histoire du Plateau Mont-Royal

05 juin 2015

Une vie à couper des cheveux

L'emplacement de l'actuel coiffeur "Bobby Pin" de la rue Laurier ...en 1972. On traverse le temps, mais...toujours des cheveux et toujours des affiches "À vendre".

Pour ceux qui s'en ennuient, on peut aussi voir le reflet du "Dairy Queen" dans la vitrine (qui deviendra le chic "Vincent" un peu plus tard). On distingue aussi Madame Landriault, assise sur la chaise, qui semble attendre les clients aussi patiemment que son mari.

Photo d'Alain Chagnon, depuis "Images du québécois 1972-1984" et depuis Photos de Montréal et scènes urbaines.

alain Chagnon 1972 Images du québécois

source : Alain Chagnon "Images du québécois" 1972-1984

 

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26 mars 2015

On fête à Fletcher's field

À une certaine époque, les montréalais sont vraiment impatients que l’hiver arrive.  On ne subit pas encore les problèmes de stationnement ou du chargement de la neige.  La semaine de travail est dure mais quand arrive le temps de s’amuser on ne donne pas sa place.  À la fin du XIXème siècle, Montréal avait son fameux carnaval d’hiver qui rayonnait même, jusqu’aux États-Unis.  Habituellement installé au square Dominion, il se déplace en 1909 au parc Jeanne-Mance, alors appelé «Fletcher’s Field».  Le palais de glace est installé du côté ouest de l’avenue du Parc, à côté du funiculaire de la rue Duluth.  La clôture du carnaval est l’occasion d’une fête grandiose où les clubs de raquetteurs s’affrontent amicalement; les uns pour défendre le palais et les autres pour l’attaquer, en s’y rendant en grande procession depuis la montagne.  Le tout se conclut par un feu d’artifice multicolore qui ravit la foule.  La raquette est alors le sport d’hiver le plus pratiqué par les montréalais et fait l’objet de plusieurs compétitions très sérieuses lors du carnaval.

 

palais de glace Montréal 1909 2 Capauxdiamants

 SOURCES : BAnQ

 

palais de glace 1909 fletcher's field

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11 mars 2015

Le boulevard Saint-Joseph d'une autre époque

L'hiver 2014-2015 aura été fort éprouvant pour les conduites d'eau de plusieurs rues du Plateau.  Une conduite d'eau de quelques dizaines de centimètres de diamètre qui gèle et qui éclate par moins 40 degrés; ça fait un beau dégat.  En janvier, le bris d'une conduite importante du boulevard Saint-Joseph, près de Berri, a causé une inondation sur plusieurs rues des environs.

Mais notre beau boulevard Saint-Joseph a déjà connu des jours plus calmes.  Cette photographie du début des années 1940 nous le montre, angle Henri-Julien, dans ses beaux atours d’été.  On note immédiatement les alignements d’arbres matures qui offrent un ombrage bienfaisant pour les piétons.  Plus loin, les arbres laissent place à un généreux terre-plein gazonné et planté d’arbustes.  Ce qui explique cette différence est le fait que la rue Henri-Julien est en réalité la frontière entre Ville Saint-Louis et le village de Coteau Saint-Louis, lequel deviendra plus tard le quartier Saint-Denis.  En 1905, c’est l’architecte et ingénieur J.E. Vanier qui propose à Ville Saint-Louis de transformer la rue Saint-Joseph en boulevard de prestige, le premier à Montréal.  On se rappelle qu’à l’époque c’est la troisième ville en importance au Québec.  

boulevard Saint-Joseph et Henri-Julien vers 1940 copie

 source BAnQ

Montréal prolongera ensuite, en diverses phases, le boulevard vers l’est, mais sans les arbres cette fois. L'allure n'était quand même pas négligeable et l'ensemble donnait réellement une impression d'envergure; d'espace très aéré.

boulevard Saint-Joseph V de M

source : Archives de la Ville de Montréal

Le quartier Saint-Denis était représenté par un échevin assez extraordinaire, en la personne du notaire Jos. Marie Savignac.  La Famille Savignac habitait sur le boulevard Saint-Joseph angle De La Roche et l'échevin de l'équipe de Camillien Houde, longtemps président du Comité Exécutif de la Ville de Montréal, était particulièrement fier de la magnificence du boulevard.  Il défendit son intégrité pendant toute sa présence dansl'administration municipale.

Cette voie sera finalement élargie au début des années 1960, au moment du départ de Monsieur Savignac de la vie politique. 

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22 février 2015

Une ballade sur Mont-Royal

À la suite d'une émission radio concernant l'histoire de l'avenue du Mont-Royal, plusieurs auditeurs se sont rabattus sur le site «histoire Plateau» sans nécessairemnt trouver l'information recherchée.  Je place le lien à nouveau ici.  Cliquez sur la photo pour l'agrandir.  Voir le 2 mai 2008

http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2008/05/02/9038791.html 

Faites donc une petite ballade bien au chaud dans votre fauteuil.  Donnez-nous des nouvelles.

