histoire du Plateau Mont-Royal

23 février 2014

Un (autre) chateau dans le Plateau!

Il y a les châteaux de la Loire et il y a ... les châteaux du Plateau.

Je vous ai déjà parlé d'une demeure magnifique angle Rachel et Christophe-Colomb.  Je vous ai également fait découvrir le château de la Famille Logan, angle Mont-Royal et Fabre.  Eh bien, pour poursuivre sur cette lancée, en voici un autre, tout aussi beau et peut-être beaucoup plus romantique.  Il se trouvait dans le Fletcher's Field, à la hauteur de la rue Duluth, à l'ouest de l'Avenue du Parc, tout juste au sud de l'emplacement de l'actuel quartier général du Service des Incendies de la Ville de Montréal.  Bien sûr, à l'époque de sa construction vers 1820, il est pratiquement seul sur le versant est de la montagne. 

Les grandes villas du XIX ème siècle montréalais portent toutes un nom.  Comme celle-ci est construite au pied de la montagne, son propriétaire l'appelle "Piedmont".  L'histoire nous dit qu'elle était parmi les premiers édifices ayant pavé la voie aux majestueuses villas du "Mille Carré Doré".

Montréal en 1832 Piedmont James Duncan McCord M312

Cette très belle illustration de James Duncan montre la villa "Piedmont", en 1832, avec son joli toit rouge, confortablement installée au pied de la montagne.  Elle trône dans le paysage rural de ce secteur encore assez éloigné de la ville.

Son premier propriétaire, le juge Louis-Charles Foucher (1760-1829) l'habite pendant une dizaine d'années et, à sa mort, c'est John Frothingham (1788-1870) qui s'en porte aquéreur.  Frothingham, américain d'origine et quincaillier de métier, voit son commerce prendre un essor fulgurant à la suite de son association avec William Workman en 1836.  L'entreprise devient le quincaillier en gros le plus important d'Amérique du Nord.  En 1859 il se retire des affaires et termine paisiblement sa vie à "Piedmont", en compagnie de sa fille Louisa, qui veille sur lui jusqu'à son décès.  Elle lui avait fait le voeu de ne pas se marier et de veiller sur lui jusqu'à la fin.  On le voit, sur la photo suivante, en 1862.

John Frothingham, Montréal, QC, 1862

John Frothingham par Notman

En 1890, les terrains de la propriété sont achetés pour construire l'hôpital Royal Victoria.  La villa est temporairement épargnée; mais elle est finalement démolie en 1939. 

Mais durant les 120 ans de son existence, force est d'admettre qu'il s'agit d'un bâtiment exceptionnel.  Son implantation, son architecture et sa volumétrie en font un édifice particulier, qui n'offre pas du tout le même langage que les grandes villas qui s'implantent dans le "Mille Carré Doré" quelques années plus tard.  Nous sommes ici, résolument dans une architecture possédant le caractère d'une propriété rurale; par opposition aux autres villas qui sont souvent beaucoup plus en dialogue avec leur voisinage immédiat, plus urbain.  La photo suivante de 1863, nous montre probablement John, qui prend la pose sur le balcon arrière de la maison.  Les atlas (voir plus loin) nous montrent la villa implantée dans l'axe de la future rue Durocher (qui n'est pas prolongée jusqu'à la villa et qui se termine plus tard à Des Pins) et, à la hauteur  de la rue Duluth.

Piedmont house des Pins et Durocher 1863 Frothingham

Avec sa façade avant, la villa du domaine Piedmont nous offre une architecture d'une grande sobriété, imposante par ses dimensions, et tout à fait en accord avec son milieu.  Curieusement, la résidence est orientée vers le nord et tourne donc le dos à la ville.  Le terrain avant doit offrir à la vue un vaste dégagement puisque la prochaine construction se trouve à la hauteur de l'avenue du Mont-Royal.  Cela plaisait sûrement plus ainsi, au constructeur de la villa.

Piedmont vers 1895 John Frothingham Notman

Encore une photo de la façade arrière, mais vers 1885 cette fois.  Le terrain est plus dégagé mais la petite fontaine est toujours là.  John Frothingham est décédé depuis 15 ans et c'est sa fille Louisa qui habite maintenant la villa.

« Piedmont», résidence des Frothingham, rue Durocher, Montréal, QC, vers 1885

La photo suivante nous montre l'intérieur de la villa Piedmont, ou l'on retrouve un décor, encore une fois assez simple, par opposition aux intérieurs victoriens qui sont sombres, très chargés et ostentatoires.  Ici, on retrouve plutôt un intérieur relativement chaleureux, très lumineux, ouvert  vers l'extérieur, et qui reflète parfaitement une vie de famille sans trop de flas flas malgré la richesse qui baigne le domaine.

