«La rue Rachel ...est chaude à soir!» disait la comédie musicale «pieds de poule».  Mais on doit dire que ça ne date quand même pas d'hier.

Nous savons déjà que la rue Rachel, près de la rue Saint-Laurent, se trouve à la fin du 19ème siècle, au coeur même du nouveau village de Saint-Jean-Baptiste.  Ce sera également la première rue est-ouest du quartier  qui ira jusqu'à Papineau.  La proximité du grand marché public à l'angle Saint-Laurent et, en 1874, la construction de l'église Saint-Jean-Baptiste angle Drolet font en sorte que le quartier est de plus en plus habité et animé.  Le dernier quart du siècle verra une spéculation effrénée s'emparer du village et parfois amener le village et la paroisse au bord de la crise financière.

La gravure (31 mars 1906) nous montre «la Maison Gareau» qui ouvre son «département des modes« dans son magasin départemental.

Si en 1906, cet immeuble loge un magasin populaireDSCN7103; il n'a pas fini pour autant de nous étonner.  Lorsqu'on consulte les annuaires Lovell du début du siècle, on constate que le magasin de mode a cédé la place en 1924 à une succursale de la Banque d'Hochelaga qui occupe maintenant les lieux .  À la suite de fusions ce sera au tour de la Banque Canadienne-Nationale à loger dans ce bel immeuble.

Il existe toujours aujourd'hui et est maintenant occupé par un commerce alimentaire portuguais.  L'immeuble a conservé  (on pourrait dire presque miraculeusement étant donné la période de plus de cent ans) son caractère d'origine; comme les immeubles voisins d'ailleurs.  Seule sa corniche métallique au-dessus des vitrines a disparue.

Nous avons là sous nos yeux, un témoin privilégié de l'histoire de la rue Rachel.  Il témoigne d'une époque sûrement plus prestigieuse que celle qui prévaut aujourd'hui sur Rachel; mais il est permis de penser que les grandes qualités de cette ancienne rue principale lui permettent éventuellement de redevenir cette grande dame de jadis.