histoire du Plateau Mont-Royal

17 juin 2016

Les véhicules électriques ...c'est pas nouveau !

Les voitures électriques sont en vedettes par les temps qui courent.  Pourtant, déjà au XIXème siècle, la plupart des déplacements urbains étaient mus par l'électricité;  on comptait par millions les passagers des tramways montréalais.  Cette image de 1949 montre la rue De La Roche vers le nord depuis la rue Rachel.  

1949 Trolleybus, rue Rachel, coin Du-Parc-Lafontaine, Archives de la Société de Transport de Montréal, 3-949-006 - Copie

Une nouveauté de l'époque, le "trolleybus", est la version moderne du tramway qu'il s'apprête d'ailleurs à détrôner bientôt.  Il a été mis en service en 1937.  Le dernier tramway quittera nos rues en 1959.  Par ce matin frisquet, la circulation est intense rue De La Roche puisqu'on y voit aussi un de ces nouveaux autobus, ainsi qu'un  cheval qui regagne son écurie ou qui s'apprête à commencer sa journée de travail.  Il faut se rappeler qu'au début des années 1950, la distribution du lait et celle du pain se font toujours avec des voitures tirées par des chevaux.  La petite station-service a été remplacée par un édifice résidentiel de condominiums, ainsi que les petits bâtiments de deux étages en bordure de la ruelle.  Ces derniers faisaient étalage de magnifiques boiseries et corniches; et les façades étaient surmontées de belles mansardes d'ardoises.  Les édifices avaient été transformés en restaurants il y a plusieurs années, dans un mouvement de spéculation afin de transformer la rue De La Roche en un lieu de restauration rapide comme Prince-Arthur et Duluth, qui connaissaient alors une popularité extraordinaire.  La pression populaire fit finalement stopper le projet. 

Vous remarquerez sur le poteau à gauche de la photo, le signe de la "Commission de transport de Montréal" (une croix encerclée) ainsi qu'un panneau de stop.  Les feux de circulation ne sont pas encore installés.

Le paysage architectural et les moyens de transport changent mais l'électricité est toujours là...ça doit être une bonne idée.

 

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07 juin 2016

C'est la grande messe de l'auto

Tout le monde le sait, l’automobile fait bien jaser dans le quartier !  On discute avec vigueur de la place que prennent les véhicules sur nos rues.  Où stationner toutes ces autos?  Est-ce un droit?  Est-ce un privilège? 

Toujours est-il que l’auto est bien débrouillarde et se trouve toujours un petit coin pour se loger.  Mais quand même, c’est parfois discutable comme dans notre exemple sur la rue Saint-Laurent.  Le «diable auto» fait maintenant appel au Bon Dieu afin de trouver bonne grâce auprès des résidants.  Je ne suis toutefois pas sûr que ce soit une bonne idée. 

Cette grande messe de l’auto s’organise rue Saint-Laurent juste au sud de Prince-Arthur.  Les photos de 1942 nous montrent les vestiges de l’Église Presbytérienne Chalmer’s, dont la façade a été modifiée pour y ajouter des locaux commerciaux.

16 août 1942 rue Saint-Laurent près de Milton église Chalmers

SOURCE  :  Archives de la Ville de Montréal

 La construction de l’église remonte à 1872 et l’histoire nous signale qu’elle est finalement à vendre au début de 1910.  Les fidèles se sont vraisemblablement déplacés ailleurs en ville, entraînant la fermeture du lieu de culte.  Par la suite, on ne trouve rien de mieux que d’y installer, en 1925, un commerce de mécanique automobile, le Main Garage, qui opère dans la nef de l’église jusqu’en 1941. On constate la popularité grandissante de l’automobile à Montréal, puisqu’une autre structure architecturalement importante, la maison de la famille Molson, angle Sherbrooke, est aussi transformée en station-service (qui existe toujours d’ailleurs).  John Molson, fondateur de la brasserie du même nom s’en porte acquéreur en 1825 et elle sera également transformée en fonction commerciale en 1924.