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20 février 2015

Les grands abattoirs de l'est

Les citoyens de l’Est du Plateau se penchent actuellement sur l’avenir de leur quartier.  Comment développer et améliorer le secteur de l’emploi dans cette partie de notre arrondissement qui s’est développée plus tardivement.  Longtemps axé sur la présence d’industries occupant de vastes terrains et employant une main d’œuvre très nombreuse, le dynamisme de l’emploi du secteur Est fut lourdement affecté par la fermeture de ces grandes entreprises.  On peut penser aux immenses usines de chaussures et de bottes Ames-Holden & McCready, entre les rues Messier et Fullum; ou encore aux grands abattoirs de l’Est, au bout de l’avenue du Mont-Royal, dans la pointe entre la rue Iberville et les voies de chemin de fer.  La photo nous montre ces immenses installations, un jour de marché en 1902.   Le bétail était amené par train et réparti dans les installations des différents grossistes qui en faisaient le commerce.  Les bêtes étaient ensuite abattues et préparées dans les installations principales, propriété des grands abattoirs, avant d’être acheminées vers les principaux marchés de la ville.  Ces deux industries comptaient à elles seules plus d’un millier d’emploi dans ce voisinage.  

De Lorimier abattoirs de l'est 1902 2-144-a copie

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21 décembre 2014

Des précisions concernant la gare du Mile-End

Lors d'une page précédente datant de juillet 2006, je vous présentais la gare du Mile-End (voir le lien suivant)

http://histoireplateau.canalblog.com/archives/2006/07/30/2383607.html 

Justin Bur, un ami du groupe «Mémoire du Mile-End» et un spécialiste du quartier ainsi que de l'histoire du chemin de fer dans le Mile-End, porte à notre connaissance certaines précisions.  Je vous les communique ci-bas.  Comme d'habitude, c'est fabuleux de détails.

Deux dates à ajuster:

– la gare du Mile End a fermé le 1er novembre 1931 (jour d'ouverture de la gare de l'avenue du Parc, ou Jean-Talon) 
– le nouvel édifice (agrandissement) a été ouvert au public le 11 mai 1911. Voir La Patrie du samedi 13 mai, page 7. Cet article nous donne aussi le nom de l'architecte, Walter S. Painter. Il était l'architecte en chef du CP à l'époque, ce qui explique le fait que cette gare soit typique de celles de la compagnie. 

L'année 1913 est mentionnée de temps en temps par confusion avec la brasserie Frontenac qui, elle, a été construite en 1913. Si on a une image de la gare avec la brasserie visible en arrière, on sait que l'image est de 1913 ou après. 

Quant à la brasserie, après son achat par National Breweries, elle est affectée à la marque Carling, plutôt que Dow. Une grande enseigne Carling sera posée au-dessus de l'édifice. Les deux marques Carling et Dow (comme bien d'autres) appartenaient à National, le gros monstre de la brasserie au Canada au 20e siècle. 

L'image, manquante en ce moment, de la gare avec le commentaire que le CP en prendra possession cet après-midi est une coupure du Montreal Star du 14 janvier 1911 (soit quatre mois avant l'ouverture). Elle se trouve ici: http://collections.banq.qc.ca/bitstream/52327/2084355/1/2734349.jpg 

Dans un commentaire, Jus se demande s'il y a des vestiges de la gare dans le hangar recouvert de tôle d'aluminium. Non, il n'y en a pas. Les deux bâtiments étaient d'ailleurs voisins et ont coexisté pendant une dizaine d'années. 

Qu'est-ce qui est arrivé à la gare après sa fermeture? Un bureau de fret du CP y est demeuré un certain temps. Pendant presque quarante ans, la plus grande partie de l'immeuble a été louée à différentes entreprises comme manufacture ou entrepôt. On les retrouve dans les annuaires Lovell aux adresses 53 et 69 Bernard Est. 

La gare a été démolie en août 1970, en prévision de la construction imminente du viaduc Rosemont–Van Horne. Ça devait faire l'affaire du CP, qui ne tenait absolument pas à conserver son patrimoine bâti (pensez à la tentative de détruire même la gare Windsor à la même époque). La gare de West Toronto, contemporaine de celle du Mile End et dans le même style, est restée en fonction jusqu'à la fin des services voyageurs du CP en 1978. Elle est devenue une cause célèbre en 1982 lorsque le CP l'a démolie en catimini contre la demande expresse de la ville de Toronto. En réponse, le parlement fédéral a adopté la Loi sur la protection des gares ferroviaires patrimoniales en 1988. Dans le sénat, la seule vote contre la loi était celle d'Ian Sinclair, qui avait été président du CP au moment de cette démolition. 

Comme vestiges de la gare du Mile End aujourd'hui il reste un pavage au sol en briques rouges, et la clôture avec ses poteaux de béton et grillages de fer qui longe la rue Bernard vers l'est. 