Piedmont intérieur

 Sur l'extrait suivant de l'atlasGoad de 1914, on peut voir la villa Piedmont, située tout près de la ligne du chemin ferré du funiculaire, qui est localisé dans l'axe de la rue Duluth.  Cette attraction est un point d'intérêt majeur, pour les montréalais en quête de plein air et de verdure; et qui veulent fuir la ville enfumée.  Le funiculaire sera en fonction de 1885 à 1918.  On voit la villa qui est située au bout d'un chemin qui se veut le prolongement projeté de la rue Durocher.

Atlas Goad 1914 Villa Piedmont

Cette autre vue, montrant de trois-quart, la façade principale de la villa, laisse aussi paraître quelques aménagements autour de l'édifice.  Ces plantations nous rappellent que souvent ces villas sont entourées de vergers et que surtout, l'effet qui se dégage de l'ensemble, est des plus apaisant.

Piedmont vers 1880 Notman copie

Sur la prochaine photographie, on peut détailler une vue aérienne du secteur.  On y distingue l'avenue du Parc (à droite) et le monument de Sir Georges-Étienne Cartier.  La villa est mise en évidence par une petite tache rouge qui permet de la situer dans son contexte et sa proximité avec le stade Molson de l'université McGill.

Montréal vue aérienne 1925 Piedmont détail 2

Malheureusement, toute bonne chose a toujours une fin.  On voit ici la ville "Piedmont" à la  fin de sa vie.  Elle sera démolie vers 1939 après avoir été vacante plusieurs années.  On peut distinguer, à droite de la photographie, le tout nouveau quartier général du Service des Incendies de la Ville de Montréal.  L'édifice vient d'être complété en 1933 et il a été réalisé dans le cadre du programme des travaux de la crise entrepris par la ville.

Piedmont 1945 MTL avant-apres

Avec la démolition de "Piedmont", Montréal perd alors un domaine magnifique et une page importante de la vie sociale de Montréal est tournée; de même qu'une époque des grands domaines de la montagne qui se termine.  L'autre château voisin, la Villa "Bellevue" est déjà disparue depuis plusieurs années, emportée par la construction du stade.  On en parlera dans la suite de la description de cette saga des châteaux du Plateau.


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04 février 2014

Hotel-de-ville de De Lorimier

MISE EN VALEUR DE L’ANCIEN HOTEL-DE-VILLE DU VILLAGE DE DE LORIMIER 

L’ancien hôtel-de-ville de De Lorimier (angle de l'Avenue du Mont-Royal et de la rue Des Érables), malgré certaines transformations malheureuses au fil du temps (1931), demeure un édifice municipal remarquable dans le paysage architectural vernaculaire montréalais.  L’arrondissement du Plateau Mont-Royal l’a d’ailleurs inscrit dans son chapitre du Plan d’urbanisme, comme un immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle

Au-delà de son intérêt historique et patrimonial, la mise en valeur de ce bâtiment appuie la volonté de la Ville de Montréal de favoriser l’appropriation identitaire de leur quartier par les citoyens des différents secteurs de la ville ou des arrondissements.  Mettre en valeur l’ancien hôtel-de-ville de De Lorimier, c’est faire renaître et rappeler l’existence de ce quartier, en mettant en valeur son ancien noyau institutionnel.  

Outre le maintien fonctionnel, en ses murs, d’une caserne de pompiers; l’édifice est à toutes fins pratiques littéralement abandonné par la Ville depuis de nombreuses années.  En novembre 1999, un incendie altère sérieusement le bâtiment et, bien que des travaux de consolidation structurale soient entrepris rapidement, l’extérieur quant à lui, n’a jamais fait l’objet de travaux correctifs suite à l’incendie.  Une  restauration complète de l’édifice, plus coûteuse, fera l’objet de discussions ultérieures, mais dans l’immédiat, c’est le maintien et la mise en valeur de ce bien patrimonial qui s’impose. Ces travaux peuvent être entrepris très simplement et à relativement peu de frais. 

Construit en 1901, selon les plans des architectes Joseph H. Bernard & Paris et J.O.A. Laforest, cet édifice remarquable abrite alors l’hôtel-de-ville et fait office également d’édifice municipal qui loge les pompiers, la police, les bureaux administratifs et divers organismes communautaires.  C’est une faiblesse structurale de la tour d’angle qui en oblige la démolition en 1931. 

L’édifice est inscrit au document « Évaluation du patrimoine urbain du Plateau Mont-Royal », produit en 2005, comme immeuble de valeur patrimoniale exceptionnelle, dans le volet « édifices publics ».  Il est également situé dans un secteur d’intérêt patrimonial exceptionnel (l’Avenue du Mont-Royal). 

