histoire du Plateau Mont-Royal

22 février 2015

Une ballade sur Mont-Royal

À la suite d'une émission radio concernant l'histoire de l'avenue du Mont-Royal, plusieurs auditeurs se sont rabattus sur le site «histoire Plateau» sans nécessairemnt trouver l'information recherchée.  Je place le lien à nouveau ici.  Cliquez sur la photo pour l'agrandir.  Voir le 2 mai 2008

http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2008/05/02/9038791.html 

Faites donc une petite ballade bien au chaud dans votre fauteuil.  Donnez-nous des nouvelles.

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20 février 2015

Les grands abattoirs de l'est

Les citoyens de l’Est du Plateau se penchent actuellement sur l’avenir de leur quartier.  Comment développer et améliorer le secteur de l’emploi dans cette partie de notre arrondissement qui s’est développée plus tardivement.  Longtemps axé sur la présence d’industries occupant de vastes terrains et employant une main d’œuvre très nombreuse, le dynamisme de l’emploi du secteur Est fut lourdement affecté par la fermeture de ces grandes entreprises.  On peut penser aux immenses usines de chaussures et de bottes Ames-Holden & McCready, entre les rues Messier et Fullum; ou encore aux grands abattoirs de l’Est, au bout de l’avenue du Mont-Royal, dans la pointe entre la rue Iberville et les voies de chemin de fer.  La photo nous montre ces immenses installations, un jour de marché en 1902.   Le bétail était amené par train et réparti dans les installations des différents grossistes qui en faisaient le commerce.  Les bêtes étaient ensuite abattues et préparées dans les installations principales, propriété des grands abattoirs, avant d’être acheminées vers les principaux marchés de la ville.  Ces deux industries comptaient à elles seules plus d’un millier d’emploi dans ce voisinage.  

De Lorimier abattoirs de l'est 1902 2-144-a copie

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21 décembre 2014

Des précisions concernant la gare du Mile-End

Lors d'une page précédente datant de juillet 2006, je vous présentais la gare du Mile-End (voir le lien suivant)

http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2006/07/30/2383607.html 

Justin Bur, un ami du groupe «Mémoire du Mile-End» et un spécialiste du quartier ainsi que de l'histoire du chemin de fer dans le Mile-End, porte à notre connaissance certaines précisions.  Je vous les communique ci-bas.  Comme d'habitude, c'est fabuleux de détails.

Deux dates à ajuster:

– la gare du Mile End a fermé le 1er novembre 1931 (jour d'ouverture de la gare de l'avenue du Parc, ou Jean-Talon) 
– le nouvel édifice (agrandissement) a été ouvert au public le 11 mai 1911. Voir La Patrie du samedi 13 mai, page 7. Cet article nous donne aussi le nom de l'architecte, Walter S. Painter. Il était l'architecte en chef du CP à l'époque, ce qui explique le fait que cette gare soit typique de celles de la compagnie. 

L'année 1913 est mentionnée de temps en temps par confusion avec la brasserie Frontenac qui, elle, a été construite en 1913. Si on a une image de la gare avec la brasserie visible en arrière, on sait que l'image est de 1913 ou après. 

Quant à la brasserie, après son achat par National Breweries, elle est affectée à la marque Carling, plutôt que Dow. Une grande enseigne Carling sera posée au-dessus de l'édifice. Les deux marques Carling et Dow (comme bien d'autres) appartenaient à National, le gros monstre de la brasserie au Canada au 20e siècle. 

L'image, manquante en ce moment, de la gare avec le commentaire que le CP en prendra possession cet après-midi est une coupure du Montreal Star du 14 janvier 1911 (soit quatre mois avant l'ouverture). Elle se trouve ici: http://collections.banq.qc.ca/bitstream/52327/2084355/1/2734349.jpg 

Dans un commentaire, Jus se demande s'il y a des vestiges de la gare dans le hangar recouvert de tôle d'aluminium. Non, il n'y en a pas. Les deux bâtiments étaient d'ailleurs voisins et ont coexisté pendant une dizaine d'années. 