Justin Bur – Mémoire du Mile End

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21 novembre 2014

Le pont des amoureux

Lorsque la Ville de Montréal aménage les deux étangs du parc Logan en 1900 (il sera nommé parc Lafontaine en 1901), la topographie des lieux fait en sorte que les deux plans d’eau sont à des niveaux différents. On a alors l’idée d’aménager une cascade et de construire un pont. Son concepteur, l’architecte français Clovis Degrelle, propose une belle petite structure rustique, avec un toit en pavillon, et un aménagement de balustrades de ciment, qui imitent des rondins de bois. C’est du plus bel effet! Sous le pont, le site de la cascade est aménagée de telle sorte que les promeneurs peuvent y descendre et traverser vers l’autre étang; ce que ne manquent pas de faire les amoureux en assurant un bref arrêt, sous le pont, à l’abri des regards. Cette circonstance donnera d’ailleurs au pont le sobriquet de “pont des amoureux”. La photo nous montre l’allée principale menant au pont, offrant elle aussi avec ses rondins, un caractère champêtre et romantique. Ce beau paysage fut remplacé dans les années 1950 lors du grand réaménagement du parc Lafontaine.

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 photo : Archives Ville de Montréal

Sur cette autre photo, on voit bien le passage sous le pont...mais pas d'amoureux!

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photo : Archives Ville de Montréal

Pendant plusieurs années, il n'y aura pas ni pont, ni cascade entre les deux étangs.  Le réaménagement des années 1990 nous ramènera le pont et une magnifique petite chute qui nous propose un bruit de fond fort agréable en été.

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20 novembre 2014

Les Canadiens sont là!

Le lundi 9 mai 1966, Montréal est en liesse! Les Canadiens viennent de remporter leur 14ème coupe Stanley et c’est la parade traditionnelle dans les rues de la ville. Le Plateau n’est pas en reste car le boulevard Saint-Joseph, avec sa belle perspective et son vaste dégagement qui lui permet d’accueillir de grandes foules, est le lieu de prédilection pour ces grands évènements. Le Père Noël et sa parade annuelle de novembre sur le boulevard est aujourd’hui en compétition avec Jean Béliveau et Bobby Rousseau, les deux meilleurs pointeurs du club. Angle Saint-Hubert, la foule est dense et joyeuse; tandis que des adolescents, qui ont aujourd’hui dans les 60 ans (et qui courent probablement moins vite) profitent de la pause du diner pour voir leurs héros de près. À l’époque cravates et vestons sont de mise pour aller à l’école. Les organisateurs de tels évènements fréquentaient souvent le Plateau parce que la population, plus nombreuse qu’ailleurs, raffolait de ces hommages et assurait toujours une belle foule.

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source : Archives de la Ville de Montréal

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19 novembre 2014

Une belle rue ombragée

En cette belle matinée de janvier 1936, nous sommes à braver le froid, à l’angle de l’Avenue du Parc et du boulevard Saint-Joseph. On peut encore y admirer les beaux grands arbres qui ornent le mail central, puisque jusqu’à Henri-Julien, cette section du boulevard était située sur le territoire de Ville Saint-Louis. Cette voie offrait un axe central doté d’un double alignement d’arbre; ce qui lui conférait le caractère prestigieux recherché par cette jeune ville dynamique et moderne. Il ne faut pas oublier qu’au moment de son annexion à Montréal en 1909, c’était la troisième ville en importance au Québec. Les arbres sont malheureusement disparus au début des années 1960. On voit également, à gauche de la photo, près de la rue jeanne-Mance, l’Institut Éducatif Juif , qui nous rappelle que cette communauté a occupé pendant plusieurs années, une vaste partie du secteur. On constate aussi que les “sleighs” et leurs chevaux parcourent toujours les rues du quartier. Vous conviendrez que nous sommes bien loin du caractère trépidant de cette même intersection aujourd’hui. 

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source : Archives Ville de Montréal

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30 octobre 2014

Un village en ville

Mais dans quel coin du Québec peut-on visiter ce beau petit village?  Oh! Il ne suffit pas d’aller bien loin; vous pouvez même y aller à pied. Rendez-vous rue Berri, près de la rue Boucher, et vous pourrez encore admirer la belle demeure de pierre visible au centre de la photo. Quelques autres maisons de cette époque, surtout celles faites de maçonnerie, existent toujours dans le secteur. Sur cette photo vers 1950, nous sommes au coeur de l’ancien Village de Coteau-Saint-Louis (qui a été créé en 1846 et annexé à Montréal en 1893). Les petites maisons de bois, avec leurs lucarnes et leurs toits à deux versants, sont malheureusement aujourd’hui disparues, sauf une toute dernière rue Lagarde. Elles logeaient les carriers travaillant à extraire la pierre calcaire de la grande carrière Dubuc, sous l’actuel parc Laurier. Ces pierres ont servi à construire plusieurs édifices du Vieux-Montréal; mais surtout dans le Plateau, avec toutes ces façades de pierres grises que l’on retrouve sur nos rues.

CSL 03Q_E6S8SS1SSS0649D03529PA11 Source : BAnQ; fonds Edgar Gariepy Rédaction : Société d’histoire du Plateau Mont-Royal www.histoireplateau.org

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