Constitué en 1895 à partir du territoire de la municipalité du village de la Côte-de-la-Visitation, le village de De Lorimier élira comme maire Christophe Messier en 1899. Érigée en municipalité en 1902, la Ville de De Lorimier est finalement annexée à Montréal en 1909. 

Il faut unir nos voix afin que ce vénérable bâtiment retrouve son intégrité. 

Hotel de Ville De Lorimier

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18 décembre 2013

Histoire vivante Avenue du Mont-Royal

Parfois, une petite ballade rue Mont-Royal nous ramène tout droit au milieu du XIXème siècle.  Angle Mont-Royal et Coloniale, de petits bâtiments, un peu usés, avec un toit à deux versants, des lucarnes, sont là immuables et nous regardent passer depuis plus de 150 ans.  

Malgré leur air fatigué, ils n'en demeurent pas moins des témoins privilégiés de notre vie de quartier.  Ils devraient d'ailleurs faire l'objet d'un intérêt plus soutenu et d'un soin jaloux de notre part; ainsi que d'une protection officielle, amplement justifiée par leur très grande valeur patrimoniale.    

maisons villageoises 032

 Cet antre du disque vinyle en aura vu passer des modes et des tendances.  Entre le 78 tours de Tino Rossi qui chante "Marinella" ou Georges Guétary qui nous sérénade avec "la Belle de Cadix"; il y aura aussi les 45 tours de Pierre Lalonde et "le sentier de neige" des Classels.  Aujourd'hui, tout ce magasin tient dans les entrailles électroniques de nos IPods et autres MP3.  Était-ce une résidence à l'origine; ou déjà un commerce?  Dans l'immédiat, nous ne pouvons le dire.

maisons villageoises 033

 

C'est comme cette photo d'Alexander Henderson qui est décrite comme étant située..."sur le chemin Mile-End".  S'agit-il de l'Avenue du Mont-Royal ou de la rue Saint-Laurent?  Chose sûre, nous y voyons un paysage qui serait susceptible d'être composé des petites maisons qui nous intéressent.  Si la scene est prise sur Mont-Royal, on regarde vers l'est et si c'est sur Saint-Laurent, on regarde vers le sud (à cause du soleil)

 

Chemin Mile End (Henderson) (2) Mont-Royal et De Bullion

 

 

maisons villageoises 035

 

Regardons plus précisément sur une carte de quoi il en retourne en 1869, au moment où la garnison britannique s'apprete à quitter le pays après avoir dressé un plan très détaillé de Montréal et de plusieurs territoires de l'Île.

La rue Mont-Royal s'appele alors la "Tannery street", puisqu'elle nous mène directement aux installations de la tannerie de la Famille Bélair.  C'est en 1710 que Jean-Louis Plessy dit Béllaire, installe sa tannerie en pleine campagne, le long d'un ruisseau qui descend de la montagne.  Ce sera la première industrie du secteur et, par la suite, l'établissement des travailleurs à proximité, rue Rabain (Robin et ensuite Henri-Julien) donnera naissance au village qui sera connu sous le vocable de village des tanneries.  C'est plutôt un hameau et ce n'est pas un vrai village, administrativement organisé.  La rue Gilford, alors chemin des tanneries nous mène vers le village de Côte Saint-Louis, plus communément appelé Coteau Saint-Louis, au nord de Laurier.

Mais en revenant dans notre secteur de la rue Mont-Royal sur l'ancien atlas, le petit cercle vert sur la carte nous montre la localisation des deux petites maisons qui nous intéressent.  On peut penser que le bâtiment d'un seul étage entre les deux (sur les photos) est un ajout sans grande valeur.

171 3-6 détail maisons villageoises rue Mont-Royal copy

 

Vous voyez au sud, l'agglomération du Village de Saint-Jean-Baptiste et vous pouvez constater les nombreux fours à chaux (limekilns) qui parsèment toujours le secteur.  On y fabrique la chaux qui est utilisée dans l'érection des constructions de maçonnerie de cette époque.  Les édifices montrés en jaune sur la carte sont des constructions de bois, alors que ceux en rose sont en maçonnerie.  Vous y voyez la maison municipale, rue Coloniale, avant que celle-ci ne se déplace au marché coin Rachel et Saint-Laurent.

Une époque révolue, mais une réalité toujours vivante.

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15 novembre 2013

Un autre château sur le Plateau

Pouvez-vous imaginer pareille demeure sur la rue Mont-Royal?