 Pour ce qui est du Main Garage, on présume qu’un incendie est venu le priver de son toit et ainsi mettre fin à ses opérations.  Les propriétaires n’ont rien trouvé d’autre que de se résigner à démolir le bâtiment.  Le lieu est toujours occupé à des fins de stationnement automobile; comme quoi le «char» est encore très omniprésent dans notre environnement.

CSL 16 août1942 rue Saint-Laurent près de Milton 2 église Chalmers

SOURCE : Archives de la Ville de Montréal

Il est difficile de s’imaginer aujourd’hui qu’une église soit utilisée à des fins de garage de mécanique automobile.  D’une allure sobre et relativement simple, l’église Chalmer’s reprend un langage architectural typique des constructions de cette fin du XIXème siècle dans le quartier.  Pierre calcaire à bossage et pierre taillée pour les chaînages d’angle;  le tout provenant  fort probablement des carrières du Coteau Saint-Louis

Église Chalmers 1910 rue Saint-Laurent pres de Prince-Arthur

SOURCE : BAnQ

Sur cette photo provenant de l’édition du 30 avril 1910 du Star, on peut voir l’église dans son allure originale.  Elle est implantée en bordure du trottoir et on y accède par des escaliers latéraux.

 

 

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29 mai 2016

Un gros pont au-dessus du parc Laurier

Au XIXème siècle, le chemin de fer était le principal moyen de transport terrestre assurant le mouvement des biens et des personnes sur de longues distances.  Dans le dernier quart du siècle, c'est le projet du train de la colonisation du Curé Labelle qui volera la vedette et qui assurera en octobre 1876 la première liaison Montréal Saint-Jérôme. 

pont au-dessus des carrieres parc laurier BAnQ copie corrigée

  source : BAnQ  /  collection numérique "Canadian Illustrated News"

Mais l'établissement du tracé de ces voies ferrées de la rive nord n'est pas de tout repos.  Plusieurs enjeux sont en confrontation.  Des propriétaires fonciers tirent la couverture pour que le tracé passe par chez eux.

Cela se terminera par le choix de l'emplacement que nous connaissons aujourd'hui, au nord de la (future) rue Saint-Grégoire.  Toutefois, le trajet du train doit traverser le secteur des anciennes carrières de pierre du parc Laurier.  On doit construire alors un immense pont ferroviaire qui surplombe le trou des carrières.  Ce trajet sera aussi celui qui sera plus tard emprunté par le premier train transcontinental à rejoindre le Pacifique depuis Montréal, en juin 1886.  Cette illustration de 1880 nous montre l'ouvrage d'art au-dessus de l'ancienne carrière et l'on peut voir le mont Royal au loin.  Pour les curieux qui souhaitent se situer dans l'espace, on peut dire que le point de vue de l'illustration se trouve aux environs de l'actuel Éco-Centre situé rue Des Carrières.  Les voies ferrées sont toujours situées au même endroit aujourd'hui.  La photo suivante nous montre, avec les points rouges, la situation présumée du fameux pont.  On voit la rue Menrtana à gauche; la rue Laurier en bas à droite; et la rue Saint-Grégoire dans le haut de la photo , qui borde la partie nord du parc.

1976 Parc Laurier, Rhéal Benny, Archives de la Ville de Montréal,VM94-B209-127 copie copy

source : Archives de la Ville de Montréal / photo Rhéal Benny

Par la suite, la carrière servira de lieu d'enfouissement pour la Ville pendant plusieurs années, avant d'être transformée en un parc qui sera aménagé dans les années 1920.  La partie entre les voies ferrées et la rue Saint-Grégoire servira plusieurs années de plus comme dépotoir au grand dam des citoyens des alentours car les enfants s'amusaient ferme dans ce "parc" un peu spécial.