Qu'est-ce qui est arrivé à la gare après sa fermeture? Un bureau de fret du CP y est demeuré un certain temps. Pendant presque quarante ans, la plus grande partie de l'immeuble a été louée à différentes entreprises comme manufacture ou entrepôt. On les retrouve dans les annuaires Lovell aux adresses 53 et 69 Bernard Est. 

La gare a été démolie en août 1970, en prévision de la construction imminente du viaduc Rosemont–Van Horne. Ça devait faire l'affaire du CP, qui ne tenait absolument pas à conserver son patrimoine bâti (pensez à la tentative de détruire même la gare Windsor à la même époque). La gare de West Toronto, contemporaine de celle du Mile End et dans le même style, est restée en fonction jusqu'à la fin des services voyageurs du CP en 1978. Elle est devenue une cause célèbre en 1982 lorsque le CP l'a démolie en catimini contre la demande expresse de la ville de Toronto. En réponse, le parlement fédéral a adopté la Loi sur la protection des gares ferroviaires patrimoniales en 1988. Dans le sénat, la seule vote contre la loi était celle d'Ian Sinclair, qui avait été président du CP au moment de cette démolition. 

Comme vestiges de la gare du Mile End aujourd'hui il reste un pavage au sol en briques rouges, et la clôture avec ses poteaux de béton et grillages de fer qui longe la rue Bernard vers l'est. 

Justin Bur – Mémoire du Mile End

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21 novembre 2014

Le pont des amoureux

Lorsque la Ville de Montréal aménage les deux étangs du parc Logan en 1900 (il sera nommé parc Lafontaine en 1901), la topographie des lieux fait en sorte que les deux plans d’eau sont à des niveaux différents. On a alors l’idée d’aménager une cascade et de construire un pont. Son concepteur, l’architecte français Clovis Degrelle, propose une belle petite structure rustique, avec un toit en pavillon, et un aménagement de balustrades de ciment, qui imitent des rondins de bois. C’est du plus bel effet! Sous le pont, le site de la cascade est aménagée de telle sorte que les promeneurs peuvent y descendre et traverser vers l’autre étang; ce que ne manquent pas de faire les amoureux en assurant un bref arrêt, sous le pont, à l’abri des regards. Cette circonstance donnera d’ailleurs au pont le sobriquet de “pont des amoureux”. La photo nous montre l’allée principale menant au pont, offrant elle aussi avec ses rondins, un caractère champêtre et romantique. Ce beau paysage fut remplacé dans les années 1950 lors du grand réaménagement du parc Lafontaine.

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 photo : Archives Ville de Montréal

Sur cette autre photo, on voit bien le passage sous le pont...mais pas d'amoureux!

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photo : Archives Ville de Montréal

Pendant plusieurs années, il n'y aura pas ni pont, ni cascade entre les deux étangs.  Le réaménagement des années 1990 nous ramènera le pont et une magnifique petite chute qui nous propose un bruit de fond fort agréable en été.

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20 novembre 2014

Les Canadiens sont là!

Le lundi 9 mai 1966, Montréal est en liesse! Les Canadiens viennent de remporter leur 14ème coupe Stanley et c’est la parade traditionnelle dans les rues de la ville. Le Plateau n’est pas en reste car le boulevard Saint-Joseph, avec sa belle perspective et son vaste dégagement qui lui permet d’accueillir de grandes foules, est le lieu de prédilection pour ces grands évènements. Le Père Noël et sa parade annuelle de novembre sur le boulevard est aujourd’hui en compétition avec Jean Béliveau et Bobby Rousseau, les deux meilleurs pointeurs du club. Angle Saint-Hubert, la foule est dense et joyeuse; tandis que des adolescents, qui ont aujourd’hui dans les 60 ans (et qui courent probablement moins vite) profitent de la pause du diner pour voir leurs héros de près. À l’époque cravates et vestons sont de mise pour aller à l’école. Les organisateurs de tels évènements fréquentaient souvent le Plateau parce que la population, plus nombreuse qu’ailleurs, raffolait de ces hommages et assurait toujours une belle foule.