Pourtant, c'était bien le cas!  Cette villa à l'italienne s'élevait rue Mont-Royal et Garnier, sur la terre de la famille Logan.  En fait, c'était la maison de James Logan, troisième descendant du premier occupant de la ferme, le patriarche James Logan, boulanger de Ville-Marie, originaire d'Écosse, qui tomba en amour avec cette ferme offrant ruisseaux et vallons verdoyants qui lui rappelaient les paysages de son Écosse natale.  La terre initiale, achetée en 1786, est composée approximativement par le territoire de l'actuel parc La Fontaine.  Au fil du temps, la ferme initiale fut agrandie par le famille, pour finalement former un territoire qui allait de Sainte-Catherine à Mont-Royal (rue qui n'existe pas à l'époque) et de Papineau à Amherst.

La famille Logan vend en 1845 la partie de sa terre au sud de la future rue Rachel au Dominion Britannique, qui y aménage des baraquements et des terrains d'exercices militaires.  La famille conserve la partie nord du terrain et les fils y aménagent une ferme modèle.  Après le départ de la garnison britannique en 1870, la Ville de Montréal  amorce l'aménagement du parc Logan, futur parc La Fontaine.

Logan house Rockfield T

Cette magnifique demeure porte le nom de "Rockfield" et on peut voir sa localisation sur l'extrait suivant (plus bas), du relevé militaire exécuté vers 1869 ( connu sous le nom de "Fortifications Survey").  On y voit la rue Victoria, ou Papineau, et le chemin qui deviendra plus tard la rue Rachel.  On y voit également le terrain de la ferme Logan, traversé par un ruisseau formant un fossé prononcé qui deviendra plus tard l'étang nord du parc La Fontaine.  On rejoint la villa Rockfield par un long chemin bordé d'arbres, depuis la rue Rachel.  On constate aussi que la famille Logan a installé sa demeure en pleine campagne.

Rockfield fortifications survey 170 3-7

Une analyse plus poussée des cartes et atlas du secteur nous montre bien l'implantation de la villa en plein milieu de la rue Garnier (voir plus bas, l'extrait de l'atlas Hopkins de 1879).  Les bâtiments de ferme, quant à eux, sont carrément en plein milieu du carrefour Avenue du Mont-Royal et Garnier.  Le reglement de la succession Logan sera si long, que l'Avenue du Mont-Royal se développera tout autour, alors que les terrains de la ferme demeureront vacants pendant de nombreuses années.

Rockfield 1879 174244_070

Sur cette photo de l'Avenue du Mont-Royal, prise depuis l'angle Marquette, on voit à gauche l'espace libre qui était auparavant occupé par le domaine Logan. 

rue Mont-Royal Marquette

Cette réalité explique pourquoi les immeubles du côté sud de l'Avenue du Mont-Royal entre DeLanaudiere (Panet) et Marquette (Seaton) sont d'une expression architecturale plus récente que les immeubles voisins.  On y utilise de la brique au lieu de la pierre calcaire.  La même réflexion explique pourquoi les bâtiments de la rue Fabre et aussi Garnier, sont d'une facture plus récente.  On y voit l'utilisation de la brique d'argile et des décors de maçonnerie, utilisant des éléments de pierre artificielle.  Les boiseries très importantes se démarquent aussi du décor plus sobre des autres rues du quartier.

C'est James Logan, petit-fils du James Logan fondateur, qui jette les bases de la ferme modèle et de cette magnifique villa.  À son départ, c'est son frère William Edmund, géologue et homme de science, bien connu dans tout le Canada, qui prendra charge des lieux.  Il nous reste à préciser le pourquoi et le quand de la disparation de cette demeure.

James Logan 1861

James Logan 1861

William Edmund Logan 1865

Sir William Edmond Logan 1826-1891 géologue I-42425

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 août 2013

Jean Narrache ...au parc La Fontaine

Combien de gens se souviennent du "poète" Émile Coderre (1893-1970)?  Combien se souviennent de Jean Narrache?

Il s'est fait connaître entre autres par son "écriture parlée", à une époque ou le joual était encore le "dialecte" couramment utilisé dans nos rues.  Il peignait le quotidien des gens ordinaires avec des mots et une parlure qu'ils reconnaissaient bien.  Très imagé, très direct et bref, son propos ne laisse pas indifférent.  Dans son recueil de 1932 "Quand j'parl' tout seul", il nous raconte une promenade au parc La Fontaine qui est tres agréable à lire.  Les plus vieux y retrouveront d'anciennes images maintenant oubliées (les cheminées de chez Joubert; le petit zoo, etc.) et les plus jeunes feront connaissance avec des habitudes et d'anciennes façons de courtiser sa douce. 