 

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20 mai 2016

De grands arbres centenaires

Actuellement, la Ville procède à l'abattage de quelques grands peupliers centenaires qui occupent la partie centrale du parc La Fontaine.  Ces arbres avaient été plantés afin d'encadrer ce qui était un circuit de parade situé dans la partie du parc autrefois occupée par les militaires.  Plusieurs sont déjà disparus et il est triste de voir cet "aménagement historique" disparaître peu à peu.  Certains disent qu'il aurait fallu prévoir leur vieillissement et replanter de nouveaux arbres; d'autres pensent qu'un suivi rigoureux et un élaguage préventif auraient pu prolonger leur durée; d'autres enfin disent, laissons le processus de consultation citoyenne actuellement en cours suivre son chemin.  Personnellement, j'aurais aimé voir se prolonger ce paysage (même évolutif) pour le simple bonheur de faire partager la fascination de voir de tels géants continuer de nous offrir le son de leurs bruissements quant le vent glisse dans leur feuillage.  À suivre.

La photo suivante nous les montre vers 1927 et il est facile de distinguer l'emplacement de ce terrain situé dans la partie centrale du parc.

Vue aérienne du parc La Fontaine vers 1930 VdeM

 

source : Archives de la ville de Montréal (cliquez pour agrandir la photo)

Dans la photographie aérienne, on aperçoit également une partie de l'aménagement de la partie ouest du parc; la partie dite "romantique".  On constate aussi que la fontaine lumineuse n'est pas encore installée (1929) et que l'école primaire-secondaire Le Plateau n'est pas encore construite (1931).  La partie est du parc nous montre, quant à elle, son aménagement "à la française".  On aperçoit aussi au loin dans le haut à gauche, le terrain qui sera occupé dans quelques années par le parc Sir Wilfrid Laurier.  On a terminé le remplissage des anciennes carrières qui occupaient les lieux et on laisse reposer et se tasser le sol un peu avant de procéder aux aménagements.  La dimension du terrain va de Brébeuf jusqu'à Saint-Hubert.

Les résidences du "nouveau" boulevard Saint-Joseph commencent à peine à sortir de terre et le tronçon tout juste à l'ouest de l'église Saint-Stanislas ne semble pas encore avoir été démoli afin de permettre le prolongement du boulevard vers l'est.  Le "futur" quartier Rosemont, en haut à droite, est toujours largement agricole ou à tout le moins, pas encore développé.

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14 mai 2016

En plein coeur du Plateau, le carrefour Mont-Royal et Saint-Laurent

En 1928, le carrefour Saint-Laurent et avenue du Mont-Royal représente le point névralgique du quartier.

 

1928 Avenue du Mont-Royal coin Saint-Laurent vers l'est, Archives de la Ville de Montréal,VM098-Y-D2-P056

source : Archives de la Ville de Montréal  /  fond de la CSEM

 

C'est le coeur commercial du futur Plateau qui est en mutation.  Tout juste à notre gauche mais hors du champ de la photo, se trouve le fameux magasin départemental "Mont-Royal";  le plus grand magasin du "nord" de la Ville. 

La faible densité des constructions en place témoigne de la réalité du tissu urbain des anciens villages du secteur.  Petits bâtiments, façades de bois, on sent bien que tout ça va bientôt changer.  Nous voyons sur cette photo, la deuxième génération de bâtiments de l'ancien Village de Saint-Jean-Baptiste. Les premiers, petits bâtiments avec toiture à deux versants, ont été remplacés par ceux que nous voyons sur la photo.  Ça bouge dans le coin !  D'ailleurs, les poteaux téléphoniques et les nombreux fils qui tissent leur toile au-dessus de la rue nous disent que le progrès est à nos portes et que les tramways montréalais, qui se dirigent dans toutes les directions, sont porteurs d'avenir. 

À cette heure du jour, il n'y a pas encore beaucoup d'activités ni de passants, mais un policier doit malgré tout assurer le bon ordre entre tramways et voitures, car les feux de circulation ne sont pas encore inventés.  Comme quoi le progrès n'est effectivement pas encore tout à fait arrivé.