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source : Archives de la Ville de Montréal

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19 novembre 2014

Une belle rue ombragée

En cette belle matinée de janvier 1936, nous sommes à braver le froid, à l’angle de l’Avenue du Parc et du boulevard Saint-Joseph. On peut encore y admirer les beaux grands arbres qui ornent le mail central, puisque jusqu’à Henri-Julien, cette section du boulevard était située sur le territoire de Ville Saint-Louis. Cette voie offrait un axe central doté d’un double alignement d’arbre; ce qui lui conférait le caractère prestigieux recherché par cette jeune ville dynamique et moderne. Il ne faut pas oublier qu’au moment de son annexion à Montréal en 1909, c’était la troisième ville en importance au Québec. Les arbres sont malheureusement disparus au début des années 1960. On voit également, à gauche de la photo, près de la rue jeanne-Mance, l’Institut Éducatif Juif , qui nous rappelle que cette communauté a occupé pendant plusieurs années, une vaste partie du secteur. On constate aussi que les “sleighs” et leurs chevaux parcourent toujours les rues du quartier. Vous conviendrez que nous sommes bien loin du caractère trépidant de cette même intersection aujourd’hui. 

Du Parc et Saint-Joseph 1936 VdeM VM6R3229

 

source : Archives Ville de Montréal

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30 octobre 2014

Un village en ville

Mais dans quel coin du Québec peut-on visiter ce beau petit village?  Oh! Il ne suffit pas d’aller bien loin; vous pouvez même y aller à pied. Rendez-vous rue Berri, près de la rue Boucher, et vous pourrez encore admirer la belle demeure de pierre visible au centre de la photo. Quelques autres maisons de cette époque, surtout celles faites de maçonnerie, existent toujours dans le secteur. Sur cette photo vers 1950, nous sommes au coeur de l’ancien Village de Coteau-Saint-Louis (qui a été créé en 1846 et annexé à Montréal en 1893). Les petites maisons de bois, avec leurs lucarnes et leurs toits à deux versants, sont malheureusement aujourd’hui disparues, sauf une toute dernière rue Lagarde. Elles logeaient les carriers travaillant à extraire la pierre calcaire de la grande carrière Dubuc, sous l’actuel parc Laurier. Ces pierres ont servi à construire plusieurs édifices du Vieux-Montréal; mais surtout dans le Plateau, avec toutes ces façades de pierres grises que l’on retrouve sur nos rues.

CSL 03Q_E6S8SS1SSS0649D03529PA11 Source : BAnQ; fonds Edgar Gariepy Rédaction : Société d’histoire du Plateau Mont-Royal www.histoireplateau.org

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08 septembre 2014

Un Plateau en pleine campagne!

Après la série sur les "châteaux" dans le Plateau, j'ai d'autres images anciennes à vous présenter et, cette fois-çi, il s'agit vraiment d'images de notre quartier au temps des vaches et des grands  champs.

Cette séquence m'est venue avec une photo de l'Hôtel-Dieu montrant le site environ 8-9 ans après sa construction; soit en 1869.  La photo provient des archives du musée McCord et est une réalisation du photographe James Inglis.  On y voit le quartier encore composé de vastes espaces en culture.

hotel-dieu 1869 panorama copieJ'ai revu cette même photo publiée par Philippe Duberger sur son site Flickr.

Cette fois, la photo est formatté différemment et l'on aperçoit en haut à droite, une vue inusitée du premier bâtiment de l'Institution des sourdes-muettes, angle Saint-Denis et Des Pins.