1930 Parc Lafontaine, Archives de la Ville de Montréal, VM94-Z1177

                                                                                                                            

 

 

  

 

 

 

 

source: Archives de la Ville de Montréal    VM94 Z-1177

Cette très belle photo de 1930 nous présente le parc dans sa livrée paisible d'avant guerre et elle nous sert gentiment de décor pour apprécier et imager la lecture de notre ami Jean Narrache avec "En rodant dans l'parc Lafontaine".  Il faut faire l'effort d'en faire une lecture "phonétique", pour bien en apprécier la saveur (et ainsi devenir du même coup, un spécialiste de cette "parlure").

 

 

Jean Narrache BAnQ Gaby 1955Laissez-vous charmer par cette petite peinture impressionniste des lieux, des gens, des événements qui ont cours dans notre beau parc. 

 

 

En rôdant dans l'parc Lafontaine

À soir, j'suis v'nu tirer un' touche
dans l'parc Lafontain', pour prendr' l'air
à l'heure ousque l'soleil se couche
derrièr' la ch'minée d'chez Joubert.

Ici, on peut rêver tranquille
d'vant l'étang, les fleurs pis l'gazon.
C'est si beau qu'on s'croit loin d'la ville
ousqu'on étouff' dans nos maisons.

Les soirs d'été, c'est l'coin d'ombrage
pour v'nir prendr' la fraîch' pis s'promener,
après qu'on a sué su' l'ouvrage,
qu'l'eau nous pissait au bout du nez.

Faut voir les gens d'la class' moyenne,
c'-t'à dir' d'la class' qu'à pas l'moyen,
tous les soirs que l'bon Yieu amène,
arriver icit' à pleins ch'mins.

Les v'là qui vienn'nt, les pèr's, les mères,
les amoureux pis les enfants
dans l'z'allées d'érabl's-à-giguère
qui tournaill'nt tout autour d'l'étang.

Ça vient chercher un peu d'verdure,
un peu d'air frais, un peu d'été,
un peu d'oubli qu' la vie est dure,
un peu d'musique, un peu d'gaîté !

Les jeun's, les vieux, les pauvr's, les riches,
chacun promèn' son cœur, à soir.
Y'en a mêm', tout seuls, qui pleurnichent
su'l'banc ousqu'i' sont v'nus s'asseoir...

Par là-bas, au pied des gros saules,
v'là un couple assis au ras l'eau ;
la fill' frôl' sa têt' su' l'épaule
d'son cavalier qu'est aux oiseaux.

À l'ombre des tall's d'aubépines,
d'autr's amoureux vienn'nt s'fair' l'amour.
Vous savez ben d'quoi qu'i' jaspinent :
Y s'promett'nt de s'aimer toujours.

Y sav'nt pas c'te chos' surprenante,
qu'l'amour éternel, c'est, des fois,
comm' l'ondulation permanente :
c'est rar' quand ça dur' plus qu'un mois.

Pour le moment, leur vie est belle ;
y jas'nt en mangeant tous les deux
des patat's frit's dans d'la chandelle,
en se r'gardant dans l'blanc des yeux.

Deux mots d'amour, des patat's frites !
Y sont heureux, c'est l'paradis !
Ah ! la jeuness', ça pass' si vite,
pis c'est pas gai quand c'est parti !

...D'autr's pass'nt en poussant su' l'carosse ;
c'est des mariés d'l'été dernier.
Ça porte encor leu ling' de noces,
qu'ça déjà un p'tit à soigner...

Par là-bas, y'en a qui défilent
devant le monument d'Dollard
qu'est mort en s'battant pour la ville.
...D'nos jours, on s'bar pour des dollars...

Tandis que j'pass' su' l'pont rustique
fait avec des arbr's en ciment,
l'orchestr' dans l'kiosque à musique
s'lanc' dans : « Poète et Paysan ».

Oh ! la musiqu', c'est un mystère !
On dirait qu'ça sait nous parler...
on s'sent comme heureux d'nos misères ;
ça parl' si doux qu'on veut pleurer...

D'autr's s'en vont voir les bêt's sauvages,
(deux poul's, un coq pis trois faisans.) —
Y s'arrêt'nt surtout d'vant les cages
des sing's qui s'berc'nt en grimaçant.

Y paraîtrait qu'des savants prouvent
qu'l'homme est un sing' perfectionné.
Mais, p't'êtr' ben qu'les sing's, eux autr's, trouvent
qu'l'homme est un sing' qu'a mal tourné.

...Les yeux grands comm' des piastr's françaises,
la bouche ouverte et l'nez au vent,
Y'a un lot d'gens qui r'garde à l'aise
la fontain' lumineus' d'l'étang.

C'est comme un grand arbr' de lumière,
ça monte en l'air en dorant l'soir.
C'est couleur d'or, d'rose et d'chimère :
ça r'tomb' d'un coup, comm' nos espoirs.

