l'économie des frais  de la descente; ou qui veulent simplement étirer leur temps de promenade.  On scrute le panorama de cette petite ville de Saint-Jean-Baptiste qui sera annexée à Montréal en 1886 et l'on admire cette belle ville de Montréal; la Métropole de ce jeune Canada.

funiculaire Mont-Royal BANQ 6537

 

les illustrations proviennent de la BAnQ

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01 décembre 2016

La terrain des Expositions à Fletcher's field

Très beau panorama du terrain des Expositions qui se tenaient annuellement dans ce grand espace relié à Fletcher's field.  La numérotation passe en revue différents éléments de cette manifestation.

terrain des expositions

 La source de la photo est inconnue.  Faussement attribuée à Notman selon le Musée McCord


1. Palais de Cristal
2. Institut des sourds-muets, des Clercs de Saint-Viateur, rue Saint-Dominique.
3. Église de Saint-Enfant-Jésus-du-Mile-End (premiere version par Victor Bourgeau) avant la réfection de sa façade en 1902 par l'architecte Joseph Venne..
4. Providence du Saint-Enfant-Jésus (1874)
5. Passerelle enjambant la rue Mont-Royal afin de relier la partie au sud qui s'était ajouté au terrain original avec les années..
6. Avenue du Mont-Royal
7. Rue Bleury (du Parc)
8. chemin Olmsted; aménagé en 1876 par Frederick Law Olmsted, l'architecte de paysage, concepteur de Central Park à New-York.
9. Petite maison apparaissant aussi dans une photo de 1910 sur envoi http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2007/01/18/3735147.html

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16 novembre 2016

Les dispensaires Goutte de lait

Au début du XXème siècle à Montréal, le commerce du lait relève plus des lois du Far-West que de règles sanitaires convenables.  Plusieurs entrepreneurs s'inventent laitiers et tous n'ont pas la rigueur qu'exige la traitement de cet aliment fragile.  Les ménages ne peuvent compter que sur les petites glacières domestiques afin de conserver leur lait.  Le transport, la manutention et l'entreposage des bidons de lait n'est pas garant de sa bonne qualité.  Ajoutons à cela que la pasteurisation du lait n'est pas encore obligatoire à Montréal et vous avez les conditions parfaites pour générer de sérieux problèmes.  D'ailleurs, à cette époque, un nourrisson montréalais sur quatre décède dans sa première année de vie. 

Sainte-Justine goutte de lait 1912 arch

 source : Archives de l'Hôpital Sainte-Justine

 C'est ce qui incitera la docteure Irma Levasseur, première canadienne-française à obtenir son diplôme de médecine, à créer avec d'autres femmes l'hôpital Sainte-Justine en1907.  Après une année sur la rue Saint-Denis, l'hôpital déménage avenue De Lorimier au sud  de Rachel.  Vers 1910, on souhaite apporter une solution à ce problème du mauvais lait en créant les "Gouttes de Lait".  Véritables CLSC avant la lettre, ces dispensaires offriront pour un coût minime, ou même gratuitement, un lait de qualité.  Les mères y sont aussi invitées afin de recevoir des conseils sur les soins à apporter aux nourrissons et aux enfants.  Cette belle photo (tout de même un peu scénarisée) nous montre cette distribution de lait dans un logement en face de l'hôpital.  On peut également admirer les belles boiseries victoriennes de l'escalier qui mène aux étages.  Ce n'est que plus tard, avec l'utilisation de l'acier pour leur fabrication, que nous verrons apparaître les fameux escaliers courbés si typiques de Montréal.

 

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