1860 Hôtel-Dieu et Institution des Sourdes-muettes

Ce premier bâtiment, construit en 1863, aura de nombreux ajouts au fil du temps, avant d'être démoli en 1898, afin de construire les pavillons que nous connaissons aujourd'hui.   source archives de la Congrégation des Soeurs de la Providence.

institution des sourdes-muettes origine

 

Le détail d'un panorama de la ville peint par James Duncan en 1870, montre bien l'immeuble original de l'Institution des Sourdes-Muettes, avant ses agrandissements.  Source Musée McCord.  l'agrandissement est de Philippe Duberger.

James Duncan Institution des sourdes-muettes 1870

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir encore une autre image montrant ce même secteur de la ville, en 1890 (selon l'information fournie par la légende de la photo).  L'image provient du document "New album of Montreal views" publié par le "Canada railway news co. ltd".

Magnifique illustration qui montre bien le secteur est de la ville et le secteur sud du Plateau.  On y voit bien sûr l'Hôtel-Dieu, mais on y montre également l'école normale Jacques-Cartier qui était située dans le parc La Fontaine et aussi, l'Institution des sourdes-muettes rue Saint-Denis.  En fait, l'illustration est antérieure à 1882, puisque cette date corresponds à la construction de l'aile Saint-Philippe de la rue Berri; et cette aile n'apparait pas sur le dessin.  Toutefois, l'ajout d'une aile à angle de l'édifice original nous permet de dater l'illustration comme représentant une situation postérieure à 1881, date à partir de laquelle on ajouta des ailes au bâtiment original.  Nous pouvons donc dire que l'illustration montre Montréal vers 1881-1882.

Selon les atlas ancien, nous pourrions penser que l'immeuble du bas à gauche, représenterait la "Villa Bellevue" de David Law.  Elle est reconnaissable à son toit plat, ses multiples souches de cheminées et son implantation, à la hauteur de la grande aile de l'Hôtel-Dieu.

Montreal view, 1890 _ New Album of Montreal Views, published by the Canada Railway News Co

C'est fort intéressant de visualiser ce que Montréal pouvait avoir l'air à cette époque.  Il nous reste à préciser ce qu'est le "Gros Bois" et le "Gas Works".  Sur ce dernier point, Kevin Cohalan, un collegue de la Société d'histoire du Plateau Mont-Royal, me fait remarquer que le site de la Ville de Montréal présentant différents secteurs de son territoire, mentionne pour le secteur "Hochelaga", que :...la compagnie New City Gas (devenue Montreal Gas Work) s'installe rue du Havre en 1873», soit angle du Havre & Notre-Dame.  Tous se souviendront de l'immense cylindre d'acier, un moment peint avec un quadrillé rouge et blanc, s'élevait à cet endroit jusque dans les années 1960.  Gaz Métro est toujours installé rue du Havre.

 

réservoir de gaz métro rue du havre VdeM P140_12P38

 

L'illustration montrant le panorama a été vue dans les documents présentés par Gilles Douaire sur son site Flickr.  La recherche dans l'album du Canada railway news co. ltd, permet de constater que cette image est une petite partie d'un vaste panorama montrant toute la ville de Montréal, depuis le Plateau à l'est (notre image), jusqu'à Griffintown à l'ouest.  Une vue générale de Montréal en 1881.

 

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06 juin 2014

petits commerces de proximité d'un temps disparu

Cet article est une reprise d'un texte paru dans le dernier bulletin de la Société d'histoire du Plateau Mont-Royal.  Certains se rappellent qu’il y a cent ans, les montréalais se procuraient leurs victuailles dans les quelques grands marchés publics installés à différents endroits de la ville.  Pour le Plateau, on parle bien sûr du marché Saint-Jean-Baptiste, angle Saint-Laurent et Rachel.