Ah ! c'est ben comm' les espérances
qu'la vie nous fourr' toujours dans l'cœur !
Ça mont', ça r'tomb' pis ça r'commence :
dans l'fond, ça chang' rien qu'de couleur.


NARRACHE, Jean, Quand j'parl'tout seul, Montréal, Albert Lévesque, 1932.

La photo de Jean narrache provient de la BAnQ    Fonds Gabriel Desmarais (Gaby)

Pour plus d'infos sur Jean Narrache, voir  http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Coderre

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19 juillet 2013

Intermarché Boyer

Un des commerces de proximité par excellence de l’Avenue du Mont-Royal est bien l’Intermarché Boyer, à l’angle de la rue du même nom.  Un commerce vaste, moderne, branché, avec plein de produits savoureux, et tout et tout?….non! pas du tout; ce n'est pas ce que vous pensez.. 

En fait, il y a plus de cent ans, ce commerce s’appelle « M. Robert et cie. ».  On y trouve des produits ménagers et non des produits alimentaires.  Toutefois, c’est sûr que c’est un commerce branché, puisqu’il offre le dernier cri des appareils ménagers.

Mont-Royal et Boyer 3-107-b

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source BAnQ / cliquez sur les photos pour les agrandir

En fait, c’est comme un Brault & Martineau, car on y vend des « laveuses »; des « cuisinières »,  ainsi que des fournaises (stoves and  ranges).  D’ailleurs, avant même qu’on invente le concept de la vente trottoir, M. Robert n’hésite pas à faire étalage de sa marchandise sur le coin de la rue.  Ainsi, la ménagère avisée peut choisir le modèle de laveuse « à bras » qui fera son bonheur.  C’est le principe de la baratte à beurre et c’est en activant un levier que l’on fait tourner un batteur rudimentaire.  Comme vous voyez, on n'est pas encore rendu à ...« ouvre la porte, mets le linge dedans, pèse su'l piton » C'est également sans compter qu'il faut faire bouillir l'eau sur le poêle, la verser dans la laveuse, la retirer à la fin, etc.  Des heures de plaisir.  

Dans la vitrine de la rue Boyer, vous pouvez également admirer un magnifique poêle Bélanger, à deux ponts, qui aura fière allure dans votre cuisine.  On ne parle pas ici du petit mobilier IKEA; qui est peut-être plus joli, mais beaucoup moins résistant (mais aujourd’hui…qui souhaite vraiment conserver ses électros pendant cinquante ans?).  Si vous avez aussi besoin d'un sommier de broche pliant, il y en a un sur le trottoir (confort assuré).

Vous remarquerez en regardant les constructions qu’il s’agit d’un bâti principalement résidentiel, avec un recul par rapport au trottoir de Mont-Royal.  Il faut dire que l’Avenue du Mont-Royal était à l’origine surtout composée de bâtiments résidentiels et c’est avec le temps, que les rez-de-chaussée commerciaux, à l’alignement du trottoir, se sont développés.  Vous pouvez toujours très bien le vérifier angle Saint-André et aussi en face de l’église.  Au fur et à mesure du développement de la rue vers l'est, la situation s'est corrigée et les bâtiments se sont alors construits au bord du trottoir. 

Par contre (pour ne pas dire malheureusement) on n’arrête pas le progrès et à la fin des années 1950 ces maisons furent démolies pour laisser place à une nouvelle construction.  Nous sommes alors en pleine guerre des marchés d’alimentation, avec Steinberg’s qui vient d’en inventer le concept et qui s’installe agressivement en ville à gauche et à droite.  La compagnie ontarienne Dominion Stores s’implante donc sur Mont-Royal angle Boyer.  

Mont-Royal et Boyer début des années 1960 fonds O

Source : BAnQ / Fonds O.Allard

Nous voici donc avec un supermarché ultramoderne et cette situation inquiète (avec raison) les multiples petits épiciers qui jusqu’alors fournissaient le voisinage.  Ceux-ci disparaissent peu à peu, incapables de rivaliser avec ces mastodontes.

Plus tard, la bannière Dominion sera absorbée par celle de Provigo (1983); qui elle-même, sera à son tour absorbée par Loblaw’s (1998).  Toute cette acrobatie laissera malgré tout place à une certaine expérimentation dans le domaine, dont la bannière Intermarché profitera afin de se démarquer et nous offrir des supermarchés locaux (de proximité) plus conviviaux et personnalisés; s’ajustant aux souhaits de la clientèle du lieu d’accueil.

C'est donc ici que commence l'histoire de l'Intermarché Boyer.  Un commerce qui semble vouloir ré-inventer le marché de grande surface en le transformant en vrai commerce de proximité.

Mais ça....c'est une autre histoire!