La photo suivante de 1975 nous montre un peu de ce progrès.  Le tramway a été remplacé par les autobus et le vieil immeuble a lui aussi été remplacé par l'édifice LANDRY, aussi appelé le "Belmont".

Mont-Royal et Saint-Laurent juin 1975 Robert N

source : Robert N. Wilkins sur le site MTL Then and Now

Ce sont les archives de la Commission des services électriques de la Ville de Montréal qui nous offrent toutes ces photos anciennes de Montréal.  La Ville amorçait un long processus d'enfouissement des fils aériens et les administrateurs de la CSEM souhaitiaient montrer les avantages d'une telle opération en montrant des photos avant-après.

Le temps passe ...mais la belle horloge de la Banque d'Épargne est toujours là.

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25 avril 2016

LE NOUVEL ÉDICULE DU MÉTRO MONT-ROYAL

On parle beaucoup du nouvel édicule du métro Mont-Royal qui est attendu avec impatience,  Le réaménagement de la Place Gérald-Godin fait aussi l'objet de discussions enflammées.  Il est aussi question de relocaliser la bibliothèque du Plateau sur le terrain adjacent à l'ancien monastère des Pères du très-Saint-Sacrement de l'autre côté de la rue.  Beaucoup de travail en perspective. 

Mais cela n'est rien comparé aux travaux de construction du métro de Montréal.  La photo montre le chantier de la station Mont-Royal au milieu des années 1960.  Le maire Jean Drapeau a sorti ses travaux herculéens de préparation de l'Exposition universelle de 1967; et des moyens d'y accéder adéquatement en construisant un métro qui fera la fierté des montréalais.  D'ailleurs, les deux projets sont en parfaite symbiose puisque c'est avec la pierre excavée par le percement des tunnels du métro, que l'on construira les îles de l'Expo sur le fleuve Saint-Laurent.  Comme disait justement la chanson de l'Expo...."Un jour, un jour quand tu viendras.... Nous te ferons la fête, sur une île inventée, sortie de notre tête, toute aux couleurs de l'été". 

Mais elle n'est pas facile à sortir cette pierre.  L'accès au tunnel se fait en tranchée et les camions doivent rejoindre les travaux par une pente abrupte.  Alors, la prochaine fois que vous emprunterez l'escalier du métro, essayez de vous imaginer le trajet emprunté par ces camions. 

MÉTRO MONT-ROYAL

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29 mars 2016

commerces de quartier et clientèle fidèle

Depuis quelques temps , les spécialistes s'inquiètent de l'avenir des artères commerciales des quartiers anciens montréalais. Cette photo laisse plutôt deviner l’atmosphère d’une autre époque.  La foule, massée devant le magasin L.N.Messier Ltée, angle Fabre et Mont-Royal, attends les résultats d’une quelconque campagne de marketing de ce grand commerce du Plateau Mont-Royal.  À n’en pas douter, les tirages offrant souvent des prix très alléchants ont encore la cote. 

Ce magasin «départemental» sert alors de phare au succès commercial de l’avenue.  On y retrouve le premier et unique escalier mécanique de l’avenue du Mont-Royal; ce qui lui confère une certaine notoriété et une touche assurée de modernité.  Messier s’est fait connaître entre autres, par ses campagnes de publicité inusitées comme celle de la vente des minis voitures Austin 850, pour la modique somme de 850$.  Le magasin a également offert des bicyclettes 26 pouces, pour 26$.  Mon petit salaire de camelot m'a d'ailleurs permis de m'en procurer une qui pendant plusieurs années a fait ma grande fierté.  Ces bicyclettes venait je crois de Tchécoslovaquie; ce qui a l'époque ne semblait malheureusement pas être un gage de grande qualité.  Pour moi, cela demeurait quand même la plus belle du monde.

Ces années 1950 correspondent à un des âges d’or cycliques de cette grande rue commerciale.  L’annonceur vedette Roger Baulu, adulé du public, est le porte parole du magasin, ce qui lui assure une grande visibilité dans tout Montréal.  L’endroit est aujourd’hui occupé par le commerce l’Aubainerie.