Ces vastes marchés s’installent au cœur des petites villes qui poussent en dehors des limites de Montréal et les habitants peuvent alors facilement s’y rendre à pieds.  Mais que se passe-t’il quand la population augmente, que l’urbanisation s’éloigne de ces points de service?  On voit apparaître, les petits commerces de coin de rue, qui offrent alors à leur clientèle, une proximité des services alimentaires.

épicier Paquette cropNous sommes encore loin du Loblaw's ou de l'Intermarché!  Le choix est encore assez limité.  Mais les montréalais prennent lentement goût à mieux manger.

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photo 1976 Philippe Duberger

Mais comment les victuailles se rendent-elles sur la table de la cuisine?  Tout d’abord, il faut dire que les éléments de base : le lait et le pain, sont généralement livrés à la porte par le laitier et le boulanger (accompagnés bien sûr de leurs fideles adjoints à quatre pattes). 

La viande, ainsi que les fruits & légumes, sont l’apanage du petit épicier.  Avant « l’invention » du supermarché, on retrouve ces petits commerces, souvent aux coins des rues, qui rejoignent chacun un certain nombre de ménages.  La plupart du temps, il s’agit d’un commerce familial, ou l’on pourrait dire, en simplifiant un peu, que le mari est à la boucherie, l’épouse au service et à la caisse, et les enfants aux livraisons et à la manutention. Parfois, un ou deux bouchers s’ajoutent quand la clientèle est importante.  Notre famille avait bien sûr son épicier attitré et je vais tenter de vous en décrire le local.

1976 épicerie de coin Villeneuve et DeBullion Phil DuBerger copie

L’épicerie A. Ouellet, sise au 1034 est Avenue du Mont-Royal, se compose d’un espace dont les murs latéraux sont occupés par les tablettes de « cannages » et de produits secs (céréales, biscuits, pâtes et légumineuses sèches).  Les conserves les plus populaires sont accessibles aux clientes et les autres doivent être descendues à l’aide d’une pince, au bout d’un long manche, manipulée par un commis.  L’espace à gauche est occupé par la caisse et un frigo vitré; ou l’on voit les viandes (essentiellement du bœuf, du porc) et les charcuteries disponibles (ici, comprendre jambon cuit et « baloney »).  Au fond, il y a le grand frigo, avec sa grosse porte de bois, ou sont entreposés les grandes pièces de viande.  Le boucher est à côté, avec son bloc à découper et ses divers hachoirs.

Les fruits et légumes sont réduits à leur plus simple expression et exposés dans la vitrine et dans quelques présentoirs en avant,  On voit des pommes de terre, des carottes, du chou, du navet, du céleri, des tomates et peut-être de la laitue « iceberg ».  Les fruits se résument aux pommes, bananes, oranges et pamplemousses en saison.  Évidemment, au fil des jours, des saisons et des trouvailles de l’épicier chez son fournisseur, on retrouve parfois des nouveautés pour varier le quotidien.  À l’automne, avec les récoltes locales, le choix sera aussi plus grand et la fraîcheur meilleure, mais le choix ne se compare en rien avec celui d’aujourd’hui.  Il ne faut surtout pas oublier la bière et le porter, denrées essentielles (pour contenter les maris) et pour arrondir les revenus de l’épicerie.

 

Typique de l’épicerie du coin, le livreur à bicyclette qui effectue un travail qui n’est pas de tout repos.  J’en sais quelque chose, puisque j’ai aussi pratiqué ce « métier » un certain temps                          source Philippe Duberger

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24 mai 2014

L'histoire du lait dans le Plateau

Depuis un article paru dans le dernier bulletin de la Société d'histoire du Plateau Mont-Royal, sous le theme du "Plateau gourmand".

Nous sommes tous d’accord pour dire qu’une bonne bouteille de Bordeaux accompagne très bien une savoureuse grillade.  D’autres seront aussi d’accord pour insister qu’il n’y a rien de meilleur, pour accompagner son « whippet » ou son « Oreo », qu’un bon grand verre de lait bien froid.  Quand j’étais petit, mon délice était justement de tremper quelques biscuits « Village » dans un verre de lait, pour les ramollir juste à point.  AH! Le lait!  Quel délice!

