La pierre calcaire est au coeur même de l'histoire du Plateau Mont-Royal puisque de nombreuses carrières étaient situées sur son territoire.  Il ne faut pas oublier que l'extraction de la pierre était la principale occupation des "Pieds-Noirs" du Coteau-Saint-Louis.  Cette fameuse  "pierre grise de Montréal" a servi à construire de nombreux bâtiments historiques du Vieux-Montréal.  Mais ce n'est pas tout d'extraire la pierre, il faut aussi la mettre en oeuvre et pour cela, nous avons besoin d'un bon mortier de chaux. 

De Lorimier four à Chaux Limoges

source de la photo BAnQ

Cette chaux s'obtient en brûlant (en calcinant) la pierre calcaire dans des fours spécialement conçus à cet effet.  C'est le travail du "chaufournier".  Vers 1880, les fours d'Olivier Limoges sont installés sur le chemin Papineau en plein dans l'axe de la rue Sherbrooke.  La photographie nous montre les employés de la petite compagnie qui prennent la pose comme il était coutume de le faire à cette époque.  Tout le monde y est, même les enfants, le chien et l'attelage familial.  On voit au fond les quatre grands fours à chaux.  On emplissait le four de pierres calcaire et de charbon et un feu de bois alimentait une chaleur de 800 à 1000 °C  afin d'assurer la "cuisson" de la pierre .  On  récupérait par la suite la chaux à la base du four. Cette chaux "vive" était alors "éteinte" en la plaçant dans des fosses que l'on emplissait d'eau.  Les membres de la famille Limoges habitent les logements que l'on voit à proximité un peu plus haut rue Papineau.  En 1910, la Ville de Montréal achète l'entreprise afin de permettre le prolongement de la rue Sherbooke vers l'Est.  Monsieur Limoges possède des carrières à Saint-Michel et dans le Plateau (au parc Laurier).  On salue ces vaillants travailleurs.

four à chaux Limoges