 

Lsource : Fonds J.O. Allard  BAnQ

 

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19 mars 2016

Un chemin de fer incliné

Le Plateau Mont-Royal a toujours recelé des secrets ou offert des activités uniques.  Par exemple, pendant longtemps, l’accès au sommet du mont Royal ne peut se faire qu’à pieds, en empruntant le chemin Olmsted qui serpente sur la montagne depuis les entrées de la rue Rachel et de l'avenue du Parc; ou par celle de la rue Peel et de l’avenue des Pins.  Le chemin est nommé en honneur de Frederick Law Olmsted, l’architecte paysagiste qui traçe les plans de ce magnifique parc montréalais en 1876.  La partie Est du parc déborde alors sur le territoire du Plateau et englobe l’actuel parc Jeanne-Mance.  

Les gens font la promenade à pieds ou grimpent en calèche jusqu’au sommet.  Olmsted a imaginé un concept où il offre au fil de la promenade divers paysages; clairières, boisés, vallées, afin d’agrémenter la randonnée dans le parc et faire ressentir diverses émotions au promeneur.  On est à ce moment bien loin de la ville enfumée et turbulente. 

L’engouement des montréalais pour le mont Royal est tel qu’en 1885 on construit un funiculaire qui amène les gens à un observatoire qui permet d’observer tout l’est de Montréal et d’embrasser du regard toute cette belle petite ville de Saint-Jean-Baptiste et une partie du centre-ville.  Le trajet se divise en deux parties; une qui origine de la rue De Bleury et Duluth, où le visiteur emprunte un premier wagon qui l’emporte sur une voie plutôt horizontale, jusqu’au pied du funiculaire proprement dit.  Le promeneur change alors de «véhicule» et monte dans une cabine à plusieurs niveaux qui grimpe sur des rails à crémaillère jusqu’à l’observatoire.  Le tout est opéré à vapeur et chaque wagon se déplace en synchronisme avec l’autre; celui qui descend entraînant par son poids celui qui monte.  Cette «attraction» est très populaire et permet aux montréalais d’amorcer leur histoire d’amour avec la montagne.  On aime aller sur la montagne pour fuir l’air pollué de la ville, mais surtout pour  admirer le panorama de la métropole.  C’est encore le seul endroit pour ce faire, puisque ce n’est qu’en 1906 que la terrasse du grand chalet de la montagne sera aménagée. 

En 1918, on se résigne finalement à fermer le funiculaire car la structure est devenue dangereuse.  Il sera démoli en 1920, mais le promeneur attentif peut encore voir quelques vestiges de la structure sur les pentes du mont Royal.  La photo suivante montre les restes d'une assise de l'installation du funiculaire.  (cliquez sur les photos pour les agrandir).

vestiges funiculaire du Mont-Royal Gabriel Jacob Asource : photo de Gabriel Jacob sur le site Montreal Then & Now. 

Après sa démolition, ce n’est qu’en 1924 (depuis la Côte-des-Neiges) et en 1930 (depuis l’avenue du Parc) que les montréalais peuvent emprunter le tramway pour grimper à nouveau sur la montagne, sans trop d’efforts.

DSCN6711

La gare du «Incline Railway» qui vous invite au voyage pour 8 sous seulement.  On voit à l’arrière plan le dôme de la chapelle de l’Hôtel-Dieu.

PMR funiculaire BAnQ

SOURCE   BAnQ

Très belle carte postale ancienne colorisée montrant la fin de la première section horizontale du trajet du funiculaire.  On aperçoit aussi les deux cabines ainsi que la plate-forme d’observation au haut de la pente.