Vous ne le savez peut-être pas (surtout si vous êtes plus jeunes), mais une page importante de l’histoire montréalaise du lait s’est jouée dans le Plateau.

Il faut rappeler qu’au début du XXème siècle, à Montréal, 25% des nouveau-nés n’atteignent pas leur première année.  Ce taux de mortalité incroyable, en 1900, compare Montréal à New-Delhi, ce qui n’est pas peu dire.  On blâme surtout la mauvaise qualité du lait qui est offert aux enfants et le peu de scrupules de la multitude de petits fournisseurs qui s’ingénient à trafiquer le lait qu’ils distribuent en y ajoutant de l’eau et autres produits qui finissent par s’avérer nocifs .

En 1890, Janvier-Jacques Joubert (1869-1943) gère la ferme familiale de Saint-Léonard-de-Port-Maurice et livre du lait à Montréal.  En 1892, un oncle américain l’informe de l’existence de bouteilles de lait en verre et notre homme, fier entrepreneur, devient ainsi le premier laitier de l’Empire britannique à livrer son lait en bouteille.  Comme le marché est florissant, il abandonne la production pour se concentrer plutôt sur la distribution.

C’est en 1899 que J.J.Joubert ouvre une petite laiterie angle Saint-Hubert et Rachel.  En 1906, il déplace ses installations rue Saint-André.  L’aventure est lancée, l’entreprise ne cessera de croître et occupera une bonne partie du quadrilatère Rachel Mentana, Duluth, Saint-André. 

 

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Des 1908, il installe un système de pasteurisation, bien avant qu’il ne devienne obligatoire en 1926.  La même année, l’embouteillage est mécanisé et en 1931 l’entreprise participe à la distribution de lait dans les écoles montréalaises.  En 1932, l’entreprise est vendue à Borden mais la populaire marque continue son chemin et les installations sont finalement démolies en 1969.  Les Habitations Mentana occupent maintenant l’espace de l’ancienne laiterie.

Avant de déménager à Outremont, comme il se devait pour un « canadien-français » ayant réussi en affaires, Janvier-Jacques demeure longtemps rue Saint-Hubert, au sud de Rachel, d’où il peut admirer ses installations et leur grande cheminée.

Breuvage chou-chou de la collation des enfants, le lait occupe aussi une place importante en cuisine. Il doit donc occuper une bonne place également, dans ce numéro du bulletin consacré à l’alimentation.  Alors, la prochaine fois que vous tendrez la main pour attraper un litre de lait sur la tablette du supermarché, songez à tous ces valeureux laitiers, à leurs vieux chevaux qui connaissaient la « run » par cœur et aux bouteilles de lait, qui l’hiver venu, soulevaient leurs bouchons pour vous saluer en relevant leur chapeau de crème gelée. 

 

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  jjj rue St-AndréEn 1906, J.J.Joubert ouvre des locaux au 4141 rue Saint-André au sud de Rachel.  Au plus fort de l’hiver, la distribution se fait en « sleighs » (et il n’est pas nécessaire de garnir les voitures de blocs de glace).  Les installations ne cesseront de croître au fil des innovations que la compagnie ajoute continuellement à ses procédés.

 

Lait 1933 Clinique Laurier, 305, rue Mont-Royal Est, Salle d'attente, construction 1932-35En 1910, on met sur pied l’œuvre de la « Goutte de lait », afin d’offrir un lait de bonne qualité aux familles démunies.  Cela se transforme vite en un réseau de cliniques de puériculture afin d’informer les mères des meilleurs soins à donner à leurs enfants.  En 1930, il y a 68 cliniques à Montréal, dont celle de l’Avenue du Mont-Royal angle Henri-Julien, dont on voit ici la salle qui accueille les mères avec leurs nourrissons.

 
 

 

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