OH! douce époque de notre enfance; au moment où nous sommes remplis d'illusions, bercés par les rêves, pleins de projets et que la vie se projette devant nous!

Oui? ...en tout cas!  en attendant, faut faire son école primaire.

Voici donc la classe de 4ème année B de l'école De Lanaudière, le 1er juin 1957.  En 1954, notre école a changé de nom; pour nous, elle s'appelait Saint-Charles-Garnier; mais une toute nouvelle paroisse, du tout nouveau quartier Ahuntsic, désirait obtenir ce même patronyme et notre vieux quartier «pauvre» n'a pas fait le poids.  Cette vieille école était située sur Marie-Anne, entre Chambord et De Lanaudière (dans l'actuelle cours de l'école Lanaudière/ voir photo).  D'ailleurs, j'étais en sixième année pendant la construction de la nouvelle école, dont on voyait monter les murs à quelques pieds de nos fenêtres (dans l'espace libre de notre propre cour d'école du temps.  Toute une année sans cour d'école!

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cliquez sur la photo pour l'agrandir / l'école porte le nom de Saint-Jean-Berchmans (lui-même antérieur à Saint-Charles-Garnier) et elle est située dans ce qui sera l'actuelle cour de l'école Lanaudière.

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C'étaient les frères de l'Instruction chrétienne, dont la devise est «Dieu seul» (Je m'en souviens car j'avais un écusson sur la poche de mon «blaser») qui avaient charge de l'école.  Ils logaient dans la partie est du bâtiment et mon souvenir me dit qu'ils devaient prendre leur mission à coeur puisque de nombreuses activités étaient organisées; dont un «festival d'hiver», avec une patinoire qui était arrosée la nuit par un frère très consciencieux ..ou insomniaque.  Au moment de terminer mon cours primaire, en septième année, les frères avaient disparu et l'école était devenue laïque.  Autre temps, autres moeurs!

Mais revenons à nos compères de quatrième année!  À l'époque, une photo de classe était prise à chaque année (voir plus bas).  La veille, les parents étaient avisés de nous habiller «swell» et nous mettre propre!  Bien sûr, l'institutrice était du portrait ainsi que le frère directeur.  Les plus turbulents avaient aussi droit à la «strap» de ce même frère directeur (c'était dans les moeurs du temps et avant la Charte des Droits et la DPJ).  Ça n'avait rien à voir avec les religieux car même le directeur laïc qui suivra, aura sa propre «strap» et ne gênera pas pour en «user».  Quand j'y pense, je revois encore la scène où le directeur frappe à la porte de la classe et appele le nom du «dangereux criminel»; les deux s'en vont dans le corridor, hors de la vue, mais la porte ouverte pour que tout le monde entende bien la discipline rentrer par la paume des mains!  Des fois le matamore rentrait avec les yeux humides...on n'était tout de même encore que des enfants. 

C'est pas grave (mais il faut dire que je n'ai jamais «mangé» la «strap»); c'était quand même une belle époque!

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cliquez sur la photo pour l'agrandir

C'est comique qu'après cinquante on se souvienne encore de certains de ses copains de classe!  Je peux nommer au moins la moitié du groupe.  Il y a bien sûr les amis proches (ceux qui demeuraient déjà à deux ou trois maisons de chez nous), ensuite il y a les groupes naturels de la cour d'école et, finalement, les autres qui ne faisaient pas partie des deux groupes précédents.  Des amitiés solides, des inimitiés aussi; la bataille pour le premier rang et sa médaille d'honneur (portée fièrement tout le mois), la bataille pour faire partie du bon groupe de ballon chasseur, etc.; rien de bien méchant quand même!

Si la grammaire et les tables de multiplication s'apprenaient à l'école, la vie s'apprenait par contre sur la rue et surtout dans la ruelle.  C'est là qu'on apprenait à fanfaronner, à être parfois téméraire, parfois peureux; c'est là qu'on apprenait aussi à arbitrer nos comptes :...«ma carte de Maurice Richard contre Gordie Howe plus Jean Béliveau»; c'est là aussi qu'on apprenait à négocier :...«POW! POW! t'es mort!; sans ça j'joue pû!»;  alors là on avait à décider si effectivement on était mort, ou si on avait déjà été assez mort comme ça et que là c'était au tour à l'autre cowboy de mourir.  Si l'heure du souper était pas loin, cela signifiait souvent la fin de l'épopée du Far-West de la ruelle pour cette fois-là!

Je poursuivrai plus tard l'écriture de cette page ...stay tuned!