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15 juillet 2013

La vieille école Laurier

Cette photo des Archives de la Ville de Montréal, qui date de1931, nous montre une situation très intéressante et aujourd'hui completement disparue.  

On y voit la complétion des travaux du viaduc Saint-Hubert à la hauteur des voies ferrées (on regarde vers le sud); et le paysage général de ce coin du Plateau.  La rue Saint-Grégoire, la rue Saint-Hubert non encore construite, et si vous remarquez bien vous verrez un bâtiment scolaire aujourd'hui disparu.

1931 Tunnel Saint-Hubert en direction de la rue Bellechasse, Archives de la Ville de Montréal, VM94-ZD1518

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

source : Archives de la Ville de Montréal  (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

Cette école que l'on voit, avec son petit fronton surmontée d'une croix (au centre de la photo) est la première école Laurier, construite rue Laurier angle Resther.  Elle se trouvait en fait dans l'actuelle cour d'école; c'était la coutume de construire la nouvelle école dans la cour de récréation de l'ancienne.  On voit aussi, tout au fond, les triplex du côté sud de Laurier angle saint-Hubert; seuls survivants de ce décor urbain.  

À cette époque, les travaux dits de "la crise" ont garni le quartier de plusieurs viaducs et chalets de parc; tout en multipliant les points de passage entre le nord et le sud de la ville.  Il fallait faire travailler les chômeurs et se préparer pour la modernité qui venait à grands pas.  Malgré toutes les grandes volontés urbanistiques de rectitudes et d'élargissements; on ne parviendra pas à ajuster toutes ces connections et le viaduc se raccordera, tant au nord qu'au sud, avec des rues à angles.

À cette époque, la rue Saint-Hubert n'est pas construite car il faut se rappeler qu'une immense carrière de pierre occupait une bonne partie du voisinage. Cette carrière servit finalement de dépotoir pendant de nombreuses années et c'est vers 1920-1930 qu'on débuta l'aménagement de l'espace urbain tout autour.  On peut encore voir les maisons du côté est de Saint-Hubert, au nord de Laurier, qui portent les marques de cette réalité des constructions sur un sol très instable.  On dit qu'il faut laisser au moins un siècle afin de permettre à un sol, remblayé de matières organiques, de bien se tasser  

Pour les plus agés, vous voyez à gauche le bâtiment de la "BARRET", dont la spécialité de produits du bitume et du goudron, embaumait tout le quartier quand le vent était calme et le temps lourd.  Son emplacement était parsemé d'immenses réservoirs aériens contenants des produits du pétrole et autres composés chimiques.  Une véritable bombe écologique à retardement.

Cette période verra aussi l'aménagement du parc Laurier, la construction de l'école supérieure Saint-Stanislas et le développement du boulevard Saint-Joseph.  Le nord du Plateau en plein développement.  Petit fait amusant, vous noterez la "toilette" de chantier plantée en plein centre de la rue (probablement au-dessus de l'égout).  Quand vous passerez par là dorénavant...ayez une bonne pensée pour ces valeureux travailleurs.                                                                                     

 

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07 juillet 2013

Un "ancien" parc La Fontaine des années 1940

Où sommes-nous?

Nous sommes en plein coeur du parc La Fontaine; tout à côté de l'Espace La Fontaine.  Vous reconnaissez-vous?  Non?

C'est normal, car ça a bien changé depuis 1946.

1946 Chemin Calixa-Lavallé, Parc Lafontaine, Archives de la Ville de Montréal,VM94-Z378

photo des Archives de la Ville de Montréal (cliquez sur la photo pour l'agrandir)

On voit à gauche complètement, les anciennes serres de la Ville et, tout juste à côté, la maison du surintendant du parc.  Celle-ci était implantée en bordure de Rachel, dans l'axe de la rue De LaRoche.  Ces deux équipements importants sont démolis lors de la période de réaménagement du parc au milieu des années 1950

À droite, on voit le monument de Dollard DesOrmeaux à l'époque où il était s'élevait près de la rue Chambord.  Il sera déplacé quelques années plus tard pour faire place à l'aménagement du légendaire Jardin des Merveilles.  Celui-ci s'installera dans la partie à droite de la rue et de la rangées d'arbres, et occupera tout l'espace jusqu'à Calixa-Lavallée et jusqu'à Rachel (que l'on voit au fond).

Vous remarquerez la voiture stationnée sur la rue et vous vous souviendrez que les automobiles circulaient dans le parc à cette époque.  Cette rue fut conservée pendant toute l'existence du Jardin des Merveilles.  Le jardin était alors entouré d'une palissade de rondins et quelques ouvertures grillagées le long de la rue permettaient aux promeneurs de jeter un coup d'oeil aux animaux et de peut-être se laisser tenter pour y entrer.  Les paons du petit zoo servaient d'invitation sonore, que les visiteurs potentiels ne pouvaient absolument pas rater.  L'espace de cette rue est maintenant occupé par l'actuel trottoir; et si vous faites quelques pas vers l'ouest, vous pourrez très bien revoir le double alignement d'arbres qui se trouvaient de part et d'autre de l'ancien trottoir, à gauche de notre photo.