 

G-1483funiculaire

Source Archives de la Ville de Montréal

La deuxième section du trajet circule à certains endroits au-dessus du chemin Olmsted.  Un escalier situé tout à côté du funiculaire permettait également aux promeneurs de revenir à pieds.

panorama 1906Source BAnQ 

Panorama vers le Plateau Mont-Royal depuis la plate-forme d’observation du funiculaire.  On voit une foule de détails sur cette photo lorsque vous l'agrandissez.  Entre autres un grand réservoir dans le parc Jeanne-Mance, près de la rue De l'Esplanade, derrière les ailes de l'ange du monument de Cartier.  On peut voir également la villa Piedmont en bas à droite (voir "des chateaux sur le Plateau")

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26 février 2016

"Une banque historique sur l'avenue du Mont-Royal"

Quand j’étais petit, j’ai déjà été le petit garçon le plus riche du monde !  J’avais même mon propre coffre-fort !

 En fait, mon père m’avait offert une petite tirelire en métal, prêtée par la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal.  Pour moi, elle semblait très solide et surtout, très sûre ; avec ses véritables clefs et sa lourde porte.  On ne parle pas ici d’un vulgaire cochon rose en plâtre ; qui doit être finalement sacrifié pour obtenir le fruit de nos économies ; Non, Non !  Un véritable coffre-fort, avec une clef qui permet des retraits et une gestion avisée de notre gros 6.75$ ; bien sûr avec l’aide du parent détenteur de la fameuse clef.

 

DSCN6922

 

En fait, voici la véritable pièce de collection (photo d'Ange Pasquini)

coffre-fort 2

 

J’avais malgré tout l’impression d’être vraiment riche.  Parfois, mon grand-père me donnait en cadeau, un grand cinquante sous rond ; une roue de «gros chars» comme il disait.  Alors là, c’était le comble du ravissement, d’entendre le bruit sourd de la pièce qui tombe dans la tirelire.  C’était probablement ce genre de plaisir, qu’entretenait le Séraphin des «Belles Histoires».  Mais, pour un enfant de cinq ans ; c’est quand même pas très inquiétant !

Ces souvenirs me ramènent plus de soixante ans en arrière et bien que la banque s’appelle maintenant «la Banque Laurentienne», c’est toujours la même institution ; la succursale est toujours au même endroit et elle a fait récemment les frais d’une rénovation en profondeur.  Pour moi, c’était même le troisième décor de cette succursale que je voyais.  Ce n’est pas banal.  Comme je conserve toutes sortes de choses (et que mes parents faisaient de même avant moi) j’ai retrouvé dans mes vieilles boîtes pleins d’articles reliés à cette banque.  Cela m’a donné l’idée de leur proposer que notre société d’histoire organise dans la succursale, une petite vitrine-exposition afin de marquer l’inauguration de leurs nouveaux locaux.  J’avais différents artefacts illustrant les opérations de cette banque (carnets bancaires, chèques anciens, cartes de guichet, etc.) et je pensais intéressant que notre société montre ça aux gens du quartier.

Il faut dire que cette succursale bancaire est la plus ancienne de l’avenue du Mont-Royal ; même si elle est maintenant la plus moderne !  Elle existe au même endroit depuis plus d’une centaine d’années.  L’histoire de l’institution elle-même n’est pas banale non plus puisque que c’est à l’instigation de Monseigneur Bourget lui-même, que différents hommes d’affaires montréalais, dont plusieurs notables du quartier, ont mis sur pied cette institution de la Banque d’Épargne de la Cité et du District de Montréal ; qui visait prioritairement à promouvoir l’épargne chez les francophones montréalais.  Outre de grands noms comme Louis-Joseph Papineau, Louis-Hippolyte Lafontaine ou Georges-Étienne Cartier ; on retrouvait parmi les fondateurs ou directeurs ; les noms de Boyer, Comte, Fabre et même le docteur Pierre Beaubien de Saint-Louis du Mile-End.

La Banque Laurentienne ayant préféré décliner notre offre (nous aurions quand même bien aimé entendre tomber quelques «roues de gros chars» dans notre maigre budget ; mais ce sera pour une autre occasion), nous pensions qu’il serait malgré tout intéressant de verser les photos et quelques explications à notre site internet ; pour le bénéfice de ceux qui aiment se rappeler de vieux souvenirs.

Voici donc quelques éléments de cette petite collection.

 

DSCN6905

Tout d’abord, les vieux carnets du grand-père ; ainsi qu’un chèque datant de 1920 ; versé sur l’hypothèque de la maison qu’il avait achetée quelques années plus tôt, rue Christophe-Colomb.

 

 

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Des chèques rédigés dans la langue de Shakespeare

 

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Des livrets presque "Flower Power"

 

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À cette époque, la banque est une institution importante et le «gérant de banque», un homme encore plus important.  À cette époque, les banques ne courent pas après les clients pour leur prêter de l’argent ; c’est plutôt le contraire !  Le gérant à droit de vie ou de mort sur l’emprunt ; d’où l’importance de son statut. 

Les opérations bancaires étaient également fort différentes d’aujourd’hui.  Toutes les opérations s’effectuaient en personne et toutes les transactions étaient inscrites manuellement, à la plume, par le caissier, dans le carnet de l’épargnant et dans le «grand ledger» de la banque.  Par la suite, des «machines» sont venues prendre charge des écritures.

 

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Plusieurs années plus tard, l’arrivée de l’électronique et de l’internet est venue transformer le monde bancaire et les façons, pour les clients, de faire affaires avec la banque.  L’apparition des caissiers automatiques a par la suite facilité l’accès à l’argent à toutes heures du jour et a finalement transformé les clients en «caissiers virtuels».  Les reçus de guichet et les relevés électroniques ont depuis remplacés les livrets.

 

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Ces livrets ont aussi revêtus de nombreux habillages au fil du temps.  Bien sûr, pendant un long moment, la banque s’est appelée la «Montreal City and District Savings Bank» ; mais elle fut surtout connue sous le nom de «Banque d’Épargne», avant de devenir la Banque Laurentienne.

DSCN6912

 

C’est assez intéressant de penser qu’un emplacement commercial de l’avenue du Mont-Royal puisse demeurer aussi longtemps au même endroit et continuer d’exister malgré autant de changements dans son fonctionnement et dans son environnement d’affaires.  Entre Monseigneur Bourget et aujourd’hui, il en est passé des «trente sous» dans les caisses de cette banque.

 

En passant ; j’ai toujours ma petite tirelire et je la trouve toujours «impressionnante»

 

 

 

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08 février 2016

"Vous êtes trop jeunes pour prendre le métro"

Le métro de Montréal reçoit cette semaine ses premières voitures "Azur".  Cela nous rappelle aussi que le métro, inauguré en 1966, fête son demi-siècle d'existence.  En 1957, ces petites filles ne peuvent pas encore prendre le métro; mais c'est pour la simple raison qu'elles ne sont pas assez vieilles, puisque le métro ne sera construit que 10 ans plus tard. 

caisse populaire St-Sacrement 1957 B photo Claude Décarie

La scène se déroule angle de l’avenue du Mont-Royal et de la rue Berri.  La construction du premier édifice de la Caisse populaire du Saint-Sacrement, à droite de la photo, se termine à peine et les rails du tramway sont toujours visibles, puisque celui-ci ne cesse de circuler à Montréal qu’en 1959.  L’édifice de gauche fait partie du sanctuaire du Saint-Sacrement et il est toujours debout.  La construction du métro obligera la démolition de plusieurs maisons des rues Berri et Rivard; ainsi que celles des commerces voisins de la Caisse sur Mont-Royal.  Ce n’est qu’au début des années 1990 que cette dernière déménagera dans l’édifice de l’ancien « Mont-Royal Barbecue » ou elle se trouve toujours.  On amorce alors l’aménagement de ce qui deviendra en 1996, la Place Gérald-Godin et le cœur vibrant de l’avenue du Mont-Royal.

On parle actuellement de repenser l'aménagement de la Place et éventuellement de relocaliser la bibliothèque du Plateau Mont-Royal dans le terrain de stationnement du monastère.  Beaucoup de changements en vue.

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