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23 juin 2013

Une bonne frite!

Au printemps 1947, la Ville de Montréal décide de mettre fin à la vente d'aliments sur la voie publique.  On invoque des raisons de salubrité et de propreté, mais on doit aussi probablement tenir compte des récriminations des commerçants qui ont pignon sur rue, qui paient de bonnes taxes et qui voient autant de clients leur échapper.  À l'époque, on parle de près de 200 véhicules qui sillonent les rues de la ville...ce n'est pas rien!

Voiture de frites 1947 z384-2

source Archives Ville de Montréal Z 384-2

Notre photo montre une voiture qui est stationnée sur le terrain d'une station-service, probablement afin d'éviter l'occupation du domaine public (la légende dit Masson et Pie IX).  Mais il ne fait pas de doute que cette cantine a aussi arpenté les rues du Plateau.  Disons-le, notre entrepreneur a quand même fière allure avec son tablier, sa cravate, ses bretelles  et son petit képi de cuistot, en papier.  Son camion, quant à lui, fait plutôt piêtre figure; mais l'important, c'est surtout le goût de la «patate» et des «guédilles»,non? 

Au moins, c'est encourageant pour lui, la journée sera longue et fructueuse....si l'on en juge par le nombre de «casseaux» que notre homme a préparés et bien «cordés» dans la vitre arrière.  On aperçoit aussi un fanal au kérosène, pour les fins d'après-midi sombres de l'automne (et peut-être les ventes de soirées au stade De Lorimier ou ailleurs).  Le véhicule semble pourtant branché au poteau de la station-service, mais ce doit être pour un autre usage que l'éclairage.  On s'entend aussi qu'en plein soleil...il devait faire un peu chaud devant les réchauds.  Il s'agit probablement des ancêtres des actuelles cantines mobiles qui parcourent les  chantiers et lieux de travail importants.  Pensez-y deux secondes...ce camion, aujourd'hui, sur le Plateau, ferait des affaires d'or!

Au moment de cette photo en mai 1947, j'ai deux mois et demi.  Un peu jeune pour manger des patates.  Mais laissez-moi vous dire que je me suis repris depuis! 

Une bonne grosse frite dans un sac de papier brun, dans lequel on a versé une bonne quantité de vinaigre et de sel.  C'est un bonheur!

 

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30 mai 2013

Y fait chaud aujourd'hui

Une petite canicule qui s'annonce pour la fin de semaine?

Qu'à cela ne tienne, en fouillant dans mon fond de "tiroir aux driguailles", j'en sors "ma carte pour la glace" et je vais m'en commander un beau morceau de 25 livres.  Peu de gens se souviendront de ce temps plus "cool", où pour éviter de boire sa bière tablette ou de faire surir le lait, il fallait nourrir la glaciere avec des blocs de glace qui prenaient quelques jours à fondre dans le bac de métal, au bas de ce frigo de bois, qui ferait belle figure encore aujourdÙ'hui dans nos cuisines (enfin, pour ceux qui aiment le look "rétro" ou "trad").

 

DSC_7932a

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette carte, avec la mention 25 d'un bord et 50 de l'autre, devait être accrochée sur le poteau de la galerie de façon à être vue par le livreur de glace qui circulait dans les ruelles.  À cette époque, où les escaliers de secours étaient "débarrés" en permanence, le livreur grimpait alors les étages avec son bloc sur l'épaule, posé sur une bonne épaisseur de poche de jute.  Les blocs étaient de 50 livres par défaut, et le "gars d'la glace" les fendaient en deux avec son pic.  Mon gars devra faire ça demain, puisque j'en veux un de 25 livres.  Ma vieille glaciere est pas trop grosse et j'ai beaucoup de choses à mettre dedans.

Cette glaciere de la "Ice manufacturing Co." était située sur l'avenue Gascon dans l'est, pres de Frontenac.  Il y avait des glacieres un peu partout sur le territoire.  C'était des bâtiments sans ouvertures et dont les murs, tres épais, étaient isolés au bran de scie.  D'ailleurs, les couches de blocs étaient saupoudrées de bran de scie aussi afin d'éviter que les blocs ne collent ensembles.  En les sortant, ils étaient rapidement rincés pour enlever la sciure de bois.

C'était beaucoup moins pratique qu'un frigo électrique, c'est sûr!  ...mais beaucoup plus silencieux par contre